Marc 7, 1 – 23 – « Que puis-je faire pour répondre à Jésus qui me dit Viens et suis-moi »

Dimanche 2 Septembre 2012, par Simone Bernard

 

Les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem s’assemblèrent autour de Jésus. Ils virent quelques-uns de ses disciples prendre leur pain avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. Or les Pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être soigneusement lavé les mains, parce qu’ils tiennent à la tradition des anciens. Et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après avoir fait les aspersions (rituelles) . Ils ont encore beaucoup d’autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases de bronze. Les Pharisiens et les scribes lui demandèrent : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens, mais prennent-ils leur pain avec des mains impures ? Jésus leur répondit : Ésaïe a bien prophétisé sur vous, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est très éloigné de moi ; C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; En enseignant des doctrines Qui ne sont que préceptes humains. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous tenez à la tradition des hommes. Il poursuivit : Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour garder votre tradition. Car Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est qorbân, c’est-à-dire une oblation (à Dieu), vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère ; vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes donnée. Et vous faites bien d’autres choses semblables. Il appela de nouveau la foule et lui dit : Écoutez-moi tous et comprenez. Il n’est rien qui du dehors entre dans l’homme qui puisse le rendre impur ; mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende. Lorsqu’il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l’interrogèrent sur cette parabole. Il leur dit : Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne saisissez-vous pas que rien de ce qui, du dehors, entre dans l’homme ne peut le rendre impur ? Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis est évacué à l’écart. Il déclarait purs tous les aliments. Il disait : Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, prostitutions, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, ruse, dérèglement, regard envieux, blasphème, orgueil, folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l’homme impur.

Nous avons fréquemment vu Jésus prodiguant ses enseignements à la foule, ensemble d’auditeurs plus ou moins avertis, qu’il n’a aucun mal à persuader. Ils sont déjà acquis à ses idées, émerveillés devant les miracles accomplis par le Maître : guérisons diverses, retours à la vie, et cette nourriture suscitée de presque rien et qui sera repas partagé pour une multitude. Mais quand les interlocuteurs de Jésus sont des scribes, des docteurs de la Loi, il en va tout autrement. Ceux-ci sont sur le qui-vive. Ils cherchent à le prendre en défaut, à l’accuser de blasphème. « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul » disent-ils lorsque Jésus s’adresse au paralysé de Capharnaüm en lui déclarant « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ».

Il est souvent en contradiction avec les règlements si étroits des autorités religieuses. Les commandements multiples – au nombre de 613 – régissent toute la vie des Juifs, dans les circonstances les plus variées, en particulier le jouir du Sabbat. Relisons le livre du Lévitique qui détaille tous les actes auxquels doit se soumettre le croyant. Entraînés par leur Maître, les disciples oublient les prescriptions rituelles. Ainsi, il leur est reproché de se mettre à table sans se laver les mains. Nous dirions volontiers aujourd’hui qu’il s’agit d’une mesure d’hygiène. Pourtant, aux yeux des pharisiens, c’est une désobéissance à la Loi, à la tradition. Et c’est bien ce que Jésus reproche aux pharisiens : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu et vous vous attachez à la tradition des hommes.

Il oppose la tradition aux préceptes divins, aux commandements que Moïse rappelait au peuple d’Israël : nous les avons lus tout à l’heure dans le livre du Deutéronome. Il semble que Jésus ne se fasse plus guère d’illusions à propos des pharisiens. Ceux-ci sont trop liés par leurs règlements. Aussi s’adresse-t-il de nouveau à la foule. Peut-être se trouvera-t-il en son sein des hommes plus réceptifs à son enseignement. Et plus tard, il s’explique plus précisément en présence des seuls disciples.

Il ressort de ses propos que tous les aliments sont purs. A quoi bon faire un tri ? L’essentiel est de se bien conduire, car c’est su cœur des hommes que sortent les intentions mauvaises. Il s’agit donc pour l’homme de changer ses pensées, de se conformer aux préceptes du Maître. Le pasteur Nouïs écrit : Jésus fait exploser la conception pharisienne des commandements. La Loi de Dieu n’est pas un catalogue de prescriptions à suivre, elle appelle une conversion de notre cœur, de notre intelligence et de notre pratique. » Et Jésus poursuit son propos par l’aide aux parents. En fait, les pharisiens détournent la parole de Dieu au nom de leurs coutumes. Jésus fait exploser la conception pharisienne des commandements. La Loi n’est plus un règlement, elle redevient une grâce et une promesse.

Et Jésus explique à ses disciples que les pensées impures sont dans le cœur de l’homme et qu’il faut les chasser avec l’aide de Celui qui peut tout. Ainsi la grâce aura envahi notre cœur. L’apôtre Paul, dans ses épîtres, revient fréquemment sur la Loi. Il utilise des mots très violents et va jusqu’à la traiter de « malédiction » (Galates 3, 13). L’apôtre s’appuie sur la vie nouvelle que le croyant est appelé à découvrir dans la vie et la mort du Christ. Jésus, par son enseignement, apporte sa propre lecture des commandements de l’Ancien Testament et nous pouvons entendre ce qu’il dit au jeune homme riche : « Vends ce que tu as, puis viens et suis-moi. »

Comment nous situer, chrétiens de notre temps, devant les engagements à prendre pour suivre le Christ ?

Revenons à l’épître de Jacques, lue tout à l’heure ; écoutons-le : « Accueillez avec douceur la parole plantée en vous et capable de vous sauver la vie. Mais soyez les réalisateurs de la parole et pas seulement des auditeurs qui s’abuseraient eux-mêmes. » Notre culte d’aujourd’hui est en quelque sorte un culte de rentrée, même si la véritable reprise se fera le 30 septembre. Nous avons retrouvé le temple et le confort de ses bancs ; nous avons retrouvé l’orgue et le récital mensuel.

Nous sommes au seuil d’une nouvelle année pour tous ceux qui s’inscrivent dans le cadre scolaire : enfants, adolescents, parents, enseignants. Chacun prend de bonnes résolutions ; c’est toujours ainsi d’une nouvelle année. Et vis-à-vis de l’Eglise et de notre paroisse en particulier, n’avons-nous pas des engagements à prendre ? Prochainement, nous recevrons la plaquette détaillant les activités de notre communauté ; lisons-la soigneusement et posons-nous la question : « Que puis-je faire pour répondre à Jésus qui me dit « Viens et suis-moi ».

Amen.