Jean 15, 1 à 8 – « je suis le cep ; vous, les sarments »

Dimanche 6 mai 2012, par Simone Bernard

 

Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà, vous êtes émondés, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure sur le cep, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Moi, je suis le cep ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruit, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche ; puis l’on ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit, et vous serez mes disciples.

Avant sa crucifixion, maintenant proche, Jésus s’entretient avec ses disciples, délivrant un certain nombre d’enseignements. Il ne s’agit pas de paraboles, mais de directives, de mises en garde. Il affirme, nettement, sa filiation. Tout ce qu’il dit vient de Dieu et lui, Jésus, vient vers nous, les hommes, pour qu’à notre tour nous ayons part à son œuvre.

Sous la plume de l’évangéliste Jean, l’image se dessine. Imaginons un vignoble : des alignements de ceps, soigneusement rangés, s’étagent sur des coteaux comme en Champagne, ou s’étalent à perte de vue dans les plaines méridionales.

En attendant la saison des vendanges, les ceps réclament des soins attentifs. Dans la vigne, il existe des plants différents : certains poussent mieux que d’autres ; certaines branches s’étiolent et il est nécessaire d’émonder. Ce verbe signifie « nettoyer ». Le viticulteur ôte les sarments desséchés qui gênent les bonnes branches. Le cep respire, reprend vigueur. La vigne sera belle, la récolte abondante. L’image de la vigne c’est celle de l’Eglise. L’Eglise ne peut vivre que si elle reste attachée au cep – le Christ – recevant de lui son amour et sa force. Elle doit être soignée, émondée, débarrassée des rameaux inutiles, afin qu’ils ne polluent pas le cep. Ainsi nettoyée, la vigne portera du fruit en abondance.

Nous sommes les disciples – les sarments – de Celui qui est le cep – Jésus – et ne veut rien, sinon ce que veut le Père – le vigneron – qui l’a envoyé. Jésus s’annonce comme la vraie vigne dont nous sommes les sarments. Comme le cep n’est rien sans le dessein du vigneron, le sarment n’est rien s’il n’est greffé au cep. Réjouissons-nous d’être ainsi reliés au cep, sarments pleins de vigueur, fortifiés par la parole du Maître. Mais recevons aussi la consigne du Christ : « de même que le sarment, s’il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même porter du fruit, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi ».

Le sarment doit demeurer attaché au cep pour en recevoir sa nourriture. De même le disciple doit rester à l’écoute du Maître, recevant sa parole et la mettant en pratique, l’annonçant et la pratiquant. Quelquefois, un sarment que l’on pourrait croire inutile, bon à jeter et à brûler, va se révéler un rameau plein d’avenir. Je pense au texte qui a été lu tout à l’heure, au chapitre 9 du livre des Actes, concernant l’apôtre Paul. Celui-ci n’a-t-il pas été un rameau sans valeur pour la nouvelle communauté des croyants ? Sans valeur et même nuisible puisqu’il a combattu la communauté installée par les apôtres. Oui, un sarment sans valeur, tout juste bon à jeter au feu. Or de ce rameau, Dieu a fait naître un homme nouveau, un disciple zélé qui a été à l’origine de toutes ces communautés dont il a pris souci : Ephèse, Corinthe, dont nous avons parlé vendredi et d’autres encore.

Nous pouvons en déduire que l’émondage doit être pratiqué avec précaution, avec discernement. Ne rejetons pas d’autorité les personnes qui ne nous semblent pas conformes à nos règles de vie, à nos coutumes paroissiales. Peut-être y a-t-il parmi elles des sarments remplis de promesses. Ici, la communauté des croyants est comparée à une vigne. Ailleurs dans les Ecritures, elle est comparée à une maison (évangile de Matthieu). L’apôtre Paul la compare à un corps dont chaque membre a un rôle à jouer.

Il s’agit toujours de l’Eglise qui doit rester à l’écoute de Celui qui a dit : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » et encore « Soyez pour moi des disciples ». Essayons de faire de notre église une communauté accueillante, chaleureuse, sachant s’ouvrir aux autres, puisant ses forces auprès de Celui qui a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Ecoutons sa promesse : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous arrivera ». Merveilleuse promesse que nous pouvons partager aujourd’hui et toujours.

Amen