Esaïe 50,4-7 ; Philippiens 2, 6-11 et Marc 11,1-10 – Une foi qui dérange

Prédication du pasteur Samuel Amédroi, le dimanche 25 mars 2018 – Rameaux

Dimanche des Rameaux. Traditionnellement une belle fête de famille, une carte postale avec des enfants qui agitent des branches de palmier dans le temple en chantant Hosannah, Hosannah au plus haut des cieux ! A la campagne, il n’est pas rare qu’on trouve un âne à faire rentrer dans l’Eglise pour rendre la scène plus vivante encore. Oui vraiment une bien belle fête que la fête des Rameaux. On en oublierait presque la fin tragique quelques jours après… Et pourtant, me permettez-vous d’avouer publiquement mon trouble devant ce qui me semble être une mise en scène idyllique ? Il n’y a pas moins de 4 points particulièrement gênants qui, mis ensemble, produisent un « effet-cocktail » comme on dit des associations médicamenteuses qui majorent les effets de chaque principe actif composant le mélange.

D’abord il y a cette fin tragique, retournement brutal de fortune après un triomphe éphémère. Il est d’usage d’accuser la versatilité de la foule qui ne tarde jamais à brûler ce qu’elle a adoré. Mais l’explication ne tient pas : si la foule reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de David venu restaurer l’âge d’or du peuple élu, au point de paver son chemin de vêtements, il n’y a aucune chance qu’elle puisse le conspuer trois jours après simplement pour avoir contesté le pouvoir des scribes, des prêtres ou des marchands du Temple ! Au contraire, cela aurait dû renforcer son autorité : il aurait parfaitement joué son rôle messianique. Et puis il y a aussi quelque chose de troublant à mes yeux dans cette mise en scène voulue, orchestrée, minutieusement préparée par Jésus lui-même. En envoyant chercher cet ânon, c’est lui qui choisit de coller au plus près à la prophétie de Zacharie 9,9 : « Sois transportée d’allégresse, Sion la belle ! Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là, ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » Et puis ses disciples qui jettent leurs vêtements sur le chemin pour bien rappeler l’histoire de Jéhu racontée dans le 2ème livre des Rois (2 Rois 9) qui se fait oindre comme roi après avoir massacré les rois d’Israël et de Juda ainsi que toute la famille de Jézabel, la reine qui avait fait tuer de nombreux prophètes. Comment faut-il comprendre ce qu’il faut bien considérer comme une mise en scène orchestrée par Jésus lui-même ? Cherche-t-il à capter l’attention de la foule des pèlerins venus pour la fête ? Serait-il en quête de reconnaissance ? Il faut aussi évoquer clairement le positionnement politique de cette mise en scène. Jésus a choisi de se présenter à Jérusalem comme le justicier qui purifie le pays : Regarde, Seigneur, et suscite-leur un roi, fils de David… dit un Psaume de Salomon[1] Et ceins-le de force pour qu’il brise les princes injustes, qu’il purifie Jérusalem des nations qui la foulent et la ruinent. L’allusion à l’occupation romaine est transparente. Le roi qui fait son entrée triomphale à Jérusalem est un roi qui a vaincu ses ennemis et qui a rétabli la justice. Il est là, ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux ! S’il est monté sur un ânon, c’est qu’il ne craint plus aucun adversaire, sa victoire est totale, il n’a plus que des partisans qui se réjouissent de sa victoire écrasante autant qu’éclatante.

Pour compléter « l’effet-cocktail » des indices troublants, il reste à évoquer cette manière pour le moins étonnante qu’il a de réquisitionner un ânon qui ne lui appartient pas… sans autre forme de procès. Le Seigneur en a besoin ?  Alors il se sert. C’est aussi simple que cela. On ne serait pas en train de parler de Jésus, le procédé serait immédiatement contesté et perçu comme abusif comme ces hommes politiques qui se croient tout permis avec les deniers publics (et je ne fais ici aucune allusion à une quelconque affaire qui occupe nos médias). Et ce n’est pas tout ! Dès le lendemain, Marc nous raconte qu’en sortant de Béthanie Jésus avait faim et, trouvant un figuier sans fruit, il le maudit tout en précisant que ce n’était pas la saison des figues ! On apprendra quelques versets plus loin que le figuier s’était retrouvé complètement desséché depuis la racine (Marc 11,12-14 ; 20-25) ! Je ne veux choquer ici personne mais je me devais de partager avec vous ma gêne croissante à la lecture de cette entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il y a là quelque chose qui ne colle pas avec la carte postale idyllique et rassurante qu’on fête habituellement aux Rameaux.

Il est nécessaire d’élargir le regard pour essayer de comprendre l’enchaînement des événements et le sens que Marc a voulu leur donner.

  • Montant à Jérusalem, Jésus a croisé la route de Bartimée, un aveugle mendiant sur le bord du chemin à la sortie de Jéricho. En fait, la guérison de l’aveugle inaugure l’arrivée du Messie qui ouvre les yeux du peuple et qui révèle la présence de Dieu au milieu de son peuple, l’acte messianique par excellence (Marc 10,46-52). Ne soyons pas aveugle : ouvrons les yeux sur ce qui suit.
  • Entrant à Jérusalem, nous avons vu que Jésus se présente comme un Roi qui marche sur les vêtements en signe de victoire totale sur ses ennemis (comme le rappelle l’histoire du roi Jéhu). Il sait très exactement où trouver l’ânon pour bien signifier que l’absence de danger inaugure le retour de l’âge d’or, ce temps béni du grand Roi David, le seul moment de son histoire où Israël était maître chez lui, en paix sur la Terre Promise.
  • Le lendemain, le fameux épisode du figuier, maudit pour avoir refusé de porter des fruits hors saison2, renforce la conviction que le temps s’accélère : la fin s’approche, il n’est plus temps de laisser mûrir. Le Messie est venu juger les vivants et les morts. Celui qui ne porte pas de fruit sera coupé et brûlé disait Jean-Baptiste. Ce temps est arrivé. (Marc 11,12-14 ; 20-25)
  • Enfin, tout le monde se souvient du fameux épisode de Jésus chassant les marchands du Temple qu’il revendique comme sa maison de prière pour toutes les nations qui a été transformée en caverne de bandits (Marc 11,15-19).

Après s’être présenté comme le prophète qui révèle la présence de Dieu au milieu de son peuple, puis comme le Fils de David venu prendre possession de son trône royal, puis comme le Juge de la fin des temps qui récolte les fruits produits par son peuple, Jésus revendique la fonction du Grand Prêtre qui purifie le temple et le rend à sa fonction liturgique et spirituelle.

Le Messie est là et il réclame tous les pouvoirs : prophète, roi, juge et grand prêtre ! Le Messie est là et aucun domaine de la vie ne peut échapper à son autorité. Il provoque alors une crise majeure et réussit à cristalliser l’opposition de tous contre lui. C’est ainsi que comme il marchait dans le temple, raconte Marc, les grands prêtres, les scribes et les anciens viennent le trouver pour lui demander : de quelle autorité fais-tu cela ? Qui t’a donné autorité pour le faire ? (Marc 11,27-33) Quelques jours plus tard, il sera assassiné.

Il y a 50 ans presque jour pour jour, le 4 avril 1968, Martin Luther King était lui aussi assassiné, exactement pour les mêmes raisons que Jésus : parce qu’il était sorti du champ où il avait été assigné. Tant que le pasteur baptiste s’occupait d’essayer d’arracher un à un les droits civiques des noirs, le FBI le serrait de près mais il restait protégé par une popularité sans pareille et il conservait l’oreille du président Kennedy. Mais pour le prophète noir, le racisme n’est qu’une partie du cancer spirituel qui ronge l’Amérique et le monde : l’argent dépensé pour la guerre du Vietnam, c’est de l’argent volé aux pauvres ! assène-t-il. Racisme, guerre et pauvreté constituent les 3 piliers d’un système diabolique qui détruit le monde. Ce sont les fondements-mêmes de la société qu’il faut changer. Comme Jésus, pour la même raison, Martin Luther King a été assassiné.

Ils ont bousculé trop de monde, revendiqué trop de place, contesté trop de fonctions déjà établies. Ce qu’on apprécie chez les religieux, c’est quand ils restent humblement à leur place, quand ils s’occupent de leur business et laissent les autres tranquilles. Leur job consiste à s’occuper de « l’arrière-monde », avant la vie ou après la mort, mais certainement pas la vie réelle, la politique, la justice, l’économie, le lobby des armes, la science ni même les questions de société comme le mariage, la procréation, la famille ou la sexualité. « Pas-touche ! » « Chasse gardée… » Jésus n’est légitime dans aucun de ces champs. Laïcité oblige ! Et quand bien même il s’exprime par la bouche de tel ou tel religieux, il est immédiatement critiqué par les « spécialistes », les « experts » qui réagissent en propriétaires : relisez le rapport du préfet Gilles Clavreul remis au ministre de l’intérieur derrière lequel se rangent les tenants d’une neutralisation autoritaire de la société, cherchant à l’expurger de toute référence religieuse considérée comme une revendication communautariste insupportable. Immédiatement considéré comme illégitime, la parole religieuse qui s’exprime dans l’espace public est décrédibilisée, ringardisée, considérée comme réactionnaire et rétrograde. Pourquoi tant d’opposition ? Sans doute le signe qu’elle est quand même quelque peu pertinente et que, peut-être, elle touche juste parfois. Quel intérêt y aurait-il à contester une Parole qui n’a aucune vérité, aucune puissance ?

On se trouve exactement devant le problème très classique du malentendu supposé (et j’insiste sur le mot supposé !) entre l’offre de Jésus (en termes de libération spirituelle, de vie éternelle, de royaume de Dieu) et l’attente du peuple (en termes de libération politique et économique du joug des romains). Et, pour faire bonne mesure, on appelle à la rescousse un certain nombre de versets forts à propos tirés de leur contexte, du genre : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu (Marc 12,13-17) Mon royaume n’est pas de ce monde (Jean 18,36) ou encore C’est Marie qui a choisi la bonne part (Luc 10,42). Il est vrai que, dans l’Eglise même, on se méfie à juste titre des discours trop politisés. Les réticences sont fortes et parfaitement légitimes face aux risques des prises de position partisanes de tel ou tel pasteur qui mettraient en danger l’unité de l’Eglise et l’universalité du message évangélique. La prudence est également de mise face au danger de réduire l’Evangile à une morale simple qui désignerait les « bons » face aux « méchants » tel un mauvais western de série B. A nous autres protestants, il y a une évidence à refuser énergiquement qu’on pense à notre place, qu’on nous indique pour qui ou pour quoi voter. Tout cela est juste et sain. Mais il ne faudrait quand même pas stériliser notre foi et l’empêcher de porter du fruit. L’épisode du figuier desséché devrait tout de même nous alerter ! J’ai en mémoire quelques paroles de pasteurs qui ont osé prêcher l’Evangile pendant la seconde guerre mondiale[2]. Tel Roland de Pury à Lyon en 1943 : « Quelle calamité qu’une Eglise qui n’est qu’un cercle de gens pieux se sentant bien ensemble, une église repliée sur elle-même, qui se suffit à elle-même ! (…) La Parole de Dieu n’est pas un refuge mais un glaive pour combattre. » Ou Gustave Vidal à l’Oratoire du Louvre en 1940 : « Les chiens vivants meurent un jour, quand même (…). Les chiens, même vivants, sont déjà morts. Les lions, même morts, sont encore vivants. » « Notre foi, c’est la certitude, fondée sur des faits, que tout ce qui s’édifie ici-bas, sans Dieu ou contre Dieu s’écroulera un jour, tandis que tout ce qui s’édifie avec lui, par lui et pour lui subsistera toujours. Si nous n’avons pas cette foi, alors nos Eglises ne seront jamais que des instituts de morale utilitaire où se formeront des sages à la manière de l’Ecclésiaste, qui seront tenir le milieu entre le vice et la vertu et tirer le meilleur parti possible des circonstances et des événements pour se donner du bon temps, dans le respect des convenances et de la légalité. » Ou encore André Trocmé au Chambon-sur-Lignon qui disait : « Du haut de la chaire (…) au nom du Dieu vivant, il faut parler et parler clairement. La tentation est grande d’envelopper d’images bibliques la vérité : comprenne qui pourra. On se calme la conscience ainsi. Faux apaisement. Dieu aime qu’on enseigne l’Evangile clairement avec l’adresse du destinataire sur l’enveloppe. Et le destinataire n’aime pas cela. » Quel courage incroyable ! Quelle puissance dans quelques mots ! Mais certainement, celui qui me touche le plus c’est Martin Luther King quand il affirmait quelques mois avant sa mort : « Sur certaines positions, la Lâcheté pose la question : « Est-ce que c’est sûr ? » L’Opportunisme pose la question : « Est-ce politique ? » Et la Vanité vient alors poser cette question : « Est-ce populaire ? » Mais la Conscience pose celle-ci « Est-ce juste ? » Et il vient un temps où l’on doit prendre une position, qui n’est jamais sûre, ni politique, ni populaire. Mais nous devons la prendre parce que la Conscience nous dit que c’est juste.[3] » Voyez-vous, ce que je crains le plus, c’est une église trop bien intégrée qui ne dise plus rien aux hommes d’aujourd’hui, trop fondue dans le paysage comme pour notre Temple du Saint-Esprit à qui on a refusé la construction sur le carrefour face à Saint Augustin, à qui on a refusé une façade qui ressemble à un lieu religieux, à qui on a refusé un clocher pour qu’elle soit invisible et qu’elle le reste ! Bref : sommes-nous invisibles ? Alors soyons audibles ! Si on ne veut pas nous voir, qu’on nous entende ! Et on nous entendra que si nous avons quelque chose à dire au monde d’aujourd’hui. Une parole forte, une parole qui éveille les consciences et qui remet debout. Bien sûr, il faut être prêt à en payer le prix, et parfois, comme pour Martin Luther King ou Jésus, le prix fort ! Amen !

[1] Psaumes de Salomon 17.21-25, in Ecrits Intertestamentaires, Paris, La Pléiade, 1987, p.987s.

[2] Citations tirées du livre de Patrick Cabanel, Résister. Voix protestantes, Alcide, 2012.

[3] MLK, « Standing by the Best », 67/08/06.

Néhémie 8, 1-12 et Luc 1, 1-4 – Pourquoi lire la Bible ?

Prédication du pasteur Samuel Amédro, le dimanche 18 mars 2018

Faut-il lire la Bible et pourquoi ? Est-elle Parole de Dieu ? Si oui, alors, pourquoi si peu de personnes la lisent régulièrement ? Si non, pourquoi continuer à la lire ? Voilà quelques-unes des questions que nous abordons depuis hier avec les catéchumènes. Alors, j’ai pensé que ce sujet pourrait sans doute intéresser également quelques adultes… Et si par aventure, vous repreniez goût à la lecture des Ecritures, je n’aurai pas volé mon salaire !

Entrons donc par un exemple concret. Quand Luc prend la plume pour écrire son Evangile, il s’adresse au « très excellent Théophile » avec une idée précise en tête : « afin, dit-il, que tu connaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. » Faut-il comprendre que, jusque-là, le très excellent Théophile n’était certain de rien ? Il me plait ce Théophile avec son manque de certitude. Parce qu’il nous ressemble. Parce qu’il faut bien avouer la vérité. On est bien loin de ce temps béni raconté par Néhémie le gouverneur qui nous montre Esdras le scribe lisant le livre de la loi de Moïse devant le peuple rassemblé comme un seul homme pour écouter la lecture de la Torah pendant toute la matinée. Il lut dans le livre depuis le matin jusqu’au milieu du jour. (…) Tout le peuple était attentif à la lecture du livre de la Loi. (…) Les lévites faisaient comprendre la loi au peuple, et le peuple restait debout. Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu. (…) Et puis à midi, tout le peuple s’en alla pour manger et boire, pour se livrer à de grandes réjouissances ; Car ils avaient compris les paroles qu’on leur avait expliquées.

On a l’impression qu’en ce temps-là, l’autorité des Ecritures était évidente. Indiscutable et indiscutée. Nous n’en sommes plus là. La Bible ne fait plus vraiment autorité, semble-t-il, même chez les chrétiens, même chez les protestants, même chez certains pasteurs ! On va très certainement vous livrer de très savantes études bibliques qui resituent le texte dans son contexte historique, qui l’analyse avec tous les outils de la sémiotique, de la narratologie, de la psychanalyse, des études de genre ou des études sociologiques selon le goût du spécialiste. Mais de là à recevoir un message de vérité qui illumine et transforme votre vie, de là à tirer de sa lecture la certitude des enseignements reçus, comme le dit Luc. C’est beaucoup plus rare.

Alors Luc décide de prendre la plume pour tenter de convaincre les « Théophile » sceptiques que nous sommes tous devenus. Et comment va-t-il faire ? Comment va-t-il s’y prendre pour emporter notre adhésion et qu’enfin nous reconnaissions avec certitude l’autorité de la Bible ? Voilà une question qui m’intéresse. Quel génie ce Luc ! En 3 points, tout est dit. C’est lumineux, clair et précis.

D’abord : après m’être informé exactement de tout depuis les origines… Luc a donc mené son enquête avec précision et exactitude. Il a raison. Peu nous importent les « on dit », les « il paraît que », ou les « on n’est sûr de rien ». Pour accorder un minimum d’autorité, nous avons besoin de nous dire que ce ne sont pas des fadaises, des inventions, des contes pour enfants. C’est nécessaire. On lit la Bible pour avoir des informations précises sur ce qui s’est vraiment passé. Les faits sont importants sinon la Bible perd toute crédibilité. Si Jésus n’a pas réellement existé comme le croit Michel Onfray, alors le Nouveau Testament et avec lui tout le Christianisme perd tout intérêt. Et c’est ce que Luc a voulu faire dans son évangile. Voilà le premier point, le premier niveau de lecture, celui qui donne l’autorité minimale : nous lisons la Bible avec notre intelligence pour y trouver des informations, de la connaissance, de la culture. Quand on interroge les parents quant à leurs motivations pour mettre leurs enfants à la catéchèse, c’est une des raisons qui vient en premier : pour leur transmettre un minimum de culture, de savoir sur la Bible, sur ce qui s’est vraiment passé… Indispensable, tant il est vrai que ce livre a façonné toute notre culture, toute notre civilisation. Ne pas lire la Bible, c’est se condamner à mourir comme un imbécile, sans rien comprendre au monde dans lequel nous vivons. Alors, pour votre culture, sachez que celui qui écrit cet évangile est peut-être un médecin ami et collaborateur de l’apôtre Paul qui veut faire ici un travail d’historien qui puisse être reconnu avec autorité dans le milieu grec plutôt cultivé auquel il s’adresse. Pour cela, il évoque ses prédécesseurs avec respect (nombreux sont ceux qui ont entrepris de composer un récit des faits que se sont accomplis parmi nous), il indique ses sources (les fameux témoins oculaires, autrement dit, l’évangile de Marc qu’il utilise pour environ 35% de son évangile, une collection de paroles de Jésus (appelée source Q ou des Logia) pour environ 20% de son évangile, et des traditions propres (orales pour une bonne part) pour les 45% restant. Ensuite, il annonce le contenu de ce qu’il va raconter : les faits qui se sont accomplis, exactement depuis les origines. C’est ainsi que, le premier, il va raconter la naissance et l’enfance de Jésus, ainsi que son ascension et l’histoire du christianisme naissant dans les Actes des Apôtres. Bref. Quand on lit la Bible, on la lit d’abord pour sa connaissance et sa culture personnelle. Pour ne pas mourir idiot. La première question qu’on se pose est donc : « Qu’est-ce que j’apprends dans ce texte ? Sur Dieu et sur le monde de l’époque. »

Mais ce n’est là que la première étape. Luc continue : il m’a semblé bon, à moi aussi, de te l’exposer par écrit d’une manière suivie.  A partir de son enquête factuelle, Luc ne s’est pas contenté de rédiger un compte-rendu. Il a composé, agencé, rédigé pour exposer ces faits d’une manière suivie. Luc s’est donc engagé personnellement. Il a pris le risque d’interpréter les faits historiques pour en faire un récit suivi, avec un fil conducteur qui élabore lui-même. C’est là le travail de tout historien. Qu’il s’intéresse à l’influence des moustiques sur le recul des falaises ou qu’il s’intéresse à l’histoire de Jésus de Nazareth, l’historien va sélectionner les faits et les agencer de la manière qui lui semble la plus juste et la plus efficace pour obtenir l’effet recherché : convaincre son lecteur : afin que tu connaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. La certitude. En grec : asjaleia, la solidité, la sécurité, le terrain qui ne glisse pas (qui a donné l’asphalte en français). Cette fois, ce n’est plus tant la connaissance en soi qui est visée mais la compréhension. On lit la Bible pour apprendre à réfléchir, sur soi, sur le monde, sur Dieu. Et c’est là une bonne part de l’autorité qui revient à la Bible que de poser des questions qui sont intéressantes et pertinentes pour notre vie. Parce que l’autorité ça ne se décrète pas. Certains pensent être les seuls détenteurs de l’autorité pour eux-mêmes. Ils connaissent la Vérité et ils n’écoutent rien ni personne. D’autres accordent l’autorité aux institutions (à leurs yeux, seul le président ou le chef est dépositaire de l’autorité). D’autres accordent autorité à la compétence (consacrant le règne des soi-disant experts qui défilent sur les chaînes d’info continue). D’autres encore accordent l’autorité à ceux qui ont du charisme (ils font confiance au gourou ou au maître qui affirme ses certitudes avec beaucoup de force et de sincérité). Enfin certains pensent qu’une conviction se construit à plusieurs dans la discussion et le dialogue (c’est la communauté rassemblée qui est alors détentrice de l’autorité). Le problème avec la Bible c’est qu’elle n’appartient à aucune institution ni aucune communauté, que les savants ne sont pas d’accords entre eux et qu’on se méfie grandement des gourous qui assènent des vérités une Bible à la main par un indiscutable : « c’est écrit dans la Bible ! »  En fait, tout cela ne suffit pas. On ne va pas au culte pour écouter un cours d’histoire ou une exégèse savante. C’est peut-être brillant mais c’est spirituellement sec et on ressort sans avoir été nourri. Nous le savons tous, seule l’appropriation fait autorité. Quand Luc s’adresse directement à Théophile, il fait en sorte qu’il se sente personnellement concerné. C’est là, à mon avis, la 2ème raison de lire la Bible : à travers les questions qui se posent, on se sent concerné aujourd’hui, cela nous parle, ça nous fait réfléchir, ça nous pose de bonnes questions qui nous bousculent. Cette fois, on lit la Bible pour apprendre à réfléchir. La question posée n’est plus « Qu’est-ce que j’apprends ? » mais « Où est-ce ce que ça me questionne ? Qu’est-ce que j’en pense ? »

S’informer et apprendre à réfléchir par soi-même. Que demander de plus ? Nombreux sont ceux qui s’arrêtent là. Que ce soit au catéchisme pour leurs enfants, à l’étude biblique ou en venant au culte, il semble que cela leur suffise. Erreur. Tragique erreur qui rate l’essentiel. Voilà un des grands malheurs de notre Eglise. Voilà ce qui, à mon avis, explique une bonne part de son déclin. Tout reste au niveau du cerveau. Alors ceux qui, à tort ou à raison, ne se sentent pas au niveau sont partis petit à petit : les ouvriers, les paysans, les étrangers… Ils ont quitté l’église ou sont allés chez les évangéliques. Et avec eux sont sortis, tous ceux qui ont des doutes, qui ont du mal à croire et qui n’osent pas poser de question. Parce que rien ne vient nourrir leur foi. Il ne suffit pas de nourrir son intelligence. Moi je pense ici à ce jeune homme de 40 ans qui s’est effondré en larme dans mon bureau parce qu’il tourne comme un lion en cage depuis des années sans réussir à trouver un sens à sa vie.

Pour Luc, l’essentiel se joue ailleurs. En écrivant son évangile, certes il veut rapporter des faits, certes il veut convaincre le très excellent Théophile mais il veut surtout devenir comme ceux qui après avoir été des TEMOINS OCULAIRES sont devenus des SERVITEURS de la PAROLE. A ses yeux, là est l’essentiel. Se mettre au service d’une Parole qui vient d’ailleurs. Serviteurs de la Parole, cela veut dire que catéchètes, pasteurs, études bibliques ne sont là que pour essayer de nous mettre à l’écoute de Dieu qui veut nous parler. Quand vous lisez la Bible, la question la plus importante c’est de vous demander : « Qu’est-ce que Dieu veut me dire aujourd’hui ? » Voilà la seule raison pour laquelle j’ose prendre la parole dans la chaire : pour nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire. Je dis « nous » parce que je suis le premier auditeur de mes prédications ! Faire le lien avec Dieu. Rendre Christ présent dans vos vies par sa Parole. Voilà mon rêve le plus fou, voilà ma vocation, voilà ma raison d’être. Pour parler à Dieu, vous avez la prière. Pour écouter Dieu, vous avez la Bible. C’est aussi simple que cela. Par-delà les textes bibliques, il y a Dieu qui veut vous parler, vous guider, vous aider, vous consoler, vous relever, vous bousculer, vous rendre heureux, vous rencontrer, vous confier des tâches, vous confier des frères et des sœurs à aimer et à relever. Faire retentir la Parole de Dieu dans nos vies. C’est là, à mes yeux, la véritable autorité de la Bible. Tant qu’on ne se rend pas compte que l’évangile a été écrit pour nous, il reste en dehors de nous et Dieu se tait. Et parfois, par la seule puissance du Saint Esprit qui agit en nous, Dieu vient nous rejoindre dans nos vies et ce jour-là on sort du culte en se disant : « C’est vrai ! Ce qui vient d’être dit, c’est la Parole de Dieu ! » Alors l’assemblée répond en disant : « AMEN ! »

Jean 2, 13-22 – Apprendre à lire les signes

Méditation du pasteur Samuel Amédro, le dimanche 11 mars 2018, au culte précédant l’Assemblée Générale de la Paroisse

Il faut apprendre à lire les signes. Toutes les diseuses de bonne aventure, les journalistes comme les économistes les plus chevronnés vous le diront : par eux-mêmes, les événements n’ont aucun sens. Seule compte l’interprétation qu’on en donne. L’interprétation d’un événement, d’une rumeur comme d’un texte biblique relève toujours d’un acte de la volonté. C’est un choix de celui qui cherche à comprendre et non une procédure scientifique de l’ordre de la connaissance ou d’un savoir démontrable et opposable. Interpréter les événements consiste à choisir de leur donner du sens.

L’Evangile de Jean relève qu’en changeant l’eau en vin « ce fut le commencement des signes de Jésus… Ce qu’il fit à Cana manifesta sa Gloire et ses disciples crurent en lui » L’événement vécu par tous les convives de la noce ne fut interprété comme un signe que par les seuls disciples. Pour eux, aucun doute possible : ce à quoi ils ont assisté ne pouvait être qu’une manifestation de la Gloire de Dieu. Qu’en est-il des autres convives ? Nous n’en savons rien. Par contre, la foi des disciples, elle, est née comme le fruit d’une relecture existentielle d’un événement compris comme un « signe », ou même mieux, comme la « signature », la trace du passage de Dieu dans leur vie.

Alors, quand Jésus chasse les marchands du temple en pleine fête juive de la Pâque, il crée l’événement qui va faire sensation. Comme on dit aujourd’hui, ça fait le buzz. Trace vraisemblable d’un fait historique avéré, il est rapporté par les quatre évangiles qui l’interprètent chacun à leur manière. L’Evangile de Jean, lui, met en scène deux groupes, « les disciples » et « les juifs » qui, chacun leur tour, cherchent à interpréter ce qui s’est passé. En citant le Psaume 69 : « La passion jalouse de ta maison me dévorera ! », Jean nous montre des disciples qui décident d’y voir une conséquence d’un zèle débordant qui brûle Jésus. Cherchent-ils à atténuer le scandale qui s’annonce ? En tout cas, en réagissant à chaud, ils y voient le signe que Jésus n’est après tout qu’un humain, tout comme eux, pétri de passion et capable de violence. Ils lui trouvent une excuse pour justifier ce comportement difficile à comprendre : « il a le feu sacré, comme on dit, il faut l’excuser… » Etonnamment, les juifs, eux, n’ont pas immédiatement une interprétation à donner. Mais plutôt que de se précipiter à accuser, à l’image de ces disciples qui se sont précipités pour excuser, ils commencent par questionner : Quel signe nous montres-tu pour agir de la sorte ?

La réponse de Jésus servira de point de bascule, ridicule pour les uns, mystérieuse pour les autres : Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai !  Ceux qui reçoivent ces mots au pied de la lettre ne peuvent y voir autre chose qu’une nouvelle provocation de Jésus qui se discrédite totalement à leurs yeux : il a fallu quarante-six ans pour construire ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras ? Qui peut affirmer des choses aussi grotesques, aussi manifestement contraires aux connaissances scientifiques ? Et les disciples ? En fait, il leur faudra attendre : Quand il se fut réveillé d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il disait cela et ils crurent l’Ecriture. Comme toujours, sur le moment les choses restent mystérieuses : impossible de donner du sens en restant collés aux événements, dans l’immédiateté, comme ces chaînes d’info continue. Apprendre à lire les signes demande du temps et de la distance. Ce n’est que dans l’après-coup, quand il est possible d’avoir un regard d’ensemble, que le signe se donne et que la vérité se dévoile.

C’est sans doute là l’enjeu majeur d’une Assemblée Générale et peut-être plus particulièrement de la nôtre aujourd’hui : un temps de bilan, de prise de distance, de discernement et de mise en perspective. Pour ma part, après 6 mois de présence en tant que pasteur du St Esprit, il était important de vérifier avec vous (et avec le CP) que nous étions dans la bonne direction. Pour comprendre la situation en finesse, il me fallait bien prendre 6 mois pour écouter, rendre visite et rencontrer les uns et les autres, prendre le temps de ne rien dire. Bon, je sais que j’ai un peu de mal à ne rien dire… mais j’ai écouté ! Je sais aussi que je prêche trop longtemps, c’est vrai et j’espère vraiment que vous ne vous ennuyez pas trop… mais surtout, j’ai la conviction profonde que l’essentiel n’est pas là : quels sont les événements significatifs que nous allons choisir pour faire sens ? Il faut relire notre histoire par-delà l’écume des jours. Qu’allez-vous choisir pour interpréter l’histoire de la paroisse du Saint Esprit ?

  • La croix recouverte de peinture bleue piscine (ou bleu marial selon les goûts) ?
  • Les repas paroissiaux nombreux et caractéristiques de l’ADN de notre Eglise (avec en point d’orgue le magnifique banquet Luther du mois de novembre)
  • L’exigence intellectuelle forte et le classicisme revendiqué pour les cultes et la musique, le tout dans une identité réformée voir calviniste assumée (l’année Luther c’est bien, mais Calvin c’est pas mal non plus !)
  • La perte lente mais, semble-t-il, inexorable des membres de l’Eglise qui constate le vieillissement de ses membres et les décès marquants qui laissent des trous béants dans la communauté (Simone Bernard, Françoise Alexandre, Liliane Bonvallet, Alexandre Peugeot…)
  • La sonorisation et l’éclairage défaillants du temple (on entend mal et on voit mal !) ?
  • L’absence de jeunes et notamment de jeunes couples avec enfants et poussettes ?
  • Le rayonnement indéniable du Cercle du Mardi depuis plus de 50 ans (un peu vieillissant lui aussi mais ô combien passionnant sur le fond et important pour l’Eglise)
  • Le conflit majeur avec le pasteur précédent qui a littéralement déchiré la communauté, provoquant des paroles dures, des jugements réciproques, des départs et surtout un traumatisme psychologique et spirituel majeur ?
  • Faut-il relever les absences étonnantes dans notre vie paroissiale ?
    • Absence de projet diaconal au service des plus vulnérables
    • Absence de vision pour la croissance numérique de l’Eglise qui ne touche plus l’extérieur mais reste centrée sur le petit troupeau de ses membres
    • Absence de temps/réunion de prière, médication, recueillement qui permettrait à l’Eglise de se ressourcer spirituellement…

L’Assemblée Générale c’est un temps nécessaire de retour sur soi pour prendre distance vis-à-vis de la vie courante, se donner un recul nécessaire et choisir les événements significatifs pour les relier et donner du sens à la vie de l’Eglise. Là réside la mission principale du Conseil Presbytéral et de son pasteur : donner une vision, une direction, tracer des perspectives en fonction d’une interprétation de l’histoire. Nous allons faire cela ensemble juste après notre culte. Mais si, justement, nous commençons par un culte, c’est bien parce qu’il est essentiel de laisser à Dieu la première parole à ce sujet, qu’il puisse intervenir et peut-être orienter, ré-orienter nos discussions, préoccupations, décisions… Et si nous mettons notre AG sous le regard de la Parole de Dieu, il me semble qu’il y a dans le texte biblique que nous avons lu dans l’Evangile de Jean pas mal de résonnance qui font écho à notre situation. J’y entends, moi, la proximité avec la fête de la Pâque, un épisode de colère et de violence qui secoue le Temple, la demande d’un signe de la part des responsables du Temple… et puis une parole mystérieuse qui doit faire sens : « Détruisez ce sanctuaire et je le relèverai en 3 jours ! »…

La première réaction consiste à résister : il a fallu 150 ans pour le construire et toi tu prétends le reconstruire en 3 jours ? Quel orgueil, quelle folie…

C’est ici que l’Evangile de Jean décide de sortir de son récit pour nous donner la clé. Ce n’est pas moi, le nouveau pasteur qui vais reconstruire le temple d’un coup de baguette magique. Non, il y aurait erreur sur la personne, usurpation d’identité et ce serait par trop orgueilleux de ma part de vouloir me mettre à la place de Jésus. L’Evangile de Jean rassure les inquiets et rabaisse les orgueilleux : Le sanctuaire dont il parlait, lui, c’était son corps. Il y a là un point déterminant, fondamental qui doit nous réorienter entièrement dans notre inquiétude et notre souci (légitime) de reconstruire l’Eglise. En fait, tous ces différents éléments que j’ai relevés, écoutés, analysés depuis 6 mois ne doivent pas nous masquer, nous cacher, s’interposer et faire écran devant l’essentiel : le Corps du Christ. Le sanctuaire dont il parlait, lui, c’était son corps et non le bâtiment de notre Eglise et encore moins ses institutions, projets, difficultés, sociologie et autres questions qui nous préoccupent. Tout cela n’appartient pas à l’essentiel, tout cela ne doit pas nous préoccuper plus que de raison. Ce qui doit tomber, tombera et ce qui doit vivre vivra. Mais le plus important c’est ce que le Christ nous dit aujourd’hui : en trois jours, je le relèverai. Voilà l’essentiel : le Seigneur va ressusciter, le Corps du Christ va ressusciter. Voilà la clé.

Chers amis, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : vous êtes / nous sommes le Corps du Christ et le Corps du Christ c’est vous (1 Corinthiens 12,27) ! Autrement dit, ne vous inquiétez pas de ce que demain sera, de ce que vous allez manger ou de quoi vous allez vous vêtir (Matthieu 6, 25-34). Ne soyez pas soucieux pour demain : le Corps du Christ va ressusciter. Notre Eglise du Saint Esprit va ressusciter, elle va se relever, c’est une certitude ! Oui elle a souffert, ou elle a perdu, oui elle a traversé le désert et l’angoisse du lendemain financièrement, numériquement, spirituellement… Tout cela est vrai et j’allais dire, tant mieux ! Pour connaître la résurrection, il faut apprendre à mourir. Et c’est ce que vous avez fait.

Ainsi parle le Seigneur : Tout pouvoir m’a été donné, dans le ciel et sur la terre. Allez, de toutes les nations faites des disciples, enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai enseigné et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! (Matthieu 28,16-20) Seigneur, au nom de toute la communauté, je veux te dire que le moment est venu de tenir ta promesse, puisque tu as promis d’être avec nous jusqu’à la fin du monde…

L’heure vient, et elle est là, dit Jésus (Jean 4,23) Détruisez ce sanctuaire et je le relèverai en trois jours. Le sanctuaire dont il parle, c’est son corps, c’est vous, les membres de son corps. Alors, debout peuple de Dieu, Corps du Christ, la résurrection est là et elle t’attend ! Et quand vous le constaterez alors vous pourrez reprendre à votre compte les derniers versets de notre passage que nous avons lu dans l’Evangile de Jean : vous vous souviendrez de mes paroles, vous croirez en l’Ecriture et dans la Parole que Jésus a dite (Jean 2,22) !