Esaïe 40, 1- 11 et Ephésiens 4, 17-31 – En cette nouvelle année, soyons Homme Nouveau !

Prédication du Pasteur Béatrice Hollard Beau, pour le dimanche 10 janvier 2015

Amis frères et sœurs, on est au début de l’année et même le 10 janvier on s’adresse encore des vœux. Eh bien moi, je vous souhaite à vous tous d’être « Homme Nouveau ».

Qu’est ce que pourrait représenter l’homme Nouveau ?

J’ai fait un petit test avec un groupe de chrétiens récemment, et plusieurs m’ont dit que cela leur fait penser aux thèses actuelles de l’Homme Nouveau inspirées du penseur Isaac Guetz : une sorte de voix de liberté où il n’y a plus aucune contrainte hiérarchique, dans aucun domaine. La notion de « pouvoir » est complètement abolie et partagé par tous.

L’homme nouveau, est un homme responsable et libre.

Même si cela touche aussi la liberté. Vous imaginez que ce n’est pas tout à fait l’homme nouveau sur lequel j’aimerais méditer avec vous, mais ce n’est pas pour autant une notion moins contemporaine. Après l’Apôtre Paul qui l’a déployé dans plusieurs épitres, L’homme nouveau, réalité nouvelle, le théologien Karl Barth en parlait dans les années 1960 dans un ouvrage « la réalité de l’homme nouveau ». De même Bonhoeffer s’est beaucoup inspiré de cette réalité biblique de l’homme nouveau pour résister et témoigner en prison. Cette réalité lui a permis de se sentir libre et de vivre. Le texte d’Esaïe n’est pas si éloigné de cette vocation.

Paul écrit qu’il faut se débarrasser du vieil homme pour devenir « homme nouveau ».

Le vieil homme, c’est ce que nous étions avant de « naître de nouveau en Christ » par le baptême ou la conversion. « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Cor. 5, 17)

Aujourd’hui l’Homme nouveau apparaît dans l’épitre aux Ephésiens, belle épitre controversée quant à son origine, écrite dans les années 60, qui a une portée universelle et actuelle.

L’auteur fait comprendre qui est l’homme nouveau, en l’opposant au vieil homme : il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme, qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses.

On pourrait penser que quitter le vieil homme qu’on endosse est une leçon éthique.

Mais pas du tout. L’auteur pour quitter le vieil homme dit ceci : ne vous conduisez plus, littéralement, dans la ‘vanité’ de l’intelligence.

Et un peu plus loin, il ne faut pas agir comme des païens, eux ont été enténébrés, ils ont été étrangers à la vie à cause de ‘l’ignorance’. Ceci a fait qu’ils sont devenus insensibles et durs de cœurs.

C’est leur ‘ignorance’, dit d’auteur, qui les rend vieil homme et étrangers à la vie de Dieu.

Mais qu’est ce que l’ignorance ? On pourrait se dire et c’est terrible que pour devenir « homme nouveau », il faille être savant : Non.

Etre selon le vieil homme, cette ignorance, c’est ne pas connaître Christ, la vie de l’Esprit, c’est rester avec l’Esprit de chair, dans la vanité de l’intelligence, c’est à dire avec des idées préconçues. Rester en soi, fermé, rude, dur de cœur. Dur avec soi-même et avec les autres. C’est rester dans le fabriqué par l’homme, le Pré-fabriqué, s’en tenir à la parole de chair qui se fane, qui devient irritation, colère, mensonge, convoitise, l’enfermement.

Revêtir l’homme nouveau, vivre en Christ, c’est ne pas rester dans l’ignorance, c’est faire entrer en soi l’Esprit Saint. C’est marcher avec la vie en Dieu, respirer, ‘inspirer’ la liberté.

Paul dit dans le texte qu’il faut être transformés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau. Revêtir l’homme nouveau, c’est se laisser traverser, transformer, se laisser convaincre par l’esprit qui est souvent contraire à soi, se laisser créer de Dieu, lâcher les amarres,

C’est adopter une posture d’écoute, de chasseur ; et qui dit écoute, dit d’abord, faire silence en soi. Se taire à soi, relativiser sa parole de chair, écouter cette parole qui subsiste à toujours. Imparable inspirer la Parole. La capter au vol !

Se laisser créer, fabriquer, sachant que ce n’est pas nous qui créons, mais l’Esprit Saint. Elle fait du bon, elle nous fait dire et faire du bon.

Revêtir l’homme nouveau, inspirer, s’inspirer se décide chaque jour, en Eglise, hors Eglise disait Bonhoeffer. Dans nourriture dans l’Evangile ou est le Christ, mais aussi dans la nourriture de l’Evangile ou est l’homme, parce que le Christ est là.

Dans toute les nourritures inspirées, la musique, la peinture, partout dans cette vie de l’Esprit, hors de soi, qui nous renouvelle. Dans la liberté. Le Christ est là, près de soi dans l’écoute.

Mais si la vocation de l’homme nouveau chaque jour, c’est inspirer la parole, c’est aussi après avoir respiré la parole de Dieu, (amour), expirer la Parole, du Saint Esprit que se dégage justice et Sainteté, par ce que cette justice n’est pas la nôtre mais toujours celle de Dieu, de même que la vérité est le moteur de l’Esprit. Elle n’est que là, la justice.

Nous sommes missionnés à la vérité : à dire cette parole de liberté, de vérité de bonté, cette parole de Dieu qui demeure à jamais, c’est celle de Dieu. A l’instar de Jérusalem, qui devait témoigner de la Parole.

Il est donc important d’être homme nouveau et s’inspirer en soi l’Esprit, cette parole, c’est à dire ne pas être mangé par les choses périssables et mortelles, ne pas se manger par soi, aller vers les perspectives de vie.

Quelque fois avoir la force de dire non, mais aussi dire Oui furtivement, après avoir dit non.

Parce que Dieu dit oui en vous, c’est cela revêtir l’homme nouveau, résister à la chair de la mort, pour après expirer la Parole de vie. Témoigner.

Proclamer la parole de Dieu donne la justice de vie. Il n’y a pas d’autres justices que la vie.

Mais pour cela il ne faut pas rester statique, si l’on ne respire pas, on est mort. Si l’on est dans le statique, dans des préjugés, on n’est plus dans réalité de l’homme nouveau.

L’homme furtif dépasse notre raison, nous rend un peu prophète et bons.

Karl Barth écrit, le nouvel homme est créé de Dieu, tend vers Dieu. Il faut se laisser renouveler par son intelligence, dans l’action de Dieu : la vérité éternelle vivante et salutaire n’est pas statique, mais dynamique, l’Esprit qui fait bouger. Il écrit alors, Elle est active, elle opère et elle crée. Il continue, écrivant : Elle est l’acte créateur de Dieu. Je cite encore : l’acte par lequel, il est présent et agissant, par lequel il se révèle comme Sauveur. C’est cette vérité là qui crée l’homme nouveau et qu’il doit proclamer.

Enfin, et je terminerai ainsi, l’homme nouveau, Esaïe l’avait compris, c’est vivre de la Parole créatrice qui donne vie. Dieu nous envoie le Rédempteur, Christ qui grâce à sa Croix et sa Résurrection, nous donne l’Esprit de VIE qui nous nous demande d’aller crier, expirer la parole dans le désert, d’être fort messager de Dieu,

Respirer, expirer c’est alors niveler la steppe, relever le vallon vers le haut, pour laisser parler Dieu. Laisser faire, l’Esprit, en montant, la haute montagne c’est dur parfois, c’est laisser en bas le bas, s’en écarter, et surtout ne pas se trainer ver le bas, C’est se propulser vers le haut dans le futur! Jamais dans passé. Le présent est futur. En hébreu, il y a l’accompli et l’inaccompli. Le présent est toujours inaccompli.

Ainsi en étant homme nouveau, vivant de cette parole, que Paul eut la force et l’inspiration de créer l’Eglise d’Ephèse durant un premier séjour et pendant un deuxième séjour plus tard, vers les années 55. Paul solidifia cette Eglise en enseignant en premier aux Juifs et puis après dans l’école d’un dénommé Tyrannus. Par la proclamation de la parole les païens reçurent la ‘la vérité en Christ’ et Ephèse fut évangélisée et devint un des lieux importants du christianisme pour les païens. Paul est monté sur la montagne, il a proclamé en se tournant vers le haut, vers le désert et l’impossible. Karl Barth a exprimé grandement la création possible de l’homme grâce la réalité de l’homme nouveau, grâce à Dieu. Bonhoeffer grâce à la réalité de l’homme nouveau a résisté à l’Eglise et a témoigné de Dieu avec courage.

Il nous faut être ‘homme nouveau, vivre dans la dynamique de l’Esprit’, et avec courage, ne pas être dans l’ignorance de la parole. Entendre cette voix furtive, la capter.

Attention à ceux qui veulent freiner l’Esprit : N’attristez pas l’esprit dit le texte, utilisez cet esprit. Ne rester pas dans l’ignorance de la Parole qui enténèbre,

Etre nouveau, homme nouveau, c’est monter sur la haute montagne être ouvert au lendemain en Christ. C’est ne pas avoir peur. C’est dire des mots, bons, de grâce, de liberté. C’est inspirer, respirer, expirer le souffle, être envoyé en joyeux messager, qui donne la grâce, ainsi et qui fait grâce, parce qu’il est libre, comme Dieu nous a fait grâce en Jésus-Christ, lui qui nous a apporté la respiration de la vie. Nous devons être homme nouveau, respirer, souffler la vie et en témoigner.

 

Amen

Un point essentiel du Protestantisme

Le dimanche 25 octobre 2015, par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau

Amis frères et sœurs, nous voici en ce culte de la Réformation avec un texte de l’Evangile de Matthieu, et jamais je ne m’étais aperçue à quel point Jésus était un Réformateur avant l’heure, aussi proche des préoccupations de nos Réformateurs (notamment Luther).

Jésus est à Jérusalem et va entrer dans sa passion, l’atmosphère est tendue pour lui, car il sait qu’il va quitter ses disciples et la relation qu’il vit avec les scribes et les pharisiens se dégrade de jour en jour ; Il n’a plus rien à perdre, alors il va enseigner les foules et les disciples en allant droit au but, à l’essentiel…

Jésus va leur dire les faits qu’il déplore et, ce qui est étonnant, c’est qu’ils correspondent pour certains, étrangement à 3 points essentiels qui ont contribué à la Réforme.

Cela peut nous faire réfléchir au protestantisme et à ce qu’il implique pour nous.

1er point, au début du récit, Jésus va protester contre les scribes et les pharisiens; il s’agit de la classe dirigeante de la synagogue. Jésus se plaint de leurs pratiques de religiosité qui empêchent d’accéder à Dieu parce qu’elles accablent les fidèles. Jésus dit: Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les hommes, alors qu’eux-mêmes se refusent de les porter.

Cela fait penser au moment de la Réforme à la pénitence et à la confession des péchés, qui représentaient pour les fidèles de véritables fardeaux : en effet selon la doctrine catholique en vigueur, le péché était effacé par le sacrement du pardon (la confession).

Mais aucun sacrement n’effaçait la peine temporelle due au péché (qui se traduit par un passage par le purgatoire), si elle n’était pas d’abord purgée sur terre par des actes de foi et de charité (appelé l’acte de réparation). Cette peine temporelle pouvait être atténuée voire effacée par l’indulgence partielle ou plénière. Cette réparation, était souvent accablante et un véritable fardeau pour le fidèle ; Luther proclama la mort des indulgences car la mort de Jésus rachète le péché des hommes. Il écrit :

« Je ne blâme pas tant les grandes clameurs des prédicateurs de l’indulgence, mais le faux sens adopté par le pauvre, simple et grossier peuple, Cela me fait mal et me rend malade. Ils croient que les âmes seront tirées du purgatoire dès qu’ils auront mis l’argent dans les coffres. À tout chrétien repentant, la rémission plénière de la pénitence et même du péché est DUE (Christ) sans lettre d’indulgence. Il faut l’enseigner aux chrétiens, que celui-là s’attire non les indulgences du pape, mais l’indignation de Dieu. » Pas d’IDOLE d’indulgence : tous sont pardonnés en Christ par sa Grâce. Point essentiel de la réforme.

2e point : alors en dehors de ce fardeau de la pénitence, il y a un 2ème refus cité par Jésus : il concerne l’attitude des pharisiens : ils aiment occuper les première places dans les diners et les synagogues, être salués sur les places publique et à s’entendre appeler maitre par les hommes.

Là aussi : on peut avoir à l’esprit ces reproches de Luther qui déplorait ‘les abus de l’Eglise’. Mais cela va plus loin que cela : ce n’est pas seulement l’attitude qui pose problème, mais le fait qu’elle opérait une vraie SEPARATION entre le magistère de l’Eglise, et le commun des croyants : par ex. certains avaient droit à la coupe et d’autres pas, la coupe aux laïcs !disait Luther.

L’affirmation du sacerdoce universel, que Luther va développer à partir de la 1ère épitre de Pierre va mettre en égalité tous les croyants et baptisés entre eux.

Pas d’idole du magistère ! Tous ont accès au Christ qui sauve tous. Luther écrit :

« On a inventé que le Pape, les Evêques, les prêtres, seraient appelés état ecclésiastique, et les Princes, les Seigneurs, les artisans et les paysans l’état laïque, ce qui est certes une fine subtilité et une belle hypocrisie. Mais personne ne doit se laisser intimider par cette distinction, pour cette bonne raison que tous les Chrétiens appartiennent vraiment à l’état ecclésiastique, il n’existe entre eux aucune différence, si ce n’est celle de la fonction, comme le montre Paul en disant (I Cor. 12 ss) que nous sommes tous un seul corps, mais que chaque membre a sa fonction propre, par laquelle il sert les autres, ce qui provient de ce que nous avons un même baptême, un même Evangile. Point essentiel de la réforme.

3e point : enfin, il y a un dernier point que relève Jésus, qui englobe le tout, et central aussi pour la Réforme et sur lequel j’aimerais attirer votre attention : n’appelez personne sur la terre « votre Père », car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste. Le seul Père est le Père.

Pas d’IDOLE, seul le Père est le Père : C’est ce recentrage radical sur Dieu, que déclare aussi Jésus qui fait la Réforme. ‘Soli Deo Gloria’, englobe tout ce qu’on vient de voir. Il est étonnant qu’il fût exprimé par Christ aussi.

Alors oui, PAS d’IDOLE, Luther écrit : « Dieu est le seul qu’il faut adorer et prier. Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux, Toute sa vie trouver Dieu qui vous sauve et en Christ.

C’est l’essentiel de la Réforme : pas d’idole. Se recentrer sur Dieu qui seul sauve et tous .Il est le SEUL maître qui guérit et sauve. N’appelez personne maitre, si ce n’est Dieu. Christ est sa Révélation, révélé en l’Ecriture, en la Parole par l’Esprit.

Alors, en ce jour de fête de la Réformation qui remémore ce 31 octobre 1517, où les 95 thèses sont affichées par Luther (controverse à propos des indulgences), il faut se remémorer l’essentiel : pas d’idole, Dieu le Père est le maître et sauve cet état ecclésiastique que nous formons, dans le sacerdoce universel des baptises, de fidèles, en Christ qui est le seul Saint.

Alors aujourd’hui, on croit qu’être protestant, c’est protester. C’est faux ! Tout le monde proteste.

On croit aussi qu’être protestant, c’est s’engager pour des œuvres. Pourquoi pas ! Il y a bien sûr des œuvres, d’évangélisation, des œuvres caritatives fondées par des protestants, et bien ancrées dans le protestantisme. Mais comme le dit Luther, les œuvres peuvent être aussi une idole. Mais si l’on s’engage comme le dit John Bost, le créateur de la fondation éponyme, « au nom de mon maître », au nom de Dieu qui sauve, au nom d’une égalité où tout homme doit être sauvé et aidé, alors là, on est dans un démarche protestante (principe protestant de P. Tillich), quand Dieu est le premier dans l’engagement.

Le protestantisme est vraiment, et a été au départ ce recentrage sur Dieu où Christ seul est saint et sauve tous. Soli deo gloria. Pas d’IDOLE. Cela conduit bien sûr à un certain rapport à l’homme, une certaine ouverture, un sens du dialogue, de la dialectique, un engagement, une tolérance, car tous sommes égaux et unis, pécheurs, avec un seul maître.

Au nom du maître seul, le protestantisme relativise ainsi tout pouvoir, toute idole, toute idées de homme considérée définitive au-dessus des autres, car elle devient une idole si elle n’est pas débattue et remise en cause, avec l’autorité de l’Esprit. Le protestantisme relativise les doctrines, les institutions (fabriquées par l’homme) au nom de seul Dieu qui crée. Il fait la différence entre ce qui est « de Dieu », et ce qui est fabriqué par l’homme, même les sujets et décisions de synode peuvent être remises à l’ordre du jour quelques années après. Semper reformanda. Pas d’idole !

Le protestantisme est attentif aussi à ne pas se faire d’idole de soi-même non plus. Ne pas rester enfermé avec des idées arrêtées. Jésus le dit aussi après avoir dit Soli deo gloria, « ne vous faites pas appeler ‘docteurs’, et soyez humbles, le plus grand sera votre serviteur.

Le protestantisme met Dieu en premier et demande de se mettre sous le règne de l’obéissance de l’Esprit, sous le règne immédiat de Dieu, écouter et se transformer.

Alors je voudrais terminer en insistant sur le fait que les gens font souvent une erreur. Au nom du protestantisme, ils croient que ce qui fait le protestantisme, c’est une posture : une humilité, service à l’autre, avoir une certaine façon de se comporter, de se vêtir, une certaine sobriété ou une certaine éthique, même une politique, une musique, ne pas être catholique… C’est faux ! Ce qui est protestant, c’est ne pas se faire d’idole : la place de Dieu dans sa vie qui fait faire des choix et qui occasionne un lien aux autres, et à soi-même. Une liberté.

Il devrait se nourrir régulièrement de l’Ecriture et de là, tirer son éthique révisable.

Je serais favorable aussi à ce que les œuvres protestantes affichent des textes bibliques.

Le protestant est enfin quelqu’un qui marche dans confiance en Dieu, qui s’engage dans le monde auprès des hommes dont il fait partie, pas mieux que les autres, qui pense que tous sont dans une sorte d’égalité où seul Christ est à part et saint, et que tous méritent la vie par le Christ en sa grâce.

Dans tous les sujets d’actualité : la réflexion sur le climat, éthique, l’écologie, la question de l’écoute de Dieu doit être première, et doit déclencher une écoute singulière de l’homme. Mais là aussi, attention à l’écologie intégrale (humaine) remise au compte du protestantisme, aussi humaine soit-elle, il ne faut pas mettre l’homme en premier, mais en second après Dieu. PAS d’IDOLE, autrement ce n’est pas un principe « protestant ».

Dès que Dieu est placé en premier, on agit alors dans la confiance, en espérance, et dans la résistance aussi, avec liberté.

Alors, nous qui allons vers les 500 ans de la réforme 2017 : pas d’idole, de la CONFIANCE en Dieu bienveillant, de la confiance en l’autre et en soi, cela nous permettra de viser juste.

Cherchons à protester, c’est à dire à confesser le règne de Dieu en Jésus-Christ vivant, engageons-nous avec liberté pour l’homme au nom de Dieu, notre maître qui le premier s’est engagé et nous donne sa vie par grâce. Soli deo gloria !

 

Amen

Marc 1, v17-31 – Pêcheur d’hommes

Le dimanche 11 october 2015, par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau

 

Amis frères et sœurs, qu’est-ce qu’être « Pêcheurs d’hommes » ?
C’est l’une des plus belles expressions de la Bible. Elle est attribuée à Jésus, dans un passage de l’Evangile de Marc. Il trace aux disciples la voie de sa suivance.
Jésus cheminait le long de la mer de Galilée et quand il vit ses disciples pêcheurs, Simon et André, Jacques et Jean fils de Zébédée, en train de jeter leur filets dans la mer.
Il les invita à laisser leurs filets, à le suivre, et à devenir pécheur d’hommes.

Alors, qu’est-ce qu’un pêcheur d’homme ?
Certains exégètes disent qu’il faut se référer aux deux premières pêches miraculeuses pour comprendre cette métaphore évoquée par Jésus.
Une action miraculeuse que le disciple serait susceptible faire aussi.

Un Pape, en s’adressant aux évêques, précise que le terme « pêcheur d’hommes » désigne le fait que les disciples doivent jeter les filets de l’Évangile afin que les humains puissent ensemble adhérer au Christ,

Un autre Pape quelques siècles plus tôt, précise qu’après la conversion, après avoir été pris soi-même dans des filets, il ne faut pas revenir aux péchés, et Être pêcheur d’hommes consisterait alors produire une vie meilleure, à son prochain.

Il y a beaucoup d’explications qui jaillissent de cette métaphore. En tout cas toutes évoquent le lien à l’Evangile, et des filets pour attraper les chrétiens. Cela vaut la peine de s’y plonger, y compris sur le texte qui suit, qui est un récit de guérison qui l’éclaire. En effet ‘pêcheur d’hommes’ semble une vocation importante à revisiter aujourd’hui.

Alors il me semble comme le dit ce dernier Pape que dans cette expression pêcheurs d’hommes, une insistance particulière est portée sur le mot HOMME. Je crois, que les pêcheurs auraient été cultivateurs, Jésus les auraient appelés peut être cultivateurs d’hommes, architectes d’hommes. Pour suivre Jésus, ne faut-il pas une conversion radicale à l’Evangile, mais ayant comme but ultime l’homme ?

En tout cas, ‘pêcheur d’hommes’, c’est ‘LE’ ministère vécu à l’extrême par Jésus, venu pour sauver l’homme ; il est venu affirmer que l’homme est au-dessus de toute valeur, y compris la loi, et même le bien (c’est pour cela qu’il mange avec les péagers et les prostituées…)

Mais qu’est-ce que concrètement inviter des disciples à devenir pêcheur d’hommes ?
Un renoncement à soi ? Le suivre, laisser son filet et renoncer à la vie pour l’homme?
Non, si Jésus est l’archétype du pêcheur d’hommes, et vit sa Passion, c’est pour la VIE.

Alors qu’est-ce que pêcheur d’hommes ? Si ce n’est pas vivre la PASSION, est-ce vivre la COMPASSION ? C’est vrai que la compassion est un sentiment très souvent vécu par Jésus auprès de personne qu’il rencontre : il est ‘ému aux entrailles’. Mais justement, ce verbe n’existe dans la Bible que pour Jésus, et c’est peut-être n’est pas pour rien…

Est-ce que l’homme dont l’amour est limité, arrive à la vraie compassion ?

J.J. Rousseau (protestant) justement dit que non. Il a remis en cause les capacités de l’homme à être compatissant. Il récuse le côté altruiste de sa compassion. Le souci de l’autre serait en fait une partie prenante du souci de soi. ‘C’est pour ne pas souffrir moi-même que je ne veux pas que l’autre souffre. Je m’intéresse à lui, par amour de moi.’

Il voit dans la compassion plutôt assez souvent une passion égoïste, et s’interroge même sur le sentiment d’humanité naturel qui nous fait reconnaître l’autre comme semblable. La pitié, la compassion serait une sorte de disposition naturelle, qui fonderait la règle d’or qui existe dans toutes les religions, y compris dans le confucianisme : « Ce que tu ne souhaites pas pour toi, ne l’étends pas aux autres. »

Annah Harendt va encore plus loin en ce qui concerne la compassion. Elle écrit que pour des êtres dans la vraie souffrance, même la compassion n’enlève pas la perte du monde. La compassion l’aggrave parfois, car elle renvoie encore plus à une fausse égalité.

Alors qu’est-ce que pêcheur d’hommes ? Sur quelle voie de suivance le disciple doit aller ?

Le 2ème récit qui suit pourrait donner une piste.

Jésus, archétype du pécheur d’homme va pêcher l’homme et le guérir.

Dans ce récit de guérison, Jésus enseigne dans une synagogue et là il y a un homme possédé d’un esprit impur qui va parler. L’esprit impur dans ce texte est manifesté par cette phrase qu’il dit : Jésus de Nazareth tu es venu pour nous PERDRE.

L’esprit impur est l’esprit de mort. Et Jésus, va guérir en faisant taire l’esprit de mort, en museler cette parole, la faire périr, et va faire sortir cet esprit négatif

S’il est bien entendu que c’est Dieu qui guérit, qui transforme et apporte la bonne nouvelle de la vie de la grâce, on peut se demander si être pêcheur d’hommes, ce n’est pas pour le disciple, par l’évangile de Dieu, et l’espérance, être missionné pour combattre l’esprit de mort, en toute personne qui ne voit pas la vie ? A dévoiler la grâce.

C’est vrai que l’esprit de mort n’est pas un quelque chose ‘loin des disciples’, ni loin de nous.

Il y en a beaucoup de ses ces paroles de ces pensées qui bloquent, paroles de mort sans espérance, paroles qui dénigrent qui mènent nulle part, en tout cas pas vers le haut… qui ne voient pas de solutions de vie.

Beaucoup de paroles y compris en soi-même sont des paroles qui contrent.

Très souvent lorsqu’on dit quelque chose de positif, immédiatement, son esprit met en place une parole qui contre. Tout homme fait cela. C’est l’impur (le revers de l’Esprit)

Alors comment fait Jésus pour contrer l’esprit de mort ? Il s’adresse à l’autre, il fait taire et musèle la parole de mort, l’impur. Et la parole sort.

Elle est pleine d’autorité dit le texte. L’autorité est ce qui va vers le haut vers la vie. Les gens s’en étonnent.

Etre pêcheur d’hommes ne serait-ce pas, nourri soi-même de la force spirituelle de cette Parole, de vie en Christ : la déployer vers le haut. En redonner sa force, comme dit l’Epitre aux Hébreux, comme un glaive à double tranchant.

Une parole dégagée de soi, libre qui ne sert jamais ses intérêts, elle est au service.
Ce n’est d’ailleurs que comme cela qu’elle est missionnaire.
Une parole pleine de l’Esprit Saint, de vie et de courage : qui risque.
Seule, celle-ci qui fasse avancer le monde, la vie.

Alors je voudrais terminer en disant que être Pêcheur d’hommes est une vocation, solide qui peut nous nous être donnée parce qu’on a été repêché soi-même par la grâce.

Pêcheur d’hommes est bien au-delà de tout le langage compassionnel, qu’on entend d’aujourd’hui, ne sert pas à grand-chose, car souvent il est statique.
Là où un pêcheur d’hommes se situe par sa Parole ou son action, dans un ENGAGEMENT, poussé par une force motrice : l’Esprit.
Si elle s’expose, elle ne met pas en danger, parce que Christ est devant, un appui un abri et qu’il faut le suivre.

Pêcheur d’hommes invite soi-même à se taire et à faire TAIRE, à prendre des risques peut-être à y laisser des plumes, en communion, avec celui qui a été et est le Pêcheur d’hommes, Jésus-Christ.

Les défis familiaux qui existent aujourd’hui compliqués, y compris tous ceux qui existent aujourd’hui dans le monde, l’imposent ; je ne parle pas des migrants sur la mer, du climat, des personnes qui sombrent dans un océan de grisaille ‘où il faut les tirer, hors des eaux salées de la mort et de l’obscurité dans laquelle la lumière du ciel ne pénètre pas’.

Oui, ces défis imposent d’être pêcheur d’hommes : une Parole, une action qui permet la vie. A toute échelle il est possible et indispensable de le vivre. En tout cas, c’est une question que chacun que peut se poser chaque jour (même à toute petite échelle).

C’est cela se convertir à l’Evangile, sans filet, dans la confiance en Dieu comme le demande Jésus. Alors ce qu’il y a de magnifique c’est qu’en pêchant on est repêché soi-même, l’Esprit de Dieu nous apporte alors la grâce. Pêcher, repêcher sans cesse….

 

Allons voir ce qui est sous l’eau ! Il y a toujours quelqu’un à repêcher …

 

Amen

Genèse 2, 18-20 et Hébreux 2, 9-13 – quelle fraternité ?

Dimanche 4 Octobre 2015, par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau, à l’occasion du baptème de Castille Pelon.

 

Amis frères et sœurs, qu’est-ce que la fraternité ?

Nous en parlons beaucoup aujourd’hui, autour de quantité de questions d’actualité où la responsabilité et la solidarité entre personnes et peuples est en jeu.

La fraternité, vous le savez, est un mot très présent dans la culture française. Il apparaît pour la première fois en 1848 dans le préambule de la constitution française : « la République française a pour principe : la liberté, l’égalité et la fraternité. » La fraternité fonde aussi le droit social dans la même constitution : « la République doit, par une assistance fraternelle, assurer l’existence des citoyens nécessiteux ».

Mais surtout, la notion de fraternité est citée dans le premier article de la déclaration universelle des droits de l’homme (article 1er) : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Alors, nous voyons que la fraternité est au centre de l’esprit français, et cependant on peut se demander, si cette fraternité vécue dans la vie courante est considérée par nous avec suffisamment de profondeur, comme l’insinuait l’historienne Valentine Zuber dans son intervention du cycle des 150 ans. Elle déplorait que, tant la fraternité que la liberté n’étaient pas suffisamment – pour nous chrétiens – interrogée selon son fondement dans la vie chrétienne.

Alors aujourd’hui, notre texte issu de l’épitre aux hébreux parle justement de fraternité en son fondement. Un des versets évoque « ces êtres humains pour lesquels Jésus est mort, qu’il n’a pas honte d’ appeler ‘frères’ ». N’est-ce pas alors le moment de voir ce fondement de fraternité en Christ, que Jésus fonde en se donnant sur la Croix et en ressuscitant pour la vie de tous. Ce sera un 1er axe de notre méditation.

Et puis nous verrons comment le baptême en Christ atteste de cette fraternité. Et puis, fort de ces fondements, trois points sur lesquels il faut être vigilant dans la vie de chaque jour.

 

Alors d’abord, quel fondement de la fraternité Jésus fonde-t-il en mourant sur la Croix et en ressuscitant pour tous ? (selon notre texte de l’épitre aux Hébreux.)

Nous avons entendu ces mots : « Nous voyons maintenant Christ couronné de gloire et d’honneur, à cause de la mort qu’il a soufferte. En effet, il convenait que Dieu élève Jésus à la perfection au travers de la souffrance… »

Ces versets pourraient nous laisser croire que l’honneur et la « perfection » du Christ se situe dans la mort et dans la souffrance, pour le salut de tous.

Si le fondement de la foi n’était que cela, je ne serais pas pasteur.

Autre est de penser que ces mêmes versets définissent la FRATERNITE du Christ :

Christ en faveur de tous les humains a voulu prendre la condition extrême de l’homme, jusqu’à souffrir sa mort, les souffrances, les insultes pour notre SALUT.

La perfection est la PERFECTION de FRATERNITE pour notre salut : avoir voulu souffrir la CROIX, la mort en frère, pour souffrir la même vie que l’homme jusqu’au bout, pour tous, afin d’être le frère accompli pour tous, frère de mort et de vie.

On ne peut comprendre la fraternité qu’en pensant en premier que Christ est notre frère, dans la CROIX.

Mais aussi, on ne peut la comprendre cette fraternité que si l’on voit comment elle s’accomplit dans sa RESURRECTION pour notre salut.

De sa mort transfigurée en vie, sa fraternité va jusqu’à nous donner chaque jour sa

GRACE DIVINE, perles divines transfigurées sur nos souffrances, alors qu’on est pécheur.

Il divinise chaque jour notre pauvre état d’humain, il nous sanctifie par SA GRACE. Là nous étions morts : il nous rend frères de Dieu en étant fils de Dieu.

Chaque jour nous devons trouver comment nous sommes vivants.

Cette DOUBLE FRATERNITE de Christ envers nous, dans la Croix et la Résurrection nous est attestée dans un geste qui scelle et sacralise ce don fraternel pour notre SALUT : c’est le baptême (comme celui de Castille aujourd’hui !)

Par le baptême (de baptizein : plonger) le baptisé est plongé dans l’eau de la CROIX, de la mort et ressort revêtu de la vie de RESURRECTION de Christ.

LA VIE DE Christ s’INCORPORE à nous (dit Calvin) et nous donner la vie éternelle. Nous en sortons hommes nouveaux, frères libres, délivrés du péché de nous sentir loin de Dieu, et alors rapprochés de Dieu. C’est le signe de sa fraternité.

Mais aussi, de même que Jésus Christ, comme un serviteur, est descendu dans le Jourdain et a été baptisé en solidarité avec les pécheurs afin d’accomplir toute justice, le baptême, SIGNE de la fraternité, scelle aussi la fraternité entre les hommes.

Un Seul est saint Christ, tous les autres nous sommes des pêcheurs, qui nous purifions, les sanctifiés ont le même Père Dieu, dit le texte. La voilà, la fraternité en Christ ! Cette égalité dans l’humilité… Cette communion…

De même qu’il y a un seul baptême qui nous unit au Christ dans la foi, lieu fondamental d’unité et de fraternité (grand signe d’œcuménisme) : Nous sommes un seul peuple de frères en Christ et nous sommes appelés à servir un seul Seigneur.

 

Alors, qu’est-ce que cette fraternité en Christ nous amène dans la vie concrète ? Trois choses.

1 – D’abord plutôt que de nous demander en premier de qui nous sommes frères, ou nous ne sommes pas frères, il me semble que nous devons toujours être rappelés à l’idée de qui est notre frère. Qui nous prend en fraternité, nous rend libres et proches de Dieu pour notre salut, alors que nous sommes pécheurs.

Alors, oui, nous devons à ce moment-là être rappelés à la solidarité d’existence, dans cette unité devant la Croix que nous formons. Seul Christ est d’un côté, ensemble nous sommes de l’autre et il y a une solidarité à avoir, mais aussi, nous devons être solidaires de l’état de pécheurs que nous partageons avec des autres.

Lorsqu’à nos yeux, quelqu’un ne se comporte pas selon ce qu’on qualifie comme bien, on devrait se dire : il est pécheur comme moi, pauvre humanité. Seigneur aide-nous.

Nous ne sommes ni au-dessus des autres, ni au-dessous des autres. Ceci devrait éliminer beaucoup de culpabilité et de manque de confiance en soi (le baptême le dit).

2 – Et puis, puisque le fraternel se situe aussi dans l’Eternel de la Résurrection quand on parle de fraternité, il y a alors une fraternité PROPHETIQUE à trouver : le Christ en l’autre. La fraternité est toujours au-delà du réel difficile. Même si la relation n’est pas bonne, il faut tendre vers le bon, revenir à la charge. La fraternité est plus que la fraternité. Elle est toujours le fruit de la grâce reçue. On peut même croire en la fraternité plus qu’en un frère. Elle est donnée par le frère Christ (grâce).

Par ailleurs il faudrait être frère avec soi-même aussi : c’est le courage d’être.

3 – Enfin, il y a encore une dernière chose : vous pouvez vous demander comment trouver cette fraternité prophétique ? Il me semble que c’est comme la foi, comme et la justice : il faut la demander à Dieu, lui demander dans la prière. Et la meilleure façon de la demander, c’est toujours en demandant PARDON à Dieu, pour notre manque de fraternité. C’est comme cela qu’on la reçoit. De même que la meilleure prière est celle qui demande pardon à Dieu, c’est là qu’on est Coram Deo. Qu’on est Créature de Dieu, dit Luther. Demander pardon est AUSSI la meilleure façon de revivre son baptême chaque jour, dit Luther. Un chrétien est à la fois juste et pécheur. Il doit être chaque jour pénitent.

Le Pape le dit aussi dans Laudate Si : la création comme les créatures se découvrent en fraternité en demandant pardon. (C’est la base de l’écologie intégrale). On pourrait dire que c’est le développement durable de la fraternité en Christ. L’autre est alors de nouveau notre frère. Renait la fraternité.

Je voudrais terminer en vous disant que je crois que la vraie FRATERNITE est une fraternité qui RENAIT (comme la Croix et la Résurrection). Quand la fraternité ne va pas bien, et qu’elle renait, elle est très solide (comme pour l’amour).

Le Nouveau Testament affirme que lorsque les pécheurs se tournent en Christ, dans cette conversion ; ils sont à l’instant même justifiés et sanctifiés. « Sa justice leur est imputée » (Rom. 4) (la vie).

Ainsi Jésus n’a pas honte de nous appeler frères, car comme le disent les versets finaux de l’Ancien Testament : tous annoncent alors le Père,

Amen

Jean 14 v 1-14 – Trouver la vie en sa demeure

Dimanche 13 septembre 2015 (culte du Cent-Cinquantenaire) – par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau

 Sur Esaie 50, 4-8, 2ème Ep. Timothée 3, 14-17. Jean 14, 1-14

 

Amis frères et sœurs, nous fêtons les 150 ans de l’élévation du temple du Saint –Esprit, et devant nous, une des deux épigraphes, (l’autre, nous parlerons pour le culte de clôture…), issues de l’Evangile de Jean que nous venons de lire : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne vient au Père, que par moi ».

Quel beau verset inscrit ici, devant nous, choisi par le consistoire de l’époque, en 1865.

Beau verset à méditer ensemble en ces 150 ans, parce que, si comme les disciples, nous allons au Père par le Christ, et que Christ est le Chemin, la Vérité et la VIE, la Révélation magnifique qu’il faut entendre ce jour, c’est que nous sommes DESTINES à la VIE, et déjà pleins de vie. Et alors, il nous faut, plus que jamais, la trouver cette VIE SPIRITUELLE en nous et ce, dès maintenant et chaque jour. Alors comment ?

A Thomas, le disciple qui disait à Jésus : Ou vas-tu ? Inquiet de ne pas savoir ou Jésus allait, qui ne trouvait ni le Père, ni la VIE. Jésus répond : Par moi, tu le trouves le Père, la VIE : je suis le Chemin la Vérité et la Vie. La Résurrection allait l’expliquer : Christ, en donnant sa vie, transforme nos morts en VIE.

Mais comment, nous aussi, comprendre que cette vie en Christ existe dès maintenant, dans un monde sécularisé qui propose bien d’autres vies, avec notre foi si fluctuante et toutes les épreuves du monde? Pas facile à comprendre, mais, si Jésus est le Chemin, la Vérité et la vie, il nous faut déjà entendre ce que cela signifie et nous verrons à quoi cela nous engage.

1/En premier lieu, si Jésus est ‘le CHEMIN’ vers la vie, il est possible, comme le dit l’apôtre Paul, que nous devions relativiser ce que nous croyons être nos buts. La vie ici-bas, ne tend pas vers un but connu de nous, celui que nous avons décidé, aussi honorable soit-il.

Sa force vient du fait que notre chemin est mu par Dieu, par une énergie de l’Esprit germinatrice, qui nous amène au-delà de notre sens, qui nous ‘trans-forme’ chaque, jour pour nous révéler la vie en nous laissant absolument libres.

Calvin le dit magnifiquement : « nous nous sanctifions chaque jour, nous sommes ‘re-formés’ (pas réformés !) à l’image de Dieu, en Christ c’est l’oeuvre de Dieu ».Au fond, si Christ est le chemin, en nous existe un chemin de vie glorieux qui nous précède, une existence (hors de soi) préparée d’avance, dit Jésus dans le texte, qui est le vrai sens de notre vie et qui doit nous rendre libres face aux évènements de la vie. On ‘est’ et on ‘a’ beaucoup plus qu’on imagine…

2/ Alors la VERITE ? C’est la vérité de vie. Jésus dit quelques versets après notre texte que L’Esprit Saint est l’Esprit de vérité. Il dévoile la vie éternelle, le Christ absent.

Mais vous pouvez vous dire que c’est abstrait ! Comment concrètement percevoir cette vérité de vie donnée en l’Esprit Saint, dès maintenant ? C’est là où ce texte est très beau !

Ce qu’il y a d’extraordinaire dans notre texte, c’est que la vérité de vie en l’Esprit Saint ne se situe pas dans des mots abstraits, désincarnés. Non, la vérité de l’Esprit qui donne vie, se situe en « des DEMEURES » qui sont des gens. Il y a beaucoup de DEMEURES, dit Jésus, beaucoup de PERSONNES vivantes en Dieu ; elles forment la Vérité de vie : autant de paroles vivantes que l’on reçoit en eux (corruptibles aujourd’hui, plus tard incorruptibles) L’Esprit Saint, comme Christ, est auprès de vous et en vous, dit Jésus ; Il est en nous, en les autres, (comme lui demeure dans le Père) et apporte la vie. L’Esprit Saint souffle en tous. La vie de Christ est en chacun. (superposition).

La créatrice Louise Bourgeois, a crée ces fameuses maisons : ces demeures. Elle étaient liées à la maternité. Toutefois, à la fin de sa vie, elle dit que la vérité divine demeurait en chacune, comme des demeures qui CO-HABITENT ensemble et qui se donnent les unes aux autres.

Cette vérité en ces demeures sont aussi, comme l’écrit aussi le théologien Paul Tillich en COR-RELATION. L’Esprit Saint intérieur est en chacun et lie tous ; LA vérité de Dieu se construit ensemble. Tout le monde a des charismes. La vérité de l’Esprit Saint est comme des visages reliés, tels ces visages de multitude peint par Chagall, le Mime Marceau (Marcel Mengel) … autant de paroles de vie du Christ en nous, qui émanent d’être souffrants, rencontrés par l’Esprit qui (comme la résurrection) et qui donnent la vie aux autres.

Oui, Christ, la vérité de vie, est présent par l’Esprit en nous, en vérité. Vous savez que aletheaia en grec veut dire : ‘le contraire de l’oubli’ : Cette vérité, ce sont aussi ces traces de vie, demeures qui demeurent en des témoins, Eglise de TEMOINS, aime-t-on dire dans l’Eglise Unie. Paroles de Dieu, de vie reçues au milieu de nos misères. Chemin de fraternité que l’on se donne les uns aux autres, sans le savoir, Paroles pleine de liberté, celle de Dieu, et ce, parce à un moment donné, se sentant libre, on a pu comme le dit Esaïe, redresser celui qui est épuisé. C’est l’esprit de Dieu qui œuvre… nous en sommes les vecteurs et serviteurs.

3/ Alors fort de cette vie de Christ que nous avons en nous, quelle serait notre TACHE d’Eglise aujourd’hui?

Notre tache me semble –t-il est de Révéler cette VIE en Christ après la mort, et maintenant en chacun. Cette vie doit enlever la peur, libérer de la crainte en quelque sorte.

Jésus dit : Ayez foi en Dieu, ayez foi en moi ! Que votre cœur ne se trouble pas, répète t’il plusieurs fois. Soyez libre. Il demande de croire en sa Parole.

Mais comment trouver cette grâce, cette Parole, dans monde et ses souffrances, monde dur ? Il nous faut la chercher dans des DEMEURES sûres : dans l’ECRITURE les paroles de témoins. L’Ecriture également, par le témoignage de l’Esprit Saint révèle ce chemin inconnu de vie en Christ ; elle donne les traces de ce que Dieu veut : Toute Ecriture est inspirée de Dieu, dit Paul : elle permet d’éclairer de REFUTER d’enseigner, la justice de Dieu : la VIE. L’Esprit du Christ est dedans : Cette liberté de la Croix est présente, dans une contradiction risquée comme la Croix, (dialectique) chère à la Réforme. Oui, elle donne le sens du vivant à nos vies, à l’actualité, à chaque temps. Dans cette quête inspirée, l’Eglise est d’une grande modernité, car elle DEVANCE le SENS, elle est prophétique. On ne cherche plus assez le sens spirituel, qui rend LIBRE (là où est l’Esprit du Seigneur là est la liberté dit Paul !). Il faut prendre ce temps, c’est du temps gagné.

Mais, est-ce que cela suffit l’Ecriture pour trouver le vivant ? Non. Jésus dit si vous ne croyez pas à ma parole croyez en mes œuvres. On ne croit jamais assez à sa Parole, donc il faut aller chercher en les œuvres. Les œuvres de Dieu ce sont les demeures : les créatures de Dieu œuvre en elles. L’œuvre de Dieu est de libérer. Il faut chercher sa liberté en libérant les autres, les autres demeures.

Comme le disait Daniel Monod, pasteur ici, (un de mes arrière-grand-oncles), il faut donc chercher son chemin en libérant celui de l’autre. Ainsi déceler toutes les situations de fragilité humaine où la liberté de l’homme est menacée. On pense actuellement au destin tragique des exilés sans demeure, migrants Syriens… Là où la vie est menacée par le réchauffement climatique, (merci aux Eglises et la FPF de s’y investir lourdement…) Mais aussi, ne faut-il pas chercher de manière vitale, la perte de LIBERTE de la demeure de l’homme INCOMPRIS, où l’homme il ne mourra pas de CHALEUR, mais de FROID, mis en demeure dans les entreprises, les familles, dans une solitude qui s’aggrave chaque jour, même si l’on parle d’un pseudo vivre ensemble (factice).

Ce ne sont pas « des couches de population », qui sont concernées : c’est près de soi que l’homme est seul : SDS : Sans DEMEURE solitaire. L’homme souffre intérieurement, et a peur, car incompris. Et quand il a peur, il NE CREE plus, sauf des CONFLITS. Quand on monde a peur s’écroule de manque de création et que l’autre n’arrive pas à naître, au milieu, il nait des choses anormales. Il faut libérer l’Esprit. Que votre cœur ne soit pas craintif. N’éteignez pas l’Esprit, dit Paul. Nous sommes tous touchés. Il n’y a pas un endroit exempt : Toutes les institutions. Les entreprises…

L’Eglise doit vraiment être ce lieu de liberté ou le Christ de liberté conduit le chemin, et pour cela, une demeure d’ECOUTE spirituelle de la Vie de l’homme, et pas uniquement de l’éthique, de réflexion sur sa vie, (tous milieux y compris professionnels) où l’on prend le temps à plusieurs, de répondre aux questions de « survie », mais aussi de « vie » (négligée), au milieu de chaque demeure crispée.

4/ Alors je voudrais terminer en disant que l’être est beaucoup plus beau et capable qu’il ne croit. Il contient l’esprit en Christ. Il faut lui rappeler cette vie, c’est aussi fraternité en Christ.

C’est en cherchant la VERITE et la VIE en Christ et en tout l’homme, je crois, que notre temple rayonnera et créera de la vie. Et pour cela il faut créer, innover, interroger ceux qui s’engagent et créent, partout, dans le monde associatif, dans l’art, partout où l’être vit, et interprète sa vie ; comme le montre notre programme des 150 ans, qui n’est pas là pour MONTRER mais pour CHERCHER LE VIVANT, et témoigner de la force du Dieu vivant, qui se dévoile au milieu des demeures et pas uniquement dans les sphères religieuses, L’Esprit vivant souffle en tous.

Pour conclure je souhaiterais redire que Christ est le chemin de la VERITE et de la VIE,

en tout homme. Et il y a quelqu’un qui a bien compris cela, c’est V. Baltard, l’architecte protestant qui a conçu cette grande DEMEURE du temple. Il cherchait, la vie, avec une vie intérieure, comme on a jamais vu pour un laïc ! écrivait à l’époque l’archevêque de Reims, précédemment, curé de St Augustin…

Un des descendants de Baltard présent ici, m’a signalé une chose extraordinaire : que Baltard signait ses plans à droite, avec ces 2 mots inscrits par lui : la VERITE et la VIE.

Sans doute avait-il compris que Si Christ est le Chemin, la vérité et vie, rien n’est trop grand, en tout cas pas le temple du Saint-Esprit, pour venir écouter Sa Parole prophétique vivante. Rien n’est trop grand, en tout cas pas le Saint-Esprit, pour explorer toutes ses demeures et révéler la vie en chacun. Si nous nous engageons tout cela ensemble dans la foi, alors dit Jésus, nous ferons des œuvres encore plus grandes, à la GLOIRE du Père, En Christ et pour Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, et qui DEMEURE en nous.

 

Amen !

Marc 6, 30-34 – Jésus est ému par la foule

Dimanche 19 juillet 2015, par le Pasteur B. Hollard-Beau

Lectures

Ephésiens 2, 13-18

Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches, par le sang du Christ.

Car c’est lui qui est notre paix, lui qui a fait que les deux soient un, en détruisant le mur de séparation, l’hostilité. Il a, dans sa chair, réduit à rien la loi avec ses commandements et leurs prescriptions, pour créer en lui, avec les deux, un seul homme nouveau, en faisant la paix, et pour réconcilier avec Dieu les deux en un seul corps, par la croix, en tuant par elle l’hostilité. Il est venu annoncer, comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches ; par lui, en effet, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit.

Marc 6, 30-34

Rassemblés auprès de Jésus, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Il leur dit : Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car beaucoup venaient et repartaient, et ils n’avaient pas même le temps de manger.

Ils partirent donc dans le bateau pour aller à l’écart, dans un lieu désert.

Beaucoup les virent s’en aller et les reconnurent ; de toutes les villes, à pied, on accourut et on les devança.

Quand il descendit du bateau, il vit une grande foule ; il en fut ému, parce qu’ils étaient comme des moutons qui n’ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner quantité de choses.

 

Prédication

Voici quelques versets du début de  l’évangile de Marc, qui précèdent le fameux récit de la multiplication des pains.(section des pains)

Très émouvants versets qui font partie de ces quelques passages bouleversants de l’Evangile,, car l’on apprend que Jésus est bouleversé également, il est dit : « ému aux entrailles » .

Il faut savoir que Jésus est toujours bouleversé dans l’Evangile pour des situations qui concernent des personnes autour de lui, qui sont dans des situation de détresse ou de mort …. Cette situation le renvoie alors à sa propre mort ; il est alors ému aux entrailles, dit le texte grec ; c’est le mot réel de la ‘compassion’.

Alors pour que Jésus soit bouleversé ainsi, on s’attendrait à ce qu’il pressente un danger terrible. Et qu’apprend-on ?

Que si Jésus ressent ce malaise, c’est que la foule dont les disciples s’occupaient, soignaient,  Jésus la trouve « instable ».

Le rédacteur dit même qu’elle est ‘sans berger’.

Cette foule à l’allure de moutons représente les non-croyants, les païens, ou selon d’autres avis : les premiers chrétiens dans leur Eglise qui se comportaient mal. Ils n’attendaient que des miracles et avaient un comportement personnel et hostile : « l’inimitié » qu’évoque Paul dans l’épitre aux Ephésiens .

En tout cas, ils sont dans le texte, comme des ovins, dira J. Calvin, des moutons de panurge…

Et savez vous ce que sont des moutons de panurge ?

Cette expression vient du Quart Livre de Rabelais, écrit en 1552, temps de J. Calvin, …..

Panurge était le compagnon de Pantagruel, homme assez malin. Il est embarqué sur un bâteau, et il se dispute avec un dénommé Dindenault, pour une affaire de marché.  Pour s se venger, il lui achète sur ce bateau, la plus belle bête de son troupeau ;  une fois achetée il la jette à la mer.  Tout le troupeau va suivre …

C’est exactement la situation que l’évangéliste  Marc va décrire (Matthieu également): cette foule instable courre et va n’importe où : elle « accourait ensemble » (sunedramon ) en grec.

Alors  je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de courir ensemble : ce n’est pas très facile. Cela peut-être  même très dangereux, si l’on hésite, si l’on ne va pas à la même vitesse, ou si l’on tombe, on peut être bousculé, même piétiné, et surtout, dans le même élan, on peut entraîner d’autres, qui n’ont rien demandé.

Dans un mouvement de troupeau  n’y a plus alors de discernement individuel , on peut être entraîné sans le vouloir dans  une situation non contrôlée,  qui peut faire tomber d’autres.

Cette foule sans discernement, instable, qui le dérange touche alors de très près Jésus, et pour cause : c’est cette foule sans berger, qui dans ces mêmes conditions, réclamera à grand cris qu’on crucifie Jésus.

C’est cette foule sans berger, sans foi, qui va être homicide. Son manque de discernement va entrainer la mort de Jésus. Et s’il s’en émeut aux entrailles, c’est que ce manque de discernement peut aussi entraîner avec la mort d’autres personnes.

Alors, il est vrai que ce phénomène grégaire  a toujours existé, existe tout à fait aujourd’hui  également. Il est parfaitement repérée en sociologie :

Il porte un nom précis : « la preuve sociale » .  Cette expression définit l’individu qui ne sait pas quoi « faire ou penser », qui  a une tendance naturelle à adopter le point de vue des autres, il s’agglutine près d’eux.

Un exemple de « preuve sociale «  assez courant consiste en l’attitude de celui qui cherche un restaurant,  une religion, ou un lieu de culte ….. Il ira le plus souvent dans un lieu qu’il n’aurait pas choisi d’emblée, mais où il y aura beaucoup de monde..

La preuve sociale, c’est par conséquent, le fait d’aller dans le sens du troupeau, sans se consulter soi-même avec discernement … Pour le choix d’un restaurant, ce n’est pas grave, mais cela peut être dangereux dans d’autres situations où il faut réfléchir en son âme et conscience et non en troupeau, avec « preuve sociale ». L’actualité nous le rappelle lorsque nous voyons des situations de populisme,  ou de radicalisme terroriste, ou autres …..

 

Alors ce qu’il y a d’extraordinaire dans notre récit, c’est que, si l’on regarde de près, en son  début, Jésus donne un contrepoint à l’attitude du manque de discernement, de cette foule qui courre ensemble sans berger (preuve sociale).

Quel est ce contrepoint ?

Ecoutez -bien,  ce sont les seules paroles de Jésus du texte (qu’il dit aux disciples)  :

Venez-vous vous autres, à l’écart, dans un lieu  désert, et reposez-vous un peu

Ce n’est pas une expression dite à la légère. Chaque mot est important.

-D’abord dans le texte  grec, il y a cette insistance : venez vous-mêmes , ou traduit aussi comme venez  « vous-autres »,  comme s’il fallait ce temps singulier d’interrogation personnelle pour être autre, pour être ‘soi-même’ …

-Et puis, venir à l’écart.. Cela est important. Cette mise à l’écart de la foule, cet écart de soi, est le contraire de la posture grégaire du mouton de panurge….

-Et la plus importante, mais qui va avec : ‘dans un lieu désert’. Le lieu désert, eremia  en grec,

mitbar  ou  en hébreu, vient de Rhema (grec) et de dabar ( hébreu), la Parole :

le désert est un lieu qui se situe à travers la PAROLE DE DIEU.

Alors voilà ce que Jésus invite à faire pour éviter l’instinct grégaire: se retrouver au désert à l’écart et prendre le repos nécessaire pour recevoir la simplicité de la Parole de Dieu.

C’est ainsi qu’on peut retrouver le berger qui est le guide  et qu’on se retrouve  soi-même. C’est ainsi qu’on  retrouve la Parole de Dieu qui mène toujours vers la LIBERTE….

Cette Parole  dont Luther disait dira dans  ‘La liberté du chrétien’, « qu’on a que cela ».

C’est cette Parole de Dieu révélée par les prophètes, que Jésus  a citée au moment de sa tentation dans le désert, et qu’il a pu trouver ; Parole qui est bien plus que la nourriture terrestre, ‘L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu’.

Cette seule Parole sera Christ la Parole. Jésus sera le «  berger » de la Parole , conduisant vers la Parole de Dieu, là où Moise, lui n’a pas su mener le peuple, ( même si Josué qui a le même nom que Jésus,  lui , saura mener le peuple…)

Jésus le Christ sera le berger de cette Parole de Dieu, qui va permettre aux disciples (qui avaient pas de temps de manger ni de boire)  d’enseigner, de guérir, de remettre en vie , de nourrir le peuple. (récit  juste avant la multiplication des pains).

Jésus sera le berger de la Parole pour un  peuple sans berger. Il leur enseignera la vie et la vérité, avant de leur DONNER SA VIE , afin que le peuple ne meure pas….

Jésus sera le berger qui mènera les disciples et le troupeau, leur  indiquant que chacun, comme lui l’a fait au désert,  doit apprendre et à la recevoir en se mettant à l’écart, dans un lieu de l’Esprit ; lieu intime de la rencontre, désert, prière  où l’on retrouve la force de Dieu, rencontre qui nourrit qui donne force, confiance, discernement personnel. La Parole de vie.

 

Alors  mes amis,  au moment de l’été, j’ai confiance en cette possibilité pour chacun de trouver la Parole. Le désert pour retrouver le Sens, retrouver le Berger, le seul vrai Pasteur, et après se retrouver soi-même.  Certains vont se disperser, d’autres resteront, là. Certains se déplaceront géographiquement,  d’autres  non. Peu importe, le déplacement géographique, pour la mise à l’écart et se remettre à la Parole, ce n’est pas l’essentiel .

Une  mise au désert de soi en revanche, est bénéfique, pour aller vers « soi-même », être  « nous autres », en prenant le temps de l’écoute, du recueillement, du repos.

Oui, c’est dans ce REPOS  de soi, donné,  demandé par Dieu, cette pause en Dieu en son repos, que nous pouvons retrouver la force  de ne pas COURIR ensemble, mais de CONSTRUIRE  ensemble, menés par le Seigneur, qui nous enseigne non pas ‘l’inimitié’, mais l’amour, la vérité  et la VIE. LA vérité est toujours vivante.(et non la preuve sociale).

Du  repos pour se refonder, se nourrir, avant de nourrir d’autres, qui n’attendent que ce geste .

Jésus va dire aux disciples juste après : donner vous mêmes à manger. Mais pour cela ne faut –il pas s’être nourri soi-même par le Berger ? Ne pas se tromper de Berger.…

Alors oui, allons nous mettre à l’écart au désert, avant de nous retrouvrer…

Théodore Monod nous disait souvent en famille : Vous parler du désert , mais pour parler du désert,  ne faut –il pas d’abord commencer par se taire pour entendre la Parole, Jésus– Christ .

 

Amen

Culte d’action de grâce pour Pierre-Vladimir Lobadowsky et Mathilde Forissier

Par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau,

 

Psaume 6, Psaume 8, Jean 14 v 25-29

 

Amis frères et sœurs, où est le ciel, où ? Il y a des jours et des temps de la vie, où l’on est bien loin de vouloir s’adresser à Dieu, comme le fait le Roi David, proclamant que le Seigneur est ‘magnifique’. Ce sont plutôt des paroles de révolte qui nous traversent: Et toi Eternel, jusques à quand ?

Où est le ciel où ? Le poète juif Paul Celan, après avoir perdu les siens en1946 se posait cette question ; il continuait en disant : je regarde autour de moi, cela ne peut être le ciel, les heures passent et je ne trouve rien… Nul besoin de connaitre ce poète pour deviner la résonnance de ces mots et pour comprendre qu’en évoquant le ciel, c’était de Dieu dont il s’agissait.

Où est le ciel où ? Parfois notre ciel intérieur ne s’élève plus, ne nous parle plus… Comment ne pas penser à nos deux amis Pierre-Vladimir et Mathilde nous ont quittés. Même si je ne les ai pas connus, ma peine est forte. J’ai entendu leurs parents, Odile et Paul Boris, Florence et Nicolas. J’ai des enfants aussi. Je n’oublierai jamais ces rencontres. Elles s’imprègnent à jamais.

Où est le ciel, où ? Deux vies qui s’écroulent, avec un tas de pierres. Plus que révoltant, c’est un abime, une incompréhension, une blessure aigue pour vous tous, ses proches et amis, éprouvant pour vos êtres et vos fois… Aucune foi ne peut rester indemne et ne peut se sentir questionnée devant ce vide et ce mystère, en tout cas sans le secours, oui, sans le secours de la parole de Dieu.

Alors vous voyez, mes amis, dans cette parole de Dieu, dans ces psaumes que nous avons lus, le Roi David souffre aussi. C’est pour cela qu’il compose. Mais il y a quelque chose d’étonnant qu’on peut se demander: comment est-ce possible que ce roi David, dans tous ces psaumes, lui qui est détruit par ses ennemis, qui apprend dans un autre temps que son fils malade est mort, qui est brisé au point écrire, jusques à quand, Eternel, lorsque je traverse le chemin de l’ombre de la mort, (au psaume 23). Comment peut-il passer de ces mots de souffrance à : Eternel que ton nom est magnifique ? Comment peut-on vivre un tel renversement ?

Eh bien mes amis, c’est qu’il ne dit pas que ‘l’Eternel est magnifique’ Non. Il dit : Eternel que ton ‘nom’ est magnifique. Il perçut comme une révélation que Dieu était plus que Dieu, pas un Dieu abstrait. Que son nom, sa personne portait en lui une promesse. Promesse invisible et invincible, une promesse incompréhensible en ce moment de souffrance : un souffle de vie inexplicable, qui dépasse toutes circonstances, contre vents et marées, une promesse établie. Que ton nom est magnifique : un ‘don’ immédiat de Dieu.

Un nom comme une révélation : Eternel : une promesse qui traverse le temps. C’est peut-être, entre autre, pour cette raison que ce nom Eternel est un mot imprononçable pour un juif. L’Eternel est un acte, l’acte de Dieu, l’Etre, avant, présent, après, qui vous approche. D’ailleurs en hébreu L’Eternel, est constitué de la racine du verbe ‘être’, imprononçable pour un juif car selon les voyelles qu’on pose sur ses 3 consonnes, son nom signifie j’ai été, je suis, ou je serai….

Et le roi David comprit que qui dit promesse de Dieu, dit promesse de vie pour l’homme, dans l’ici et maintenant (pas uniquement dans le futur, dans l’aujourd’hui de la vie). Promesse qui fait dire au roi David : qu’est-ce que l’homme pour que tu t’intéresses à lui ?

Comment ne pas penser alors à cette belle vie qu’ont eue Pierre-Vladimir et Mathilde ? Promesse déjà au cœur de leur vie qui était ‘recherche’ de chaque jour.
– Mathilde : si belle, attentionnée aux autres, courageuse. Si forte et fragile. C’est lorsque cohabitent les deux que réside la vraie beauté, beauté intérieure….
– Pierre Vladimir : si paisible, comme son nom l’indique, si curieux de la vie et de la nature. Si proche des autres. Leur vie était foi ‘en la vie’, en la promesse de Dieu du lendemain. Ils en avaient tellement conscience, qu’ils étaient partis au Népal, pour réfléchir et envisager peut-être une promesse de vie et d’amour ensemble devant Dieu.

Que le nom de Dieu est magnifique, parce que jamais les vraies promesses ne se perdent, et que dans le nom de Dieu, dans sa personne éternelle, se niche une promesse, un mystère qu’on ne voit pas au présent, qu’on ne comprend pas toujours dans le passé, mais qui se révèle quelquefois dans l’au-delà.

C’est vrai que leur vie sur cette terre n’a pas reçu la promesse d’engagement ; quoique, qui sait dans leur intimité, ce qu’il s’est dit. Mais surtout, qui sait si mourir ensemble dans cet amour, n’est pas déjà une promesse, inscrite dans la promesse de Dieu ? Un sens au-delà. Dieu détient le secret de cette promesse donnée ou pas, qui les accompagne dans l’Eternité.

Alors oui, le nom de Dieu est magnifique pour tout cela, mais je vous avoue que je n’aurais peut-être pas choisi ces psaumes, s’ils ne contenaient pas encore autre chose : Qu’est-ce que l’homme pour que tu t’intéresses à lui, et le Fils de l’homme pour que tu prennes garde à lui : Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu. Tu l’as couronné de gloire. Le Fils de l’homme dont parle le psaume, c’est pour les chrétiens, le Christ. Dieu a tellement pris garde à lui, qu’il a transfiguré sa mort en vie. Le Nom de Dieu est magnifique, car de même qu’il a donné la vie à Christ, il la donne à l’homme : Dieu nous a couronné de gloire. Et la gloire, c’est la vie en éternité dit Jean. Il leur a donné la vie en éternité. C’est ‘La Promesse’.

Alors je comprends mes amis qu’elle est difficile à entendre, en ce moment cette promesse : Dieu qui donne la vie en éternité. Mais j’y crois. Combien vois-je de personnes qui disparaissent et qui nous donnent témoignage de cette vie. Ce qui est incroyable et mystérieux, c’est que ceux qui sont proches reçoivent quelque chose de leur éternité, une énergie vivante de l’Esprit. Cela nous accompagne, comme une promesse de vie qui nous bonifie, qui nous transforme, nous vivants. C’est pour cela que je suis devenue pasteur, j’ai reçu cette grâce ainsi.

Alors je voudrais terminer en vous disant qu’au cœur de cette souffrance qui reste là, oui, ces textes nous invitent dans la mémoire de Pierre-Vladimir et de Mathilde, peut-être pas à croire, la foi n’est pas sur commande, mais en tout cas à faire confiance, et à espérer en Dieu, en sa Parole Christ, vivante en chaque homme. Ils nous invitent à tenir ferme cette promesse de vie grâce au Saint Esprit qui nous escorte.

Ils nous invitent à ne pas se laisser culpabiliser devant cette mort. Souvent le deuil fait culpabiliser ; notre for intérieur nous joue ce tour ainsi. Ils nous invitent à ne pas souffrir d’impuissance, ni à craindre ce qu’on a ‘trop dit’, ou ‘pas assez dit’, à ne pas s’enfermer dans une non issue d’un ciel vide. Ils nous invitent à nous confier en Dieu. Le Ciel n’est pas vide.

Il faut s’attendre à recevoir des témoignages de vie par le Saint Esprit, le Consolateur Il est dans l’invisible, au milieu des autres, à travers nos paroles, nos prières, nos projets, autant de lieux de l’Esprit où nous recevrons la force de l’Esprit et l’amour, dans le mystère de ceux qui nous ont quittés et qui nous accompagnent dans la vie spirituelle.

Et je terminerai en vous disant que Oui, je le crois que la promesse se situe au milieu des hommes et des femmes de notre temps, en la communion des saints, où domine la vie intérieure et éternelle. Elle est paix en Christ qui nous la donne.
‘L’Esprit saint que mon Père enverra, en mon nom dit Jésus, vous enseignera toutes ces choses et vous le fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit’. Christ poursuit : ‘Je vous laisse la paix
, je vous donne ma paix.’ Il est là je pense, le ciel. Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit,

 

Amen

 

 

Marc 1, 40-45 – Jésus guérit un lépreux

Un lépreux vient à lui et, se mettant à genoux, il le supplie : Si tu le veux, tu peux me rendre pur. Emu, il tendit la main, le toucha et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta ; il était pur. Jésus, s’emportant contre lui, le chassa aussitôt en disant : Garde-toi de rien dire à personne, mais va te montrer au prêtre, et présente pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour eux un témoignage. Mais lui, une fois parti, se mit à proclamer la chose haut et fort et à répandre la Parole, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville. Il se tenait dehors, dans les lieux déserts, et on venait à lui de toutes parts.

Amis frères et sœurs, nous poursuivons notre Evangile de Marc,Jésus qui inaugure son ministère en Galilée, en annonçant le Royaume Dieu et en guérissant des personnes malades, dites impures. Aujourd’hui dans notre Evangile du jour, Jésus va guérir un lépreux : guérison très humaine, mais qui dit humaine, ne dit pas sans mystère

En effet, le questionnement  que ce récit  soulève, interroge encore aujourd’hui.

On se demande pourquoi après avoir guéri un lépreux, Jésus se met en colère contre lui et le menace. Cette attitude de Jésus trop humaine fait couler beaucoup d’encre parmi les exégètes, avec des suppositions qui vont de l’idée que Jésus n’aurait pas voulu guérir le lépreux, qu’on lui aurait forcé la main,jusqu’à l’idée qu’il s’offusque contre la loi, ce qui est plus probable.

En tout cas, cette attitude de Jésus témoigne de son humanité. Elle  soulève une question existentielle très spirituelle : l’impuissance morale.

Cette impuissance morale, certains philosophes l’appellent l’empêchement de faire. Elle existe dans la vie courante matérielle et spirituelle ; elle est un problème récurrent de notre temps. On verra comment Jésus s’en libère.

Et ce sera frères et soeurs le thème de notre méditation.

Alors voyons ce que décrit ce récit : Le personnage principal est un lépreux qui s’approche de Jésus. Le lépreux, on l’a entendu tout a l’heure, représente dans le judaïsme, l’impureté par excellence. Elle dépasse le médical, et le symbolique, la peau frontière du dedans et du dehors, pour toucher le domaine du social et même du religieux. Ce qui est grave c’est qu’elle  coupe le malade de la RELATION avec la communauté́ et avec la synagogue.

Une personne malade pour appliquer les prescriptions de pureté́ de la Loi du Lévitique doit donc s’éloigner. La fin de sa maladie et de son état d’impureté n’est pas sa guérison physique, mais sa réhabilitation sociale et religieuse dans la communauté.

Alors notre lépreux malgré ces dispositions va enfreindre la loi mosaïque et s’approcher de Jésus au risque de le rendre impur, lui disant, si tu le veux (revêtir le péché)  tu le peux. Jésus le veut et le touche, car en le voyant ainsi, il est ‘ému aux entrailles’.

Ce verbe n’est  utilisé que pour Jésus lorsqu’ il est ému humainement devant la mort possible d’un homme. Sa mort lui rappelle la sienne. Avec l’énergie de la résurrection. Il le guérit. Mais en touchant ce lépreux, Jésus devient impur aux yeux de la loi

Alors pourquoi après la guérison Jésus se met-il  en colère ? Qu’est ce que sa colère ?

SA colère est la PROLONGATION de son EMOTIONHUMAINE. De même qu’il est ému aux entrailles, de même qu’il est impur, il est en colère : on est dans la même émotion.

La colère, si vous regardez le dictionnaire est une émotion humaine du  type « humeurs », qui crée de la bile, des influx nerveux et autre ». Ce mot a donné même le mot  choléra que l’on peut  rapprocher de la peste de cet homme. Dans sa colère, Jésus  est humain comme le lépreux. Impur il revet en plus de l’impureté, une sorte de « péché  d’humanité ».

Pourquoi  se met-il en colère alors qu’il a guéri le lépreux ?

Est-ce parce qu’il a pris des risques terribles vis a vis du Judaïsme et que la LOI est injuste

Est-ce parce que cette guérison sera incomprise va  le conduire à la mort ?

Est ce que parce que personne ne peut comprendre la guérison spirituelle, avant sa Croix et sa Résurrection : (le secret messianique) et il pressent qu’après la Résurrection ce sera pareil.

En fait toutes ces raisons sont englobées : cela touche l’INCOMPREHENSION.

Jésus est en colère par  impuissance  humaine;  il sent et pressent en SON HUMANITE qu’on  on ne comprend pas la GRACE, la vie en Dieu, et que la guérison  spirituelle n’est pas comprise. GUERISON qui est VIE.

On s’arrête à l’EXTERIEUR  de la peau et non à la vie

En se disant cela c’est toute sa prédication qui tombe : le Royaume de Dieu qui approche, que  la grâce de Dieu sauve et guérit.

Non seulement le visible est incompris mais a fortiori, l’INVISIBLE don de vie est rarement compris, la GRACE est incomprise. Pas de guérison de l’âme. impuissance

A transmettre. C’est pour cela que Jésus veut que le lépreux taise sa guérison

Parce que même le lépreux n’a même pas compris sa guérison. Trop tard il parle….

Alors qu’est ce que  fait Jésus pour sortir de sa colère de cette impuissance que pourrait avoir toute personne.

Jésus va faire les 3 choses que les psychanalystes de la Gestalt recommandent (Anne Ginger) pour sortir de l’impuissance morale ..(ce texte est très moderne) mais dont la dernière a une grande profondeur spirituelle qui vraiment appartient à Jésus.

-1/ Exprimer son émotion. Lorsqu’on  se sent  impuissant,  il faut exprimer sa colère et  mettre des mots dessus. C’est ce que fait Jésus : il se met en colère et menace avec des mots

-2/ Lâcher prise. C’est ce que Jésus  fait puisqu’après sa colère, il va changer d’attitude, et va être dans le conseil vis à vis de l’homme qu’il a sauvé.

3/ Mais surtout : Retrouver le fil de l’agir : l’actionc’est prendre l’énergie de vie que donne Dieu et CREER malgré sa révolte.  Il va le guérir, mais il va envoyer cet homme le lépreux, vers le domaine qui provoque sa colère, la loi, en le réinsérant dans le monde.En faisant valider sa guérison. Il dit au lépreux va te montrer au prêtre  et offre un sacrifice pour ta purification.

Au lieu de continuer à être en rupture avec la LOI , Jésus VA ROMPRE LA RUPTURE Plonger dans ce qui fait le plus mal. Il va  rapprocher le lépreux de la loi.

Rompre la rupture, c’est sortir du péché. Le péché est la RUPTURE.

Cette façon de faire ressemble à l’idée de tendre sa joue gauche , d’aimer ses ennemis et autre.

Au fond, il le pousse vers la RELATION vers les prêtres .Mais lui demandant de ne pas parler de la grâce  qu’on ne  comprend paspour le moment et qui sera tout entière récapitulée en la Croix et la Résurrection dans le don de sa personne, Chris, grâce qui délivre du péché..Le lépreux n’a pas compris la guérison spirituelle, il  alla lerépéter ce secret avec beaucoup de paroles. Il a échoué

Alors qu’est ce que cette belle parabole peut nous dire. ?

La vie spirituelle est difficile. Dès qu’il y a humanité, il y a non vision du spirituel.

Non clairvoyance de la foi, de l’amour, de la VIE.

Chaque homme a affaire avec une impuissance spirituelle.Il ne se sent pas guéri spirituellement.Il y a un empêchement de faire, de communiquer la FOI, et  l’amour, dans les liens familiaux, et autre.Le don de la  grâce, se comprend difficilement,

De même ’homme ne comprend pas son ultime ni l’ultime de l’autre, ni la vie en Christ,

 

C’est la conséquence du péché  (non clairvoyance de la foi) Nicolas Berdiaev, dans de la destination de l’homme, éthique de l’impossible » en parle magnifiquement.(Toute la Bible en parle, tout l’art émane de cet empêchement ,commele dit Saura, Tapies, Bram Van Velde).

-Pour sortir de l’impuissance morale,comme le fait Jésusterrassé par son humanité quand il a  été touché par le lépreux, impur, il est possible qu’il faille d’abord faire sortir ses émotions. Et après lâcher priseet retrouver le fil de l’agir avec la force de l’Esprit que Dieu donne C’est lorsque je suis faible que je suis fort.

Et là se demander ce qui nous donne cette impuissance.  L’impuissance morale a souvent affaire avec une RUPTURE. Il faut la trouver.Et là essayer de  ROMPRE avec cette  RUPTURE : aller ou cela fait mal, comme Jésus qui retourne vers l’homme de la loi.

Jésus Touche l’impur, ne l’oublions pas.

L’Esprit Saint transfigure. C’est l’Esprit de Résurrection.

Il est possible de transfigurer sa blessure.C’est possible. Que là où cela faisait mal, un bien extrême en ressorte. Combien j’ai vu de réconciliation, dans les familles dans les couples ainsi.De là ou il y a du mal : résurrection. Rompre cette rupture ; Retrouver la RELATION.

Il faut retrouver  laRELATION . C’est cela sortir du péché. C’est recevoir la vie.C’est comme la lèpre  et le judaïsme,  on est guéri quand on revient en relation….C’est je crois mon message.

Christ se trouve au milieu des autresdans la RELATION,.On y perçoit la Grace.

La RELATIONà l’autre inverse la non-vision de la GRACE, elle en TEMOIGNE ,

elle témoigne du Christ.  (Là où 2 ou 3 sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux.)

On y trouve de quoi sortir de l’empêchement de voir et de faire..C’est le travail de notre Eglise. C’est le miracle de la vie. Je crois que quand on le comprend on est guéri.

Amen

 

 

 

Marc 1, 21-28 – L’homme possédé d’un esprit impur

dimanche 1er Février 2015, par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau

Ils entrent dans Capharnaüm. S’étant rendu à la synagogue le jour du sabbat, il se mit à enseigner. Ils étaient ébahis de son enseignement ; car il enseignait comme quelqu’un qui a de l’autorité, et non pas comme les scribes.Il se trouvait justement dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur, qui s’écria : Pourquoi te mêles-tu de nos affaires, Jésus le Nazaréen ? Es-tu venu pour notre perte ? Je sais bien qui tu es : le Saint de Dieu ! Jésus le rabroua, en disant : Tais-toi et sors de cet homme. L’esprit impur sortit de lui en le secouant violemment et en poussant un grand cri. Tous furent effrayés ; ils débattaient entre eux : Qu’est-ce donc ? Un enseignement nouveau, et quelle autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent ! Et sa renommée se répandit aussitôt dans toute la Galilée.

Amis frères et sœurs, la question de l’autorité est souvent au centre des débats aujourd’hui. Qu’est ce qui fait autorité ? Autorité dans les religions, l’autorité parentale qui est remise en cause, celle de l’enseignant, du maitre d’école, l’autorité des institutions, et même l’autorité des Ecritures, (au dernier synode, il a été demandé d’y consacrer un synode entier).

Si l’autorité est questionnée aujourd’hui, il faut le dire franchement, c’est qu’elle est

contestée de tout bord. Selon l’avis des sociologues, l’autorité verticale du chef, ou d’une institution, est souvent remise en cause par une autorité horizontale et diffuse des réseaux sociaux via internet, qui lorsqu’ils s’accordent avec la première, permet une vraie culture du vivre ensemble, et si non, mène à situations complexes, voire parfois totalitaires…

Alors, notre texte de l’Evangile de Marc ce matin va faire état aussi d’autorité : l’autorité de Jésus, ou plutôt de son enseignement , devant la quelle toute la synagogue s’incline.

Il est dit ce verset : il enseignait en homme qui a autorité …(intéressant le mot homme !)

Cette autorité de Jésus est intéressante à analyser car elle complète cette question de l’autorité , tant pour une personne ayant une fonction qui demande de l’autorité, que tout un chacun pour faire face et avoir autorité sur sa vie.

Alors déjà, l’autorité vient de auctoritas ou exousia qui veut dire qui faire croitre.

Si l’on prend les 3 catégories avec lesquelles Max Weber défini l’autorité est ce qu’on reconnaît l’autorité de Jésus ?

MW attribue à l’autorité 3 possibilités :

– L’autorité par tradition, qui serait le fruit d’un l’héritage. Par exemple, le père dans une société patriarcale, le roi dans un régime monarchique.. .. Là ce n’est pas le cas pour Jésus.

– L’autorité par charisme, légitimée par les qualités exceptionnelles d’une personne.

Oui, Jésus avait du charisme, mais n’avait aucune légitimité car il contredisait le pouvoir religieux en place, donc le charisme était remis en question.

– L’autorité par raison. L’autorité du chef fondée sur la rationalité d’un propos connu;

Pour Jésus ce serait plutôt le contraire : Il est dit dans notre récit que jésus enseigne contrairement aux scribes. Ces derniers étaient rationalistes, légalistes et accablaient plutôt que de libérer ;

la PAROLE DE JESUS n’était pas rationaliste , elle était INSPIREE par L’ESPRIT, faisait AUTORITE par ce que l’Esprit fait AUTORITE . Elle était agissante.

Alors n’y a-t-il pas autre chose dans ce texte qui permette de comprendre l’autorité de Jésus? Si ! Il y a des traits de l’action de Jésus passionnants dans le texte parce que très HUMAINS, et qui apportent à la compréhension de l’autorité :

-D’abord dans le récit, Jésus est attaqué par un homme, qui l’appelle Jésus de Nazareth, ce qui veut dire Jésus de rien du tout. Cet homme dit que Jésus est venu pour les détruire. Cet homme, appelé possédé, serait appelé aujourd’hui plutôt paranoïaque, ou skysophrène ; il a un syndrome de persécution c’est la définition du paranoïaque.

Et là, alors que l’homme décompense sur Jésus, Jésus au lieu de sur-réagir vis à vis de sa

propre dignité, Jésus prend sur lui. Il ne s’occupe que de libérer l’homme de son poids.

Et comment ?

– Sa PAROLE a autorité sur l’esprit impur, l’esprit est vaincu ; mais aussi, plus pratiquement et de manière humaine, au lieu de se vexer et d’écarter cet homme de lui, ce qui est frappant c’est que Jésus ne s’attaque qu’à ‘l’impureté’ de ce mal, de cet Esprit . Il ne le fait pas en enfermant l’homme comme cela se faisait à l’époque, mais en SEPARANT l’homme de son mal impur.(il le fait taire). Jésus ne confond pas le mal et son sujet l’homme. Il montre une grande LIBERTE dans ce comportement. Façon NOUVELLE d’enseigner, qui a autorité.

Au fond si Jésus ne se laisse pas attaquer, et ne se pose pas en victime attaqué, c’est qu’il a le charisme et la LIBERTE de guérir et ceci parce que Jésus agit en se référant à PLUS HAUT que lui : Dieu, l’Esprit. SA PAROLE (comme il est dit quelques versets plus haut) émane de sa FOI en le royaume de Dieu qui approche

Son autorité est liée au fait que sa FINALITE n’est pas lui même . SA PAROLE, émane de cette FOI en L’ESPRIT . Il y puise la LIBERTE qui lui permet que sa Parole guérisse.

Alors IL LIBERE en séparant l’homme de l’esprit impur, comme s’il le remettait en état pour que cet homme aussi libre puisse vivre par l’Esprit. (comme Christ)

Alors cette façon de faire de Jésus est importante à entendre dans notre vie de chaque jour.

Autant pour l’homme qui un une fonction qui demande autorité, que chacun pour sa vie.

Bien sûr on peut avoir en tête les classifications de l’autorité que décline Max Weber : tradition, charisme, et rationalité. On peut également se fier à un ouvrage plus récent : celui de Michel Serres, Petite Poussette , qui dit que seule la COMPETENCE aujourd’hui fait autorité puisque les gens sont tellement surinformés, parce qu’ils contrôlent tout avec la petite poussette d’internet.

Mais cette compétence est-elle autorité, dure-t-elle, est-ce qu’elle LIBERE, est-ce qu’elle fait croitre. Est-ce qu’elle est forcément respectée ?

Si la personne compétente est asphyxiée par les problèmes ou les autres , par une réputation, un ego surdimensionné, a –t-elle de l’autorité ? NON je ne crois pas.

Comment faire ? L’exemple Jésus est intéressant. (Outre sa Parole qui fait autorité) . Est-ce que la CLE de l’autorité d’une personne, celle qui fait croitre, n’est pas de faire comme Jésus s’en remettant à plus HAUT que soi. Servir autre chose, pas soi-même, ne pas avoir comme une fin en soi, son propos, mais sa MISSION (envoyé par quelqu’un) . Quand on voit élus dont la mission est plus de se servir, qu’à servir , ou plus leur réélection, que d’ être service de leur institution , ou du ‘bien commun’.

Etre envoyé par PLUS HAUT QUE SOI, permet de SERVIR et d’avoir autorité. C’est

avoir un au-delà, un idéal, c’est cela honorer une MISSION.

Cela donne une liberté qui permet de libérer l’autre , qui seule de fait croitre, qui permet de relativiser et de ne pas tout jeter. Ecarter le bon du mauvais, le pur de l’impur, discerner, relativiser.

Jésus est animé par l’Esprit Saint dans sa MISSION . Il se réfère à Dieu, à l’Esprit .

Il est même dans la SOUS-MISSION. L’obéissance . (parakuo, au dessous de l’écoute)

Pas au sous-mission au sens autoritaire et aveugle, mais au sens d’un service.

(C’est la façon dont les orthodoxes perçoivent l’AUTORITE De la trinité. Le fils est sou-mis au père, le Père au fils, l’Esprit saint au Père. Il y a un partage dans la sous-mission)

Alors Frères et sœurs, si cette question de l’autorité est importante, c’est que l’autorité ne concerne pas uniquement les gens qui ont des responsabilités nationales. Chacun EST FACE à l’autorité de sa vie. Il peut être mutilé par quelqu’un d’autre à côté, par un problème personnel, ou même par soi-même, et là il doit avoir autorité sur sa vie. Avoir autorité sur sa vie, n’est –ce pas aussi s’en remettre à quelque chose de supérieur. Etre envoyé par autre chose ; C’est peut –être cela aussi chercher le SENS : pour certains ce sera chercher spirituellement un idéal, pour d’autres faire la volonté de Dieu. Il faut le chercher ce lien dans la foi.

Quand on a une souffrance, face à l’autre qui vous fait du mal, ou face à soi-même si l’on est mal ou qu’on se sent coupable, il faudrait s’inspirer de ce que Jésus reçoit, cette LIBERTE de l’Esprit : pouvoir écarter le bon du mauvais, ce qui relève de la lettre et de l’Esprit, et ne pas tout rejeter en masse, ou ne pas subir tout en totalité, ne pas prendre en pleine figure, C’est peut –être cela se soumettre à la volonté de Dieu. Faire entrer l’Esprit de Dieu :la VIE.

La Parole du Christ fait autorité. Elle fait ce qu’elle dit. Elle guérit. Mais cela n’exempt pas l’homme de REAGIR AUSSI, de pouvoir utiliser sa liberté pour séparer ce bon du mauvais, au nom d’une Parole qui fait autorité . Cela peut être aussi avoir le sens de D’HUMOUR. Relativiser, être dans la liberté DE CONFIANCE ; cela permet la création.

Parce que au fond si l’on peut avoir autorité sur sa vie, C’est que la Parole de Christ a autorité. C’est LUI qui a pris sur lui le mal , C’est lui qui nous affranchi.. Si l’on peut prendre sur nous c’est que c’est LUI qui nous envoie l’Esprit, c’est lui qui trie le pur et l’impur. C’est lui le PUR, C’est lui le « SAINT de Dieu « dit le possédé, qui nous donne la force de pouvoir être libérer et de libérer et faire croître notre proche.

Ces derniers jours, certains peut –être ont eu la chance d’entendre à la radio ou à la télévision, les témoignages de personnes qui ont pu échapper à des camps de concentration.

C’est impressionnant, certaines personnes ont pu se sortir, du BESTIAL, de l’horreur PAR L’ESPRIT ou par Dieu ou Christ , ou un simple témoin de la PAROLE qui agit. Ils arrivaient tout à coup à séparer le mal du reste. Ils arrivaient à vivre leur MISSION de vie. Dans cette autorité, ils ont entrainé d’autres.

De la Trace de l’Esprit, au Geste de faire croître, Gloire à Dieu, au Christ le SAINT de Dieu qui a pris sur lui, avec sa parole qui a autorité ; il nous permet de vivre ensemble en horizontalité, en communauté. Il nous rend capable de vivre et de croitre. Il nous donne l’autorité d’être en mission pour discerner, aider et témoigner. Au nom de Jésus-Christ.

Amen

Marc 1, 9-11 – Le baptême du Christ

Dimanche 11 janvier 2015 – par le Pasteur Béatrice Hollard Beau

 

En ces jours-là Jésus vint, de Nazareth de Galilée, et il reçut de Jean le baptême dans le Jourdain. Dès qu’il remonta de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre vers lui comme une colombe. Et une voix survint des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; c’est en toi que j’ai pris plaisir.

 

Amis, frères et soeurs, ne cherchez pas chez les maitres italiens ou flamands de la renaissance,  une peinture du baptême de Jésus, fidèle au récit que nous venons d’entendre.  Vous n’en trouvez pas. Chez Verrochio,  Philippo Lippi ou le Titien, vous serez surpris de la finesse des traits personnages ou de la transparence des eaux baptismales,

 

mais, vous n’y trouverez pas le texte de  Marc, qui ouvre un chemin profond et spirituel à l’homme, CAR pour être fidèle au MESSAGE biblique, il aurait fallu en premier que le peintre méditât sur le récit, et eut ressenti comme expérience spirituelle la force de l’Esprit au baptême,

et cela, pratiquement seul celui qui prie et peint en icône, peut le transmettre. Pas  même les mosaïques de Ravenne du VIème siècle ; elles ne le rendent pas.

Certaines icônes, comme celles du Monastère Sainte-Catherine du Sinaï, en Égypte, témoignent de cette force ultime de l’Esprit, essentielle au baptême, transmise par Dieu à Christ et par Christ au chrétien en son baptême, naissance de sa vie spirituelle .

 

Alors, c’est vraiment gracieux que ce texte,  soit texte du jour, avec cette actualité lourde mais surtout ,jour de 2 baptêmes.

En effet le baptême du Christ est un événement crucial. Plus important qu’une naissance, il est une mise en VIE avec un grand V, vie éternelle qui touche chacun .D’ailleurs il faut savoir que jusqu’au 4ème siècle, dans le christianisme, on ne fêtait pas la naissancede Christ, NOEL, mais son   baptême (1ère théophanie)qui était sa vraie NAISSANCE :Jésus est immergé  dans l’eau, RE-NAITpar l’ESPRIT dans l’eau de la VIE,  et cela préfigure la Croix et la Résurrection. De plus ce récit est l’appellégitimeoù DIEU  appelle Jésus son fils  bien aimé. ill’adopte et lui envoie  l’Esprit.

 

Mais pour le savoir, devant l’arianisme qui affirmait que Christ n’était pas DIEU, seulement adopté, il a fallu, redonner de l’importance au récit de Noël, la naissance qui montrait que Jésus était bien né de l’Esprit, de mère vierge couverte de l’Esprit ;  et on a un peu mis de côté le baptême du Christ . Sauf les orthodoxes c’est vrai le fêtent davantage.

 

Le baptême du Christ est donc très important  pour le chrétien, car il préfigure son propre baptême. Baptême qui le délivre du péché, c’est à dire de sa pauvreté humaine,  loin de Dieu , loin de l’amour et de la foi.  Par l’Esprit Saint le chrétien Reçoit la VIE. Il s’incorpore (ditCalvin) à la vie de Christ.Plongédans l’eau de la mort du Christ  eten ressort VIVANT de la VIE deChrist début de sa vie  éternelle.

Et cette  icône  d’influence byzantine du monastère  Sainte –Catherine montre la force de l’Esprit dans le baptême de Christ, que l’on retrouve dans la vie chrétienne.

 

Elle le montre par3 détails particuliers à elle, qui donnent une belle compréhension du récit.

 

-En tout premier sur cette icône: on voit comme un TRAIT ROUGE qui marque une TRACE qui relie Dieu à CHRIST, c’est l’ESPRIT DIVIN. (en fond, axe du livre de l’AT, et tables de la loi).Ce trait descend du ciel etdéchire ce ciel en 2 parties : L’auteur (chypriote) donne une importance cruciale à ce 1erverset : il vit les cieux se déchirer. C’est le verbe Skizein,  en grec qui a donné, le mot : ciseau, , schisme.  Le TRAIT relie,  mais marque  aussi une DELIMITATION : A partir de ce baptême de Christ, la TRACE de L’ESPRIT (donné à la Pentecôte)  :le temps est scindé , rien  ne sera plus jamais comme avant :  Par l’Esprit,siChrist reçoit la vie, le chrétien reçoit la VIE également .

 

Mais ce qui est important, c’est de voir comment Jésus reçoit cette vie ?

Il reçoit ce Trait rouge de l’Esprit qui RELIE: en REMONTANT  de l’eau ,de la coupe (à l’envers) de la souffrance et de la Croix il reçoit l’Esprit de PAIX  et de  Résurrection.

 

Ceci veut direaussi pour le chrétien qu’il y a une PROMESSE de VIE. On la reçoit, parfois, de REMONTER de l’échec et de la Souffrance. Il y a à ce moment là RENCONTRE  de Dieu et de l’Esprit . Lesévènements de la vie  tendent vers la vie et passent parfois par la Croix. Comme la Résurrection passe par la Croix.

Cela demande d’accepter ce temps de Dieu et d’espérer de la vie .

Les choses commencent parfois à être inanimées avant d’être de la VIE.

 

Le  professeur A. Carpentier fondateur de Carmat, et du  cœur artificiel, (protestant)

écrivait tout début janvier  justement qu’il était très difficile de faire admettre que la VIE réussite venait de l’échec. C’est une question spirituelle de le comprendre .

Il dit aussi que leprincipe de PRECAUTION, qui refuse l’echec, est utile ,maisparfois trop fort en France. Il empêche parfois la vie de la science, et la vie tout court.

 

 

-Le deuxième signe visible sur cette icône est la COLOMBE.  Une colombe qui est peinte de manière particulière : D’abord Christ la regarde, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de peintures, mais surtout , mais surtout, elle figure sur le trait rouge de l’Esprit.

 

SA place  donne sens au texte , Christ ne voit pas une colombe, il voit l’Esprit COMME une colombe. La paix est liée à l’Esprit (au trait rouge).Il voit l’Esprit comme une LIBERTE  au moment où  il ressort de l’eau de la VIE. Et qu’est ce que la liberté, c’estla VIE qui domine sur tout:Sur sa peur, sur sa souffrance, sur la mort, sur ce que l’autre pense sur vous.

Dans ce baptême du Christ, la liberté de l’Esprit lui est donnée par Dieu.

 

Pour le chrétien ,cette force de la LIBERTE, qui fait que la VIE passe au dessus de tout, la souffrance et de la mort, n’est pas une liberté DONNEE par SOI-MËME comme on l’entend aujourd’hui, elle n’est pas un dû, elle est RECUE c’est LA GRACE. Elle est divine.

C’est une LIBERTE reçue à grand prix. C’est le Christ qui s’est donné.

Christ est ce don de la colombe, ce don de la grâce et de la paix, ce don de vie ,et la liberté que chacun peut vivre,  cette force. Il est le « je suis » de la colombe.

Oui, cette colombe posée sur le trait rouge nous le dit n’a pas de limite. La liberté n’a pas de limite . C’est elle qui permet d’avoir la parole franche , la Paressia, de créer d’inventer et d’AFFIRMER  notre liberté, et de ne pas avoir peur de notre monde.

 

La colombe de liberté de l’Esprit  est chère au protestantisme, mais le pense à une sculpture de Chillida (catholique) . Elle est  forme d’ailes Espace pour l’Esprit  (elle est une pièce maitresse du Musée  Gughenheim de Bialbao , ( crée pour son exposition ; existe t-il des limites à l’esprit ). Elle se souvient de la colombe et de la vie de l’Esprit. Chillida dit qu’elle (la liberté )nous dépasse tant, et qu’elle demande d’avoir conviction totale en la Vie, et de ne céder à sa peur.

 

-Enfin le  troisième signe sur cette toile, est peut –être le  plus fort. Sur cette icône, le Christ est NU.  C’est très rare, normalement, il a un pagne.Cette nudité de Christ au baptême, indique que la vie de l’Esprit nous rejoint  dans ce lien de vie du trait rouge et nous RELIE à Christ dans sa pauvreté, il nous donne sa Résurrection.

 

Mais ce n’est pas tout : il est nu avec un corps  androgyne, « homme et femme ».

Et cela c’est extraordinaire, car cela dit que la nudité de Christ est celle de TOUS :  les hommes et des femmes.

Nous somme « LUI », quand nous sommes unisdans notre pauvre humanité,

mais nous sommes ‘LUI » aussi quand nous sommes liés à  SA Vie.

Et comment la reçoit –on cette vie nous aussi ? Quand on fait acte  de nudité, d’HUMILITE , et quelque fois quand on PLONGE.

 

On rejoint la vie de l’Esprit, la GRACE quand on se retrouve devant Dieu en humilité en demandant pardon aussi, DEVANT LUI : CORAM DEO  dit Luther, se disant juste et pécheur . C’est aussi cela vivre son baptême dit Luther.  Ainsi REMONTE-t-ON, reçoit-on la vie de Dieu, ainsi devient on frères et sœurs, dans cette communion vie que Christ a partagé avec nous-mêmes.

(Quand ça ne va pas,  il faut tous aussi vivre son baptême, dans cette nudité.  C’est à partir de cette nudité que nous pouvons recevoir la force de la Création de l’Esprit.). Là est le lieu de toute création.

 

Je souhaiterais terminer en disant, que peut –être que tout cela et même que l’icône pourrait se résuméer en une Parole de Paul : « Le Seigneur est l’Esprit , et là om est l’Esprit , là est la liberté. » 2 Cor, 3 , 17.

 

A nous de nous en saisir, A nous de créer d’accueillir en TOUS l’Esprit du Dieu vivant et de REFUSER tout ce qui refuse la VIE au nomde toute idéologie, au nom de toute religion A nous de refuser toute fausse liberté .

A nous avec la force de l’Esprit et de nous RELIER avec ce fil rouge de l’Esprit en communion entre  frères et sœurs, avec nos baptisés, en Jésus-Christ né de l’Esprit.

Amen