Jean 20, 19-23 – Pentecôte, souffle de Dieu, souffle du Christ

Prédication du dimanche 4 juin 2017 par le pasteur Evert Veldhuizen

Jean 20 : 19-23 Le soir de ce jour-là, qui était le premier de la semaine, alors que les portes
de l’endroit où se trouvaient les disciples étaient fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint ; debout
au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! Quand il eut dit cela, il leur montra ses
mains et son côté. Les disciples se réjouirent de voir le Seigneur. Jésus leur dit à nouveau : Que la
paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après avoir dit cela, il
souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit saint. A qui vous pardonnerez les péchés, ceux-ci sont
pardonnés ; à qui vous les retiendrez, ils sont retenus.


Pour ce culte de Pentecôte au temple du Saint-Esprit nous est proposé de méditer ce
passage de l’Évangile selon Jean. Restant près du récit, nous ferons chemin faisant des allusions à
l’actualité.

Les disciples se cachent, ils ont peur. Facile de comprendre, car on les cherche pour les
forcer à se taire. Ils avaient déclaré que Jésus est ressuscité, mais les pouvoirs n’en veulent pas
entendre parler. Il n’est hélas pas rare que la liberté d’expression se trouve en péril. Dictateurs et
autres oppresseurs ont mis hors état de nuire des propos qui leur déplaisaient – et certains le font
encore aujourd’hui. Violemment ou subtilement ils musellent les voix ou manipulent les témoins à
l’autocensure. Voyons le cas des disciples. Lorsqu’ils se cachent leur voix n’est plus entendue.
L’Évangile est alors inaudible. Ce peut être une image de la société faite de circonstances injustes
qui finissent par se banaliser. Les maux nous envahissent tant que nous nous y habituons comme si
c’était normal. Eh oui, c’est la vie. Mais c’est a-normal que nos repères comprennent les maux, que
nous nous habituons à un univers trompé qui, avec ses menaces, perversement nous sert comme
l’ensemble de nos repères.

Or, c’est dans de telles circonstances que Jésus apparaît. Brisant la fatalité qui retenait les
humains, il fait irruption dans l’Histoire qui semblait figée. Le Christ crée l’Événement et il change
la donne.
Que la paix soit avec vous, dit-il. Jésus n’apparaît pas pour ajouter une peur à celle qui
les hante déjà. Il vient pour les rassurer à son sujet, et par là à leur propre état au sein-même des
circonstances.
Il montre son corps, non, il n’est pas un fantôme. Reconnaissant le Seigneur, les
disciples sont remplis de joie. Voyez, l’auteur emploie ici un verbe-clef pour marquer Pentecôte,
c’est le verbe « remplir ».

Sont-ils remplis d’une joie excitante ? Non, car Jésus répète : Que la paix soit avec vous. La
résurrection de Jésus-Christ est plus qu’ excitante, elle est une source profonde d’où jaillissent joie
et paix. Cette paix éclaire autrement la violence de la Croix. Elle inspire en nous une sérénité qui
nous arme face aux circonstances. Elle est un composant de l’espérance chrétienne qui émane de
la résurrection.
Les disciples n’ont pas le temps pour s’y habituer. L’événement les lance aussitôt
dans une aventure de la foi.
Je vous envoie dit Jésus. Ils vont dans le monde pour témoigner de la
résurrection du Christ. Mais ils n’y vont pas seuls, le Saint-Esprit leur sera donné pour les
accompagner. En effet, Jésus souffle sur eux, à l’image du Créateur insufflant vie en la matière
inanimée. La création est régénérée.

Et Jésus dit : Recevez le Saint-Esprit. Parole étonnante, qui nous invite à une réflexion
théologique priante. Que signifie de recevoir le Saint-Esprit ? La théologie du Saint-Esprit est chère
à mon cœur. A la première Pentecôte, l’Esprit descendit sur les disciples et ils furent dès lors
capables d’annoncer l’Évangile de Jésus-Christ avec puissance dans le monde. L’Esprit donné et
reçu inspire et envoie. Mais le Saint-Esprit ne s’enferme pas dans une définition unique, ni dans un
seul événement. Déjà selon la seconde phrase du récit de la Création, le Saint-Esprit volait audessus la terre encore informe. Où était l’Esprit entre-temps ? Absent jusqu’au Jour de Pentecôte ?

Certainement pas, parce que les Écritures font état de sa présence et de son œuvre parmi les
Israélites, chez leurs rois et prophètes. Que signifie alors cette Pentecôte ? C’est un événement qui
marque un nouveau départ. La venue du Saint-Esprit déclenche l’expansion chrétienne. C’est une
première qui implique de nombreuses suites.

Encore de nos jours des pentecôtes succèdent à l’initiale. Tenant à cœur d’en être témoin,
je me intéresse en Amérique latine, où les églises de type pentecôtistes se multiplient de façon
exponentielle. J’en parle avec émotion ici dans ce temple du Saint-Esprit. Car pour moi l’œuvre de
Dieu n’est pas réduite à la seule forme qui nous soit familière. Il est avec nous, comme il peut être
aussi avec d’autres. Le souffle de Dieu anima la matière qui se mit debout et se lança dans une
aventure de la vie avec Dieu sur terre. Comme le souffle de Jésus sur ses apôtres anime leur foi et
les lance dans le monde. Mais on s’habitue à tout, même à ces phénomènes. C’est le problème des
seconde et troisième générations. Cependant, ce problème peut être salutaire, car il prépare le
terrain au pentecôte suivant…

Que ce culte soit une célébration d’action de grâces et de louanges. Recevons et pratiquons
l’espérance jaillissant de la résurrection de Jésus-Christ notre Seigneur. Et louons Dieu en Esprit et
en Vérité…
Amen !