Galates 5, 13 – Frères vous avez été appelés à la liberté 

Prédication du dimanche 31 décembre 2017 par le Pasteur Michel Leplay

Une année se termine et l’usage veut qu’on jette un regard sur les mois écoulés et les principaux évènements, avant d’envisager l’année qui commence  demain, avec des pronostics et si possible de l’espérance.

Concernant donc ce que les anciens auraient appelé « l’an de grâce 2017 » nous pouvons en faire mémoire sur deux registres. Soit le personnel, familial et intime, soit le collectif, public et social. Dans le domaine privé chacun a eu ses joies et ses problèmes, les naissances et les deuils, la guérison ou la maladie. A chacun son histoire, à chacun son parcours, aucune synthèse n’est possible, aucune généralité tant nos vies sont particulières et tous les survivants que nous sommes de l’année 2017 peuvent dans le secret de leurs cœur et le silence de leur mémoire recueillir le souvenir des jours heureux et des heures de ténèbres. Et tout remettre à Dieu dans la reconnaissance et dans la confiance.

Quant à un bilan global et social de l’année qui se termine, il est aussi très difficile à établir. Je me garderai bien de concurrencer la grande presse qui ne manque pas de faire la liste des événements importants qui auront marqué cette année.  Vous ferez votre marché ou votre cueillette dans ce grand jardin de l’histoire politique et sociale, française et internationale, religieuse et chrétienne… sauf que je vais m’arrêter dans un premier temps de cette prédication sur les événements qui auront marqué en 2017 notre protestantisme, sa mémoire célébrée et ses projets annoncés. Car nous avons été comblés, permettez-moi de le dire, et je pense que vous êtes d’accord avec moi. Ce fut pour le christianisme protestant, dont nous sommes une part vivante, une véritable « année de grâce ».  Je ne puis tout rappeler tant c’est un peu partout qu’on s’est souvenu du commencement de la Réforme avec l’affichage  par le Moine Martin Luther de thèses concernant la vente des indulgences et par conséquent « le prix de la grâce ». C’était gratuit, « vous avez été appelés à la liberté ». J’y reviendrai. On a donc relu l’épître aux Romains, « le juste par la foi vivra », et organisé fêtes et rencontres, spectacles et conférences, en province autant qu’à Paris. On se souviendra notamment des représentations à Mialet, en plein été, avant le culte dont nous avons eu en tous cas l’écho par la télévision. Le colloque international à l’Hôtel de Ville de Paris fut d’une qualité qui explique son succès et son impact culturel et politique. Quant il nous fut dit par notre premier Magistrat : « S’il vous plait, ne désertez pas le désert », « il est pour la France une source vivante de sa richesse ». Et comme d’autres événements le confirmeront, la fête joyeuse à Strasbourg, la déclaration fraternelle du protestantisme au judaïsme, et ici même, de la disputatio fraternelle d’un soir au banquet convivial d’un midi, rien n’a manqué dans nos réponses multiples et joyeuses à l’affirmation de St Paul redécouverte par Luther : « frères, vous avez été appelés à la liberté… »

 

Deuxième partie, j’entre dans le vif de l’actualité et de l’avenir après le bilan des festivités. Car Paul ajoutait : « seulement que cette liberté ne laisse aucune prise à la chair… »
D’abord, remarque inévitable dans le climat et les polémiques de ces dernières semaines : Paul interpelle des gens en les appelants « frères »… Et je vois se lever les défenseuses,  se mettre en route les manifestantes, se mobiliser les militantes de la cause des femmes. Mon sentiment est que ces excès vont dans le bon sens, même si les médiations nécessaires poussent parfois à la caricature. Il est bien évident que pour les lecteurs du XXIe siècle, frères qui est masculin n’exclut pas les femmes, même s’il n e fait que supposer  implicitement les sœurs. Cela va sans dire mais encore mieux en le disant. Je n’ouvre pas le débat sur l’écriture inclusive, les meilleures d’entre nous n’ont pas peur du ridicule, toujours est-il que c’est un tournant dans notre culture implicite et qu’il était temps de remettre à l’ordre du jour la formule du même apôtre de la liberté chrétienne : « Il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ ». C’est aussi dans l’épitre aux Galates (3 :28). Cette unité profonde des sexes n’exclut pas leur identité particulière, ce qui signifie qu’au-delà des discussions sémantiques, l’égalité n’est pas la similitude, mais la complémentarité des dons respectifs dans la communion des partages. On en reparlera à la sortie. Nous sommes tous et toutes appelés à la liberté. Oui, frères et sœurs, oui nous avons été appelés  « e » muet inclusif, à la liberté, le mot grec eleuthéria qui a autorisé Luther à modifier son nom.

APPELES A LA LIBERTE, mais, et c’est la troisième partie et la plus importante de cette prédication de fin d’année : oui, APPELES A LA LIBERTE, c’est Luther avec Saint Paul, mais il faudra ajouter : RAPPELES A L’ORDRE, et ce sera Calvin encore avec  Saint Paul. « Appelés à la liberté, rappelés à l’ordre », vous m’avez compris…
Autrement dit nous passons du premier commandement, aimer Dieu, au second qui lui est semblable : aimer son prochain. Nous passons de la liberté à l’obéissance, de la libération par l’Evangile après Luther à l’institution d’une religion chrétienne avec Calvin. Sans les opposer, mais au contraire dans leur profonde et complémentaire unité qui nous parle aujourd’hui en France de ce protestantisme comme « communion luthérienne et réformée ». Luthéro-réformée. Ne faisons donc pas de notre liberté « une excuse ou un prétexte pour vivre n’importe comment ». Et Paul précise ce qu’il appelle vivre selon l’Esprit et non selon la chair, ses pulsions et ses désirs : amour, joie, paix, patience, bonté ; bienveillance, douceur, maitrise de soi… (Galates 5, 22-23). Ces vertus chrétiennes comme fruits de l’obéissance en liberté concernent évidemment et au premier chef la communauté chrétienne elle-même. Le meilleur témoignage que les disciples du Christ pouvaient rendre dans l’Eglise des premiers siècles était la constatation des observateurs extérieurs : « Voyez comme ils s’aiment ».

Un dernier point avant de conclure puisque nous vivons certes en Eglise mais aussi en société. Pour les chrétiens, l’ECCLESIA, pour tous les habitants de la terre, la POLIS, la cité terrestre, la nécessaire régulation politique et même la contrainte policière pour que règne parmi nous un minimum de paix protégée, de nécessités secourues, de faiblesses protégées. Magnifique vocation de ceux qui gouvernent. Et Luther avait raison de mentionner dans son petit catéchisme, en commentant la demande de pain quotidien, de demander à Notre Père de nous donner entre autres « des supérieurs pieux et de bonne foi, un bon gouvernement, des saisons favorables, la paix et la santé ». Que souhaiter d’autre ? Calvin en disait autant, à propos du « gouvernement civil » et pour que, selon son admirable formule « l’humanité subsiste entre les humains ». Plus crûment encore, il fustige « ceux qui voudraient que les hommes vivent pêle-mêle comme des rats dans la paille » (I.C. IV.10). Aussi, conclut-il, « le but du régime temporel… est de nous former à toute équité requise à la compagnie des hommes et d’entretenir et conserver la paix et la tranquillité commune ». Prions donc pour les autorités qui nous gouvernent afin qu’elles remplissent bien leur mission de gouvernement. Car avec Paul, dans la même Epitre aux Romains, nous entendons cet appel à la liberté qui sera toujours suivi du rappel à l’ordre. SOYEZ CE QUE VOUS ÊTES. Afin que l’année prochaine on puisse souvent, très souvent entendre ce que disait récemment un journaliste à la radio : « On voit qu’il y a encore des gens humains sur cette terre ». Sic…

 

Je termine avec vœux pour 2018, une prière confiante et un appel à la vigilance. Pour notre paroisse, son conseil et son pasteur, pour toutes les activités dans et autour de ce temple, pour la fidélité et le courage de l’Eglise protestante. J’ai cité trois lieux, la paroisse, le temple et l’Eglise, concentriques et inséparables puisque nous avons le triple honneur et la triple vocation d’être peuple de Dieu, corps du Christ et temple de l’Esprit ». Depuis toujours appelés à la liberté, et chaque jour rappelés à l’ordre.

Ainsi soit-il


NOTRE PÈRE
Ton nom est sanctifié quand est faite ta volonté
Et que ton règne arrive car ce Royaume nous donne
Le bon pain quotidien,
Des cœurs réconciliés,
Le don de tes victoires sur nos tentations
Et la libération de nos maux et malheurs
Pour l’honneur de ton nom
Enfin sanctifié, enfin glorifié sans fin
Dans ton Royaume
Et dans la gloire enfin de ce premier matin

Jean 20, 19 – Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et leur dit : LA PAIX SOIT AVEC VOUS

Prédication du Dimanche 23 avril 2017, par le pasteur Michel Leplay

Lectures : Jean 20, 19-23
                    Actes 2, 42-47
                    I Pierre 2, 13-17

 

Frères et sœurs, et chers amis,

Je suis ici ce matin, et de bon cœur, sinon pour subvenir à l’absence de mon collègue Vincens Hubac, retenu par la maladie. Qu’il soit assuré de notre prière fraternelle et de nos vœux les plus cordiaux.

La date de ce dimanche 23 avril est celle du premier tour de scrutin démocratique pour l’élection du Président de notre Royaume de France, la République française. Et l’année en cours, 2017, est celle du 500e anniversaire de l’inauguration de la Réforme protestante du XVIe siècle par Martin Luther.

Double programme pour le prédicateur qui pourrait soit se réfugier dans un commentaire biblique et religieux hors du temps, soit se livrer à une harangue politicienne comme nous en avons tant entendu.  Je ne céderai à aucun de ces extrêmes, essayant au contraire de les conjuguer avec  le difficile exercice qui consiste, comme le disait Karl Barth, dans l’articulation théologique entre la « communauté chrétienne et la communauté civile ». Ou bien, pour reprendre un titre du cher André Dumas : « Théologies politiques (au pluriel) et vie de l’Eglise ».
Ayant bien moins de compétence que ces Maîtres, je me contenterai d’un parcours en deux temps.
Comme l’indiquent nos lectionnaires chrétiens, chaque dimanche comporte une lecture de l’évangile et une lecture de l’Épitre. Aujourd’hui l’Évangile selon St Jean et la 1ère Épitre de Saint-Pierre. Et d’une certaine manière, j’y vois les deux temps et de ma prédication pastorale, et de notre vie citoyenne. On pourrait dire que l’Évangile proclame le Royaume de Dieu alors que l’Épitre médite sur la vie de l’Église du Christ. Finalement, mais je simplifie, autant Luther a inauguré un retour à l’Évangile, autant Calvin dans la suite a préfiguré une Église réformée sans cesse à réformer. Luther religieux et mystique, Calvin, juriste et politique. Cette dualité complémentaire me va très bien.

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De même que dans le dernier numéro de REFORME vous trouverez des extraits de la déclaration de la Fédération Protestante puis de notre Église unie. La première rappelle que « nous croyons à a noblesse et à la grandeur du politique… Redonner tout son sens à la politique ne peut se réussir que dans le retour à l’éthique ». Et l’autre de conclure : « Plutôt que de laisser le dégoût, la colère et la peur nous enfermer dans le ressentiment, ayons le courage de la fraternité d’abord et la ténacité de faire et de refaire société ensemble » (op. Cit.14)

Mais j’en viens à l’Évangile de ce dimanche, relire Jean 20, 19 : « Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que par crainte des Juifs les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, se tint au milieu d’eux et leur dit : « LA PAIX SOIT AVEC VOUS… » ».

Saint Jean, qu’on a parfois qualifié d’évangéliste antisémite, précise : « par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées ». Tant il est vrai que nous avons toujours peur des autres, juifs ou pas, ceux de notre évangile ne représentent pas toute la race temporelle des Juifs, mais la poignée de ceux qui étaient-là, comme des parisiens rassemblés place de la République ne désignent pas une race parisienne et française éternelle. Ils ont peur. Comme nous. Devant l’inconnu, quand l’avenir est fermé, à double tour, à deux tours en quelque sorte. Nous sommes bien aujourd’hui, dimanche d’élection, enfermés dans le secret de l’isoloir, et les urnes sont fermées à clé, par crainte des fraudeurs. Et dans cette urne de la chambre où sont réfugiés les disciples, il y a la crainte devant l’incertitude. Ils ont bien donné leur voix à Jésus de Nazareth, car ils avaient entendu la Sienne. Mais nul ne sait maintenant ce qui va se passer et comment cette histoire d’élection vas se terminer. Le Grand Électeur lui-même est mort. Isolé dans l’isoloir…

Mais je cesse de filer cette métaphore de circonstance, pour écouter avec vous ce que raconte si sobrement l’évangéliste : « ALORS JÉSUS VINT. »

Malgré nos précautions,

Les portes verrouillées,

La turne fortifiée,

Les urnes sécurisées,

 

Par crainte des moqueurs de notre religion, ou des contestataires, avec tous les fantasmes de la persécution, les Juifs de Jean, les catholiques, les musulmans, ou les laïcs, nous fermons nos portes par crainte des extrêmes dont tous les publicistes font des arguments de serrurier. Les portes sont fermées. Les précautions prises. La sécurité qu’on assure soi-même remplace l’unique assurance en Dieu.

Au milieu de ces tracas, malgré les portes et nos cœurs comme elles fermés, transgressant les barrières, les verrous et les serrures, JÉSUS VINT

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Dans nos cœurs fermés

Nos églises repliées

Nos sociétés bloquées

Dans nos territoires barricadés et nos frontières barbelées,

 

il vient, étrange étranger si familier qui se tenait  à la porte et nous n’avons pas ouvert. Alors il est entré, traversant la mort, et il est là. Il est là comme quelqu’un de vivant qui va parler,  « là ou deux ou trois (et même un peu plus) sont réunis en son nom ». Il ne va pas leur faire un petit ou grand catéchisme, à la manière de Luther, ni leur dicter une confession de foi comme Calvin, mais leur dire deux mots. Vous entendez : deux mots : EIRENE UMIN. Paix avec vous, sur vous, au milieu de vous. Cette parole fera le tour du monde dans toutes les langues et au cœur de toutes les religions : SCHALOM ALENOU, PAX VOBISCUM, SALAM ALEK, etc. Mais cette paix biblique n’est jamais sans la justice, nous rappellent les psaumes où « justice et paix s’embrassent ». La Paix n’est pas mollesse, la justice n’est pas rudesse. Il faut les conjuguer l’une à l’autre. Vaste programme.

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Encore un point sur l’Évangile, si vous permettez.

La parole si performante soit-elle, ne suffit pas. Ce qu’on entend est confirmé par ce que l’on voit. Car, comme Thomas dans la suite du récit, c’est aux blessures de la crucifixion qu’ils le reconnaissent. Les traces des cicatrices des mains percées et du flanc transpercé. Le trou des clous et les coups d’épée.  Alors, vous avez compris. Si le sacrement de l’eucharistie avec son pain partagé et la coupe qui circule, nous rappellent la passion de notre Seigneur, a combien plus forte raison ne nous rappellent-elles pas les souffrances de notre prochain. « Le sacrement du frère », dit la théologie orthodoxe. Aussi  bien aujourd’hui encore accueillir le Christ et recevoir sa paix est – tout autant – accueillir notre prochain, même s’il vient de loin, dans la géographie, la société ou la culture. Alors, on comprendrait mieux la fin de l’épisode quand il leur est dit : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis,  etc. … » Ne nous laissons pas enfermer dans une interprétation ecclésiastique et sacerdotale de cette sentence. Il s’agit des péchés comme souffrances causées ou reçues, du mal fait ou subi comme insulte ou maladie, enfin vous avez le pouvoir de remettre les vivants en ordre de marche, de prendre soin, de prendre à cœur, de prendre en charge les plus petits de vos frères qui sont les grands dans le Royaume de Dieu. Alors justice et paix s’embrassent et il y a sur la terre des hommes, un peu moins de malheur, et un peu plus de bonheur. Pour que faute d’être au paradis, nous ne soyons pas en enfer. Là, c’est aussi l’affaire du politique.

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Notre étude biblique de l’Évangile va se conclure par une réflexion citoyenne sur l’actualité politique et sociale de la France et du Monde. Si nous tournons la page du dernier chapitre de l’évangile de Jean, nous arrivons aux Actes de Apôtres, leurs actions engagées dans la communauté chrétienne et la communauté civile, puis aux Épitres apostoliques et leur enseignement doctrinal et moral pour la conduite des chrétiens en communauté et dans la cité.
J’en finis avec le rappel d’un enseignement et une brève exhortation. Voici donc quelques avis et conseils des écritures apostoliques puis des écrits des Réformateurs. Un rappel scolaire dont je m’excuse auprès des plus instruits tout en sachant que nous avons toujours à apprendre.

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PIERRE dira deux choses en apparence contradictoires : « soyez soumis aux institutions humaines » (1 Pierre 2, 13) et d’autre part : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29). Nos ancêtres et nos contemporains ont fait la douloureuse expérience de cette tension entre soumission et résistance,  de Marie-Durand à Dietrich Bonhoeffer. L’Apôtre PAUL sera tout aussi affirmatif : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir » (Romains 13, 1). A cette époque l’État Romain est censé protéger et au moins tolérer le christianisme naissant.
Lecteur de la même lettre aux Romains, LUTHER commentera familièrement la demande de pain quotidien : « Il s’agit de la nourriture de l’entretien de cette vie, aliment et boisson, vêtements et chaussures, champs et bétail, un bon gouvernement, la paix, la santé, l’ordre et l’honneur… » Avouez que pour le XVIe siècle c’est un programme politique et social très actuel ! Quant à CALVIN, il savait comme nous aussi combien c’est difficile, et pour que nous ne vivions pas « comme des rats dans la paille », il faut l’office des magistrats et les services de la police pour garantir le bien public et  l’épanouissement de l’Église. Enfin, soit dit en passant, Calvin envisage aussi le cas des « magistrats infidèles à leur vocation » (IC/IV. XX, 24). On pourra en reparler à la sortie…du culte de ce matin ou des urnes de ce soir…

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Je n’en dirai pas plus, à chacune, à chacun de faire son devoir en donnant sa voix en toute conscience mais en gardant la parole en toute circonstance. Confier une responsabilité à autrui, c’est aussi en garantir son bon usage.
Enfin, mais c’est de l’humour, comme si notre Seigneur avait voulu nous donner une indication sur le mode d’emploi électoral du scrutin uninominal à deux tours : « QUE VOTRE OUI SOIT OUI QUE VOTRE NON SOIT NON CE QU’ON AJOUTE VIENT DU MALIN » (Matthieu 5, 37). La TOB traduit : « Quand vous parlez, dites OUI ou NON ». Alors dites oui à la confiance et à la vigilance, non à la panique et à la vengeance. Dites OUI à l’espérance et NON à la nostalgie. Dites OUI à la justice et NON au désordre. Comme le cévenol André Chamson, dites OUI « aux hommes de la route » et non aux sirènes de la déroute.

Mais faisons silence, j’ai trop parlé.

Le Christ seul peut entrer et se tenir au milieu de nous, et nous redire, et nous donner l’essentiel :

LA PAIX SOIT AVEC VOUS.

Ainsi soit-il.

Apocalypse 1, 10-19 – La Bible dans une main, le Journal dans l’autre 

Dimanche 18 septembre 2016, par le Pasteur Michel Leplay

Comme l’écrivait le voyant, l’Apocalypse – qui veut dire Révélation et non pas catastrophe, puissions-nous être, ce matin, « saisis par l’esprit au jour du Seigneur ». Je suis, pour ma part, saisi de joie en vous retrouvant et saisi de crainte devant la tâche de la prédication. Que l’Esprit nous permette de demeurer dans la joie qui demeure et d’annoncer sans crainte la Parole de Dieu.

St Jean, qui est pour nous le premier et le grand paroissien du Saint-Esprit, raconte qu’il « entendit derrière lui une puissante voix ». Celle-ci, à mon avis, ne peut être que la voix qui est avant nous, la parole qui nous précède, la voix de Moïse sur la montagne nous apportant les dix paroles commandées du Décalogue, la voix de Jésus dans la plaine nous recommandant les sept demandes du Notre Père. La voix d’avant, la voix d’hier, la voix première, parole initiale, « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre », et la basse continue du Seigneur quand « la Parole a été faite chair et a habité parmi nous ». Ainsi, les deux testaments témoignent de « cette puissante voix que nous entendons derrière nous », depuis que « au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » de la Genèse, jusqu’au prologue de l’évangile de Jean « Au commencement était la parole, et la parole était Dieu », en passant par le Psaume « Avant que tu fus tissé dans le sein de ta mère, je te connaissais »…

Alors, il est dit au voyant par cette voix d’avant « Ce que tu vois, écris-le dans un livre » en grec BIBLOS. Vous avez bien entendu : BIBLOS, un livre, le livre, la Bible, une bibliothèque dont nous avons ce matin lu des extraits de trois livres. Et du dernier d’entre eux qui ferme la marche des témoins qui nous précèdent.

La BIBLE est ainsi en quelque sorte, en ce jour du Seigneur, notre « journal du dimanche »…

Notre génération maintenant vieillissante, s’était souvenu d’un aphorisme prêté à Karl Barth et qui nous tenait lieu de viatique pour notre ministère : « Le chrétien doit avoir la Bible dans une main et le journal dans l’autre ». Le professeur bâlois de théologie avait répondu au cours d’une interview en 1963.

« Les jeunes ne peuvent pas seulement étudier la théologie et regarder les nuages du ciel, il faut regarder la vie telle qu’elle est : oui, la lire dans le journal. Donc, ici la Bible, là le journal – les deux vont nécessairement ensemble. S’il ne s’agit pas de lire le journal sans la Bible, il ne s’agit pas non plus de lire la Bible sans le journal ». Et déjà, dans une interview du 11 novembre 1918, le jeune pasteur suisse avait conseillé : « prenez votre Bible et prenez votre journal. Mais interprétez le journal à la lumière de la Bible » ! Paul Ricœur reprenant Max Weber, mettra en tension la morale personnelle de conviction religieuse et la morale sociale de responsabilité politique.

Arrêtons-nous un instant sur la Bible, ce livre de papier, qui garde les traces d’une parole éternelle, le papier du journal et son éphémère écriture du jour.

Par commodité pour cet inventaire et paresse culturelle, je m’en tiendrai aux journaux papier, quotidiens ou hebdomadaires, en kiosque ou par abonnement. Voyez plutôt une diversité aussi vaste que celle de la Bible elle-même, Je les cite en désordre, avec des points d’humour qui ne vous étonneront pas. Car le journal dans une main signifie concrètement pour les uns le FIGARO, quotidien des familles bien-pensantes et parfois divisées, ou le MONDE, ce quotidien du soir qui se veut être la lumière du matin, ou encore pour citer les plus grands titres de la presse, l’HUMANITE qui porte si mal le programme de son titre, LIBERATION qui en toute liberté nous entraine parfois à trop de liberté, et parmi le autres, je n’en retiens que trois, MATCH- avec ses concours de mots et de photos, les ECHOS pour les économes de la sagesse financière, l’EQUIPE qui annonce le meilleur esprit communautaire et pour clore cette liste incomplète, le quotidien la CROIX bien souvent plus chrétien que catholique si l’on peut dire, et notre hebdomadaire REFORME, le plus ancien de la presse française, qui est protestant sans animosité, actuel sans servilité, plus biblique qu’ecclésiastique, l’hebdo qu’il vous faut pour conjuguer au mieux le journal et la Bible.

Je signale en passant que ce matin, à cette heure même, l’émission de Présence protestant à la TV est consacrée à un reportage sur le journal REFORME.

Après cette embardée sur le journal qui est, disons dans notre main gauche, j’en viens à la Bible, autorité ancienne, actuelle et décisive pour les Eglises de la Reforme comme pour toute chrétienté normale. Après ses premières paroles que nous avons méditées sur l’écriture d’un livre au jour du Seigneur, l’apôtre Jean ajoute : « Je me retournai pour voir une voix qui me parlait…»

Se retourner, c’est faire un demi-tour, tourner le dos, changer d’horizon, ce qui impliquerait que l’écrivain et le lecteur du livre se détournent du papier et des lettes pour « regarder la voix qui parle ». Alors, la Bible n’est plus seulement du papier blanc de lettres noires, mais une sorte de « journal parlé’’, comme le « porte-parole » d’un Dieu dont la voix se donne à entendre et à voir. Mais quelle histoire, surréaliste, du papier fragile avec son encre noire et une parole certaine dans la lumière ! Il voit sept chanceliers d’or, les sept églises d’Asie mineure, à l’époque, comme les communautés chrétiennes du 8° arrondissement de Paris ! Alors, écoutons à notre tour ce que « l’Esprit dit aux Eglises ». Aux Eglises sur la terre des hommes et leur histoire quotidienne.

Et là j’en reviens, pour conclure, au journal, au quotidien, papier, écran, ou voix qui nous parle de notre solitude et des béatitudes, de l’actualité temporelle des hommes et de l’éternité éternellement présente de Dieu lui-même.

Le paradoxe, pour conclure cette chevauchée un peu désordonnée, est que le papier, pour en rester à la galaxie Gutenberg, le papier qui porte les mots des nouvelles et de la Parole, papier journal ou papier-bible, ce papier fait écran, il nous protège du choc impitoyable de la réalité, soit celle de l’actualité humaine vécue, soit celle de la sainteté divine entrevue. Deux exemples.

Pour le JOURNAL, dans une main, il y a une distance qualitative entre ce qu’il me raconte et ce que je vois dans mon quartier : des centaines de migrants échoués à Paris. C’est proprement ingérable et tant les aides particulières, que les solutions politiques sont momentanément insuffisantes. On mesure ainsi la distance entre savoir par le journal et voir dans la rue.

Quant au papier-bible, aussi respecté et noble que le papier journal est de tous usages populaires, il est aussi écran. Les vieux sages juifs du hassidisme disaient que le nom imprononçable de Dieu les protégeait de la vue insupportable de sa gloire ; « Nul ne peut voir ma face et vivre »… et l’écriture même de la Thora nous protège de la parole tellement lumineuse qu’elle nous brûlerait sans cet écran.

Ainsi le papier, de la Bible ou du journal est-il ce qui garde le témoignage et qui en même temps nous garde de l’incandescence. « L’Eternel, béni soit-Il, a dû restreindre l’intensité de sa lumière infinie pour créer les mondes afin qu’ils puissent recevoir cette lumière sans être aussitôt anéantis » (Le Maggid de Mezeritch, C. Chalier, p.159).

Toutes proportions gardées, quand nous célébrons la Sainte-Gène, il est juste et bon que le corps et le sang du Seigneur soient représentés par du pain et du vin et les paroles liturgiques conservées sur le papier.

Alors, en mémoire de lui, dans l’aujourd’hui de Dieu, le journal dans une main et la bible dans l’autre, nous sommes en communion avec et en lui les uns avec les autres.

Mais pour conclure, avec quelque audace, et puisque nous allons célébrer la Sainte-Cène, voici dans une main notre pain quotidien, fruit de la peine des hommes et du soleil de Dieu, et dans l’autre, à droite, la coupe du Royaume et le vin du sacrifice de Jésus-Christ et de la joie du Royaume de Dieu.

Amen

Hébreux 13, v 8 – « Jésus Christ est le même, hier, aujourd’hui et toujours … »

Prédication du Pasteur Michel Leplay,  le dimanche 18 octobre 2015

 

Chers amis, frères et sœurs,

PASTORALE

Je me réjouis de cette occasion qui m’est offerte de vous retrouver dans le cadre du 150ème anniversaire de notre communauté, de son temple original et austère. Dans cette chaire où vous m’avez si cordialement et souvent invité, je suis d’autant plus heureux en ce dimanche que je m’inscris modestement dans liste de célèbres prédicateurs et conférenciers. Pour n’en citer que quatre ou cinq, je me souviens avec gratitude de deux grands anciens, du temps de ma jeunesse, Charles Westphal avec un christianisme protestant fortifié par Karl Barth et expert en littérature, ouvert au dialogue judéo-chrétien, et mon aîné au groupe des Dombes, le grand Hébert Roux, théologien conciliaire et pasteur conciliant, qui porta à un haut niveau d’exigence et d’espérance notre vocation œcuménique dans le monde moderne. Il avait fait sienne avant nous cette remarque de Thomas Fallot reprise en compte par le président Marc Boegner : « L’Eglise sera catholique ou ne sera pas, le chrétien sera protestant ou ne sera pas ». Et je viens de découvrir que longtemps avant, en 1748, un autre penseur avait eu la même idée. Je cite : « Je disais : la religion catholique détruira la religion protestante, et ensuite, les catholiques deviendront protestants ». Signé « Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu et de la Brède » … Il détestait les jésuites, sa femme était huguenote !

Une pensée encore pour Eric Barde qui me confia, avec le sourire de sa bonté et au printemps 1968, le cadeau synodal de notre Commission du ministère pastoral. Enfin je n’oublie pas mon collègue Philippe Bertrand, le pasteur protestant comme on n’en fera peut-être plus.

Mais j’ai observé, au cours de mon service de l’Eglise réformée, que presque toujours le Seigneur donne la personne qui convient au ministère prévu, au prix d’adaptations réciproques il est vrai. Le protestantisme n’a pas de clergé. Mais le ministère pastoral a une consistance particulière, cette vocation au rassemblement de tous, dans l’attention à chacun pour entraîner la communauté au témoignage évangélique en parole et en acte. Comme le disait notre Confession de foi de La Rochelle en son article XXIX consacré au gouvernement de l’Eglise : « Quant à la vraie Eglise, nous croyons qu’elle doit être gouvernée selon l’ordre que notre Seigneur Jésus Christ a établi : c’est qu’il y ait des pasteurs, des surveillants et des diacres afin que la pureté de la doctrine ait son cours, que les vices soient corrigés et réprimés, que les pauvres et tous les affligés soient secourus en leur nécessité, et que les assemblées se fasse au nom de Dieu, et que les grands et les petits y soient édifiés ».

Que Dieu garde ainsi vos pasteurs d’aujourd’hui et de demain, comme ceux d’hier et notamment les présidents du Conseil de la Fédération protestante de France. Nous avons grand besoin de leur vigilance évangélique pour le témoignage chrétien.

« JESUS CHRIST EST LE MEME, HIER, AUJOURD’HUI ET POUR TOUJOURS … »

Deux souvenirs encore, avant d’être tout à fait sérieux.

Dans les Cévennes de mon premier ministère, la gardienne d’un temple de montagne disait souvent au prédicateur qui arrivait pour le culte : « Monsieur le pasteur, soyez court mais bref ». Elle voulait dire qu’il ne fallait pas parler trop longtemps et aller à l’essentiel …

Plus tard, à Amiens, nous recevions un ancien pasteur de la paroisse, aiguisé et fragilisé par les années, sa belle voix tremblait autant que ses petites jambes et il avait pris pour texte de méditation : « Dieu seul ne change jamais ». A la sortie le président du conseil presbytéral me souffla : « Il ne croyait pas si bien dire … ».

Assez et trop parlé de nous. « Parle, Seigneur, tes serviteurs écoutent ».

Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui, pour toujours …

Je développerai trois propositions, en essayant d’être « court mais bref », enfin je ne vous promets rien. Nous survolerons successivement concernant le même Jésus Christ :

  • d’abord le témoignage de l’Ecriture sainte
  • ensuite l’histoire de l’Eglise universelle
  • enfin l’actualité de l’Evangile éternel.

 

ALLEGRO VIVACE

Le témoignage des Ecritures – qui demanderait un long inventaire – peut se résumer en quelques points selon des textes bibliques que vous connaissez peut-être. Jésus dit : « Avant qu’Abraham fut, je suis ». Et encore « Au commencement était la Parole et la Parole a été faite chair ». Ou pour nous : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ». Et puis la prière finale : « Viens, Seigneur Jésus. Voici, je viens bientôt ».

Ainsi se termine l’Apocalypse. Jésus Christ le même, hier, aujourd’hui et ensuite, on peut traduire soit par « pour toujours », soit « éternellement ».

Un mot encore, sur le texte grec de notre verset : s’agissant de Jésus Christ il n’y a pas de trait d’union entre Jésus et Christ. Il y a comme un blanc, comme une attente, comme un parole non dite ou indicible. Tout le problème, comme la promesse, toutes les discussions sont dans ce silence qui sépare Jésus de Nazareth du Christ ressuscité. L’Ecriture en dit trop et pas assez, et ainsi commence l’histoire de l’Eglise … Et nous touchons les limites de la devise des Réformateurs : Sola Scriptura.

Il faudra la foi des Pères de l’Eglise pour tenter d’exprimer le mystère.

Je vais pour ce deuxième point, Jésus-Christ dans l’histoire de l’Eglise, me permettre des simplifications scolaires, comme si vous étiez des catéchumènes de deuxième année et moi un âne savant …

 

ANDANTE SOSTENUTO

Confessant que Jésus Christ est le Seigneur, les premiers chrétiens, avec Saint Paul notamment, posaient un problème sans le résoudre : cet homme de Nazareth venait de Dieu, il avait même dit « Moi et le Père nous sommes uns », plus encore, humilié sur la croix et mort comme un simple homme, il avait repris vie et pouvoir sur tout et sur tous, « pantocrator », nous promettant assistance et nous demandant obéissance, rassemblant et fortifiant sa communauté par la prédication de l’Evangile et la célébration de la Cène, repas eucharistique pour les baptisés.

Pressés par la polémique des païens comme par l’argumentaire de leurs philosophes, il fallait rendre compte de ce mystère incompréhensible pour la raison grecque et scandaleux pour le monothéisme juif.

Aussi de synodes en conciles, Nicée-Constantinople puis Chalcédoine, le christianisme des premiers siècles, parmi nombre de disputes, osa définir la double nature humaine et divine de Jésus Christ en une seule personne, puis avec son Père et avec le Saint Esprit, les trois de la trinité, mais un seul Dieu, éternellement béni.

 

MODERATO CATABILE

Au terme de ces discussions pas toujours glorieuses mais finalement conclues avec l’aide des empereurs, le christianisme avait trouvé sa stature de religion reconnue, acceptée, imposée, qui commence à trouver son apogée théologique avec Saint Augustin – votre voisin d’arrondissement mais surtout père spirituel de Martin Luther – et ce que je veux dire rapidement c’est que le christianisme assuré comme religion va progressivement se transformer en un pouvoir spirituel et politique pontifical et impérial, avec leurs querelles, de Grégoire VI au 11e siècle au Concile de Constance et le brûlement de Jean Huss. Mais Jésus Christ le même, hier, aujourd’hui et encore, en ces jours-là, veillait avec de petits pauvres qui étaient grands et préparait des renouveaux, par-delà les schismes avec l’Orient et puis en occident. Calvin aura eu raison d’écrire : « Soyons en convaincus, la vie de l’Eglise ne va pas sans résurrection, sans beaucoup de résurrections ». De nos jours, Karl Barth confirme : « L’Eglise est souvent attaquée au dehors, elle est encore plus souvent compromise du dedans ; elle n’en est pas moins animée d’une indestructible volonté de vivre ». Si Jésus Christ  est le même hier et aujourd’hui, voilà une promesse pour nous ici et maintenant.

Je continue à grands pas cette histoire de Jésus Christ de siècle en siècle. A partir de la Réformation qui est renaissance de la chrétienté en occident, nos sociétés, pour ne parler que d’elles, vont s’acheminer vers les idées nouvelles des philosophes, au siècle des Lumières. Ici commence, du moins pour l’occident, la fin de la chrétienté souveraine, de la domination des clercs et de la morale ecclésiastique. Même si les protestants s’en tirent mieux que les catholiques, nous sommes entraînés vers un phénomène de laïcisation qui atteint son apogée, et ses limites, de nos jours. Nous étions sortis de la religion, elle rentre par la petite porte.

 

FINALE I

Il reste à conclure ce survol en même temps trop long et trop rapide …En ces temps où de nouveaux philosophes témoignant d’une sorte d’islamophobie amplifiée par les médias, nous invitent parfois à une sorte de croisade défensive, je pense que la meilleure défense et illustration de notre bonne vieille religion chrétienne est toute entière dans la simple devise JOIE, SIMPLICITE, MISERICORDE.

« Oui, Jésus Christ est le même hier, aujourd’hui et demain », ce qui ne veut pas dire immobilisé sur la croix, tenu dans les bras de sa mère ou retenu par les liens de la mort, non, il est vivant. Ni peinture, ni sculpture, ni la croix et nos cantiques ne l’immobilisent. Qu’il soit le même hier et aujourd’hui, lui-même Jésus, mais aussi comme un autre, le Christ, enfin pour le dire de façon ramassée : « L’homme de Dieu pour les autres ». Il est avec nous, Il est en nous, et nous en Lui, et dans le Père. Il est le même lui-même, présent et fidèle, alors que nous sommes hésitants et versatiles. Sa tendresse prend soin de notre détresse et sa miséricorde vient au secours de notre misère. Pascal le dit bien avec son Christ au centre de tout : « La connaissance de Dieu sans celle de (notre) misère fait l’orgueil. La connaissance de (notre) misère sans Dieu fait le désespoir. La connaissance de Jésus Christ  fait le milieu parce que nous y trouvons et Dieu, et notre misère ». En somme, « non pas le Dieu des philosophes et des savants », ni même le Dieu des théologiens et des ecclésiastiques, mais le Dieu de nos frères, des plus petits d’entre eux, « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ». Et comme pour nous dire encore qu’Il est le même hier et aujourd’hui, il ajoutait « Vous aurez toujours les pauvres avec vous, vous ne m’aurez pas toujours ».

 

FINALE II

Encore trois mots, si vous m’en donnez le temps.Allez comprendre quelque chose à son incarnation actuelle chez les pauvres !  « Nostrae domini pauperes » : ils sont nos seigneurs et nos maîtres …

Que Jésus Christ soit le même hier, aujourd’hui et toujours inscrit sa fidélité dans notre temps et dans les siècles qui se suivent et ne se ressemblent pas. On pourrait distinguer successivement trois âges de notre histoire avec Jésus Christ. J’ai distingué le témoignage de l’Ecriture, et dans le temps de l’Eglise pour ainsi dire trois phases ou trois temps : on cherche mieux à comprendre et définir qui est ce Jésus Christ, Fils de Dieu, fils de l’homme, homme et Dieu. C’est le temps du christianisme. Suivra avec l’établissement et la suprématie de l’Eglise une sorte d’âge de pierre, celui de la chrétienté, après l’âge de chair du christianisme. Nous savons ce que la chrétienté a fait du christianisme, et comment la première a pu s’éteindre pour laisser place à un renouveau du christianisme de Jésus Christ. « Feu la chrétienté », aura diagnostiqué Emmanuel Mounier. Mais « le christianisme, on n’a pas encore vraiment essayé » ajoutera Séphane Hessel, après d’autres commet Théodore Monod …

 

CHORAL

Chacun de nous, chacun d’entre nous, sommes-nous prêts, es-tu un homme, une femme de foi en Jésus Christ seul, le même venu  habiter chez nous, le même hier et aujourd’hui, fidèle quand nous sommes infidèles, donne-lui ta confiance, aligne ton obéissance sur les Béatitudes et ta prière sur l’Oraison dominicale. Et au-delà de la parole et des phrases, faisons silence autour de la Table, il nous invite à communier avec Lui et les uns avec les autres, et nous sommes tous et toutes ses invités. Comme le disait une des grandes théologiennes de la littérature française :Nous sommes peut-être dans ce renouvellement du temps chrétien qu’un théologien catholique marqué par le bouddhisme nomme la CHRISTIANIE. Il entend par là, je le cite, « un retour à l’essentiel de l’Evangile, le Sermon sur la montagne, les Béatitudes et le Notre Père » et une spiritualité dont chez nous témoignent les communautés de Taizé, de Pomeyrol, des Diaconnesses ; JOIE, SIMPLICITE, MISERICORDE …

 

« Madame Gervaise parle :

Il est là

Il est là comme au premier jour

Il est là parmi nous comme au jour de sa mort

Eternellement il est là parmi nous autant qu’au premier jour

Eternellement tous les jours

Il est là parmi nous dans tous les jours de son éternité »

 

 

Amen

2 Corinthiens 3, v. 17 : « Le Seigneur est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté… »

Dimanche 11 mai 2008 – par Michel Leplay

 

Chers amis, frères et sœurs,

Au cours du récent culte de l’Ascension dans cette Église votre pasteur, mon collègue et ami, avait annoncé à juste titre que « l’ascension est la possibilité de la liberté des disciples… le Maître s’efface et ils vont être désormais au premier rang… » Fin de citation.

Je continue donc sur cette lancée, c’est le cas de le dire, puisque la Pentecôte est envoi en mission des apôtres qui, rassemblés, ont reçu le Saint-Esprit. Et il devrait depuis en être toujours ainsi dans la communauté chrétienne, rassemblée pour nous disperser, le dimanche pour toute la semaine, enfin pour aimer comme l’Évangile nous rappelle que nous sommes aimés, mais unis plus encore dans la force de l’esprit et dans cette « liberté » que donne l’Esprit et du Seigneur. Et voilà lâché le grand mot de LIBERTÉ sur lequel j’aimerai ce matin réfléchir avec vous en toute liberté protestante, sinon évangélique ! Car la Réforme du XVIe siècle a commencé avec la liberté que prit Martin Luther d’interpréter les Écritures à l’encontre de l’enseignement et de la pratique de son Église. Son premier traité polémique s’attaque à la captivité de Babylone, entendez la curie romaine, et se poursuit par un rayonnant appel à la liberté du chrétien. Il y insère cette fameuse définition, que je vous relis : « Le chrétien est un libre seigneur et n’est soumis à personne, Le chrétien est un esclave asservi en tout et qui est soumis à tous. »

Et cette formulation équilibrée sinon contradictoire reste bien le programme des chrétiens et de l’Église – conduits dans la liberté par l’Esprit du Seigneur. La Réforme protestante n’a pas échappé à cette promesse de liberté et à ce commandement d’obéissance, à cette dialectique de n’être libre que pour devoir servir, et de ne servir qu’en toute liberté ; mais je prends une image, simple, dont vous excuserez l’imperfection, sinon la trivialité.

Car si au XVIe siècle la Réforme a été un immense mouvement de libération des consciences, Luther a en quelque sorte ouvert la porte des écuries ecclésiastiques, les chevaux sont partis en galopant dans les verts pâturages de la liberté chrétienne, avec les conséquences parfois extrêmes que l’on sait, de la révolte des paysans compromettant l’ordre social à l’extrémisme des illuminés qui menaçaient la cohésion ecclésiale. Luther a sévèrement réprimé, mais il faudra attendre quelques années avant que Jean Calvin ne prennent les choses en main, et comment ! avec l’Institution chrétienne et la Discipline du consistoire : les chevaux sont alors attelés à la charrette de l’Église et les anciens et diacres tiennent biens les rennes, même si l’attelage évangélique a le mors aux dents et rue parfois dans les brancards. Saint Paul avait prévenu les corinthiens de cette condition paradoxale faite aux disciples et à leur communauté : « Le Seigneur est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté… » Car enfin, le Seigneur, c’est le Seigneur, le maître, le dresseur et le conducteur, le cocher, si vous voulez, et cependant c’est un Esprit de liberté qui nous rend responsables de nos faits et gestes. La discussion n’est pas close sur la liberté obéissante du chrétien, sur la grâce prévenante et la foi libérée, et sans remonter aux fameuses Provinciales de Pascal, au temps des disputes entre jésuites et jansénistes, nous avons à nous interroger aujourd’hui encore, en tant que citoyens et que chrétiens, sur cet étrange attelage du Seigneur qui nous conduit et de la liberté qui guide nos pas. Il faudrait relire le livre des Actes des Apôtres pour mieux comprendre cette articulation des directives du Seigneur qui est l’Esprit et de ses serviteurs appelés à la liberté. Tel apôtre part en mission sur une indication de l’Esprit, mais elle est confirmée par l’envoi et la reconnaissance communautaire. Comme il est dit après le concile synodal de Jérusalem : « Il nous a semblé bon au Saint-Esprit et à nous… » (Actes 15 : 22-29) J’espère qu’il en fut encore ainsi pour le récent synode national de l’Église réformée. Mais c’est toujours difficile de conjuguer la liberté des personnes et la cohésion de la communauté, comme on le cherche aussi dans notre bonne République, liberté, oui, égalité d’accord, mais fraternité, qu’est-ce que ça veut dire ? « Où il est, le couscous ? »

Nous voici revenus, chers amis, frères et sœurs, à l’actualité de l’Église et du monde. Est-ce par crainte de nous diviser sur les problèmes contemporains que nous préférons nous réfugier dans les anniversaires, l’assassinat de Martin-Luther King, en 1968 – et je rappelle que sur sa tombe on a précisément gravé ces mots : « Free, at last free, thank God almithy, I ‘m free at last ». Le prophète non violent n’avait-il pas déclaré lors de la fameuse marche vers Montgomery : « nous sommes en route vers le pays de la liberté.. » ? C’était plus modeste et plus réaliste que la pancarte plantée à nos marches de l’est par les armées du Rhin : « Ici, commence le pays de la liberté ». Un autre anniversaire, actuel aussi et pour également 40 ans, est celui de Mai 68. Je peux dire « j’y étais » comme mon père à Verdun ! Mais c’était moins dangereux. On prenait l’Évangile au pied de la libération, de la liberté, « étant désormais interdit d’interdire » et tous appelés à courir, « puisque le vieux monde est derrière toi ».

Je conclus avec quelques considérations personnelles soumises à discussion. D’abord un point théologique, et non des moindres, puisqu’il s’agit de la doctrine de la Trinité élaborée par les conciles de l’Église ancienne. Si « le Seigneur c’est l’Esprit », si « le Père et le Fils sont un », comment rendre compte de notre foi en un dieu unique et Père d’une famille de trois personnes, avec le Fils et le Saint-Esprit ? Liberté chrétienne de penser autrement, communion fraternelle de confesser ensemble ? Les protestants sont très divers sinon divisés sur ces questions, encore qu’elles intéressent peu de gens, mais nos dialogues tant avec le Judaïsme qu’avec l’Islam appellent une nouvelle réflexion sur la doctrine chrétienne de la Trinité.

Ensuite, encore pour l’Église, à la Pentecôte 1968 un groupe de chrétiens a célébré la Cène eucharistique. Parmi les protestants : non des moindres comme Georges Casalis ou Paul Ricœur, et parmi les catholiques : quelques prêtres célèbres qui avaient d’ailleurs prévenu leur pauvre évêque réveillé de bon matin … Célébration prophétique là encore, sur le chemin de la liberté.

Enfin, les étudiants en théologie, pour lesquels j’étais propulsé à la commission des ministères : tout était politique, si la politique n’était pas tout, et on s’orientait vers les professions socio-culturelles. Aujourd’hui, tout est religieux, si la religion n’est pas tout, et nous sommes distraits des engagements politiques. Alors, en toute liberté chrétienne et par responsabilité évangélique, conjuguons autant que possible notre commune appartenance au Seigneur et notre parfaite dépendance de son Esprit. Là serait la liberté obéissante, la responsabilité courageuse, le miracle encore de la Pentecôte, de toutes les langues en une seule parole, de toutes les différences en un mutuel amour, et notre course effrénée vers le pays de la liberté, chevaux sauvages domestiqués et attelage libéré par son conducteur. Prions, donc, mes frères, pour que le char de l’Église ne retombe pas dans l’ornière et pour que le train d’équipage de ce monde conduise les enfants des hommes vers la terre promise du royaume de Dieu et de sa justice. « Terre trop promise », ou « rêve inachevé » ? Je ne sais, mais Dieu est fidèle. Je le crois.

Amen.

 

Marc 2, 11 « Je te le dis : Lève-toi, prends ta natte, et rentre chez toi… »

Dimanche 22 février 2009 – par Michel Leplay

 

Frères et sœurs,

Je commencerai cette prédication – année Calvin oblige et plus ici qu’ailleurs ! – par une citation succulente du Réformateur français de Genève. Dans son Épître à Jacques Sadolet, « évêque de Carpentras, cardinal et illustre humaniste », il stigmatise le prêche des papistes, thomistes et autres sophistes. Dans cet extrait de cette Épître à Sadolet, il s’agit des sermons que le réformateur contredit ouvertement :

« Tu sais bien toi-même que ce n’était que pure sophisterie, voire et tant entortillée, tant mêlée, tant pleine de détours, et tant entre liée, que la théologie, scolastique ne pouvait dire, à bon droit, une certaine espèce de magie secrète… Quels sermons y avait-il en toute l’Europe, qui représentassent la simplicité en laquelle Saint Paul veut que le peuple chrétien demeure toute sa vie ? » [1]

Essayons à notre tour d’échapper à ces critiques acerbes d’autant qu’ils ne sont plus guère de saison dans la grande Église où l’on prêche souvent aussi bien que chez nous… Tant la prédication n’est pas chose facile qui devrait adresser aujourd’hui et maintenant une Parole de Dieu à chacune, à chacun, selon les mots mêmes de Jésus-christ dans l’Évangile de ce dimanche, lu et médité dans toutes les Églises chrétiennes :JE TE LE DIS…

Il y a, chers amis, une telle richesse d’enseignements dans cette belle histoire – si vraie qu’elle est rapportée par les trois Évangiles synoptiques avec peu de variantes, que je ne sais pas par où commencer et encore moins comment finir. Je retiens donc de façon arbitraire mais peut-être pédagogique, les trois points qui me semblent les plus accessibles et les plus actuels :
-   d’abord la SOLIDARITÉ humaine dans la détresse,
-   ensuite, notre FRAGILITÉ dans la faiblesse,
-   enfin, l’AUTORITÉ souveraine de la miséricorde.

La foule suit Jésus, comme toutes les foules quand il y a un élément mobilisateur, et elle s’entasse dans cette maison de Capernaüm qui est sans doute celle de Pierre, où le premier apôtre vit avec son épouse et sa belle-mère. Jésus est suivi, nous dit Marc, « parce qu’il annonce la parole », littéralement « il parle la parole ». Et nous n’avons dès lors, à notre tour et en son nom qu’une parole à annoncer, non pas nos paroles humaines fussent-elles pastorales, mais la Parole de Dieu qui délivre et bénit, qui relève et met en route. « Je te le dis, lève-toi… »

1- La SOLIDARITÉ

Cette expédition salutaire me semble bien exemplaire de la condition humaine de détresse : il faut s’y mettre à plusieurs. Il faut faire équipe et n’est solide que ce qui est solidaire ; voyez plutôt les porteurs : si l’un des quatre lâche prise, le brancard se déséquilibre et le paralysé chavire. Chacun porte sa part à son poste ; Chacun compte comme un unique, indispensable. Et c’est une belle définition de la solidarité humaine, au-delà même de son origine religieuse, comme on le voit par exemple dans « La Peste » de Camus.

A Capernaüm, donc, ce sont quatre camarades qui rendent au paralysé le service de l’amener vers Jésus. Les quatre gaillards avec leur casquette ou leur bonnet, en savates ou en baskets, enfin ces cortèges de fraternité solidaire comme on voit passer avec les Samu de Paris ou les brancards de Lourdes, ces faibles forces réunies en harmonie pour porter vers l’espérance les plus démunis d’autonomie. Mais on peut renverser la situation et découvrir aussi dans cette belle solidarité que c’est le pauvre paralysé qui enrichit les porteurs de la confiance qu’il leur fait pour le transporter en haut de l’escalier, puis sur la toiture découverte, et le descendre enfin avec les quelques cordes de leur amicale miséricorde pour sa misère, la nôtre, mes frères. Le paralysé de Capernaüm, est étendu sur son « grabat », soit un pauvre petit lit bas de malade, qu’on traduit aussi par paillasse, brancard, enfin chacun donnera un nom au meuble de sa condition, la paillasse du érémiste, le grabat du malade, le lit du bourgeois, le brancard bleu du blessé secouru, ou la civière qu’on escorte. Mais à, chacun, il y a une parole, « je te le dis », prends-toi en charge, emporte ce qui te portait, sois délivré de ta charge et va dans ta maison, chez toi pour être enfin toi-même, et sabler le champagne avec tes camarades ou aller à l’église chanter un Te Deum…

2- La FRAGILITÉ

Car il me semble, en second lieu, mais plus brièvement, que dans cette histoire le pardon des péchés et la guérison des maladies sont les deux faces d’une même faiblesse prise en compte par le bon Sauveur. La dispute avec les pharisiens permet d’apprendre que notre individu est en effet indivis, indivisible entre le corps et l’âme que les grecs distinguaient, alors que dans la perspective hébraïque l’être est comme créature vivante à laquelle Dieu donne le souffle terrestre. Et c’est, je crois, dans les plus grandes détresses, que nous réalisons combien notre être entier, dans sa fragilité d’esprit, d’âme et de corps attend la rédemption et la gloire à venir. Notre sœur Myriam le dit bien dans un chapitre de la Règle de Reuilly :

« Tombe dans les mains de Dieu avec ta faiblesse et ta douleur. En cette épreuve de pauvreté tu prends part à toutes les détresses de la terre et la douceur du Christ t’accompagne… » [2]

3- l’ AUTORITÉ

Après la solidarité humaine qui vient en aide à nos fragilités individuelles, reste le plus important qui est l’autorité de Jésus lui-même. Et deux remarques actuelles à ce sujet.

D’abord une enquête ou un sondage récent ont fait apparaître très nettement que dans la mentalité de nos contemporains, l’image de Jésus est intacte, reste positive, quelle que soit la définition qu’on donne de sa personne, alors que les Églises n’ont plus de loin le même attrait, quand elles ne sont pas repoussées. Heureusement qu’à côté d’exemples désastreux de contre-témoignage il y a encore des grandes figures christiques de solidarité et d’amour, dans toutes les communautés chrétiennes.

Ensuite il convient que dans notre culture d’héritage judéo-chrétien on tienne compte de l’unité de l’être dans toutes les composantes de sa personne. C’est la règle d’or des Comités d’éthique et de la recherche en cours sur les lois les meilleures ou les moins mauvaises qui pourraient encadrer les progrès de la médecine.

(JPEG)

Je conclus. L’année Calvin ne fait que commencer, et je vous fais grâce de tous les autres anniversaires de naissance qui s’empilent dans les agendas, de Louis Braille à Félix Mendelssohn, pour ne garder ici-même que la mémoire de St Paul dont c’est aussi l’année. Car il avait écrit au Éphésiens une épître dont je vous lis un passage. Ainsi je vous exhorte à porter le corps de la pauvre Église, souvent grabataire, en vous supportant les uns les autres, pour que nous étant levés nous soyons cette semaine, dans notre maison, chez nous, avec Dieu, et Dieu avec nous qui a fait sa demeure en nous :

« Je vous en supplie donc… vous que Dieu a appelés, conduisez-vous d’une manière digne de cet appel. Soyez toujours humbles, doux et patients. Supportez vous les uns les autres avec amour. Efforcez-vous de maintenir l’unité que donne l’Esprit Saint par la paix qui vous lie les uns aux autres … Il y un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, qui agit par tous et demeure en tous. »  [3]

Ainsi soit-il


[1] Calvin Œuvres Choisies, O. Millet, p. 86

[2] la Règle de Reuilly, p. 114

[3] Épître aux Éphésiens, 4 : 1-5