Genèse 9, 8-15 – « l’alliance avec Dieu »

dimanche 26 février 2012, par – Simone Bernard

 

Le texte de la Genèse que nous venons de lire rapporte le « re-commencement » de l’humanité. En effet Dieu, constatant la méchanceté toujours plus grande qui règne sur la terre, décide d’anéantir Sa création. Nous sommes loin de la satisfaction affichée par le Créateur au chapitre premier de la Genèse « Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. »

Toutefois, Noé et sa famille seront épargnés, ainsi qu’un spécimen de chaque espèce animale. Et c’est ainsi que Noé va construire l’arche, sélectionner les animaux qui permettront la reproduction des espèces. Avec eux, il mettra à l’abri sa femme, ses fils et leurs épouses, huit personnes en tout ainsi que le précise l’apôtre Pierre dans sa lettre.

Le déluge s’est abattu sur la terre, tout est noyé, anéanti. Puis le calme revient ; la terre sèche, la nature reverdit, la colombe revient avec en son bec un rameau d’olivier. La vie peut reprendre. Le cauchemar est fini. Mais Dieu veut totalement rassurer Noé et les siens. « Il n’y aura plus de déluge sur la terre » affirme-t-il. Est-ce à dire que les humains ne connaitront plus des risques liés aux intempéries : orages, pluies torrentielles et autres cataclysmes ? L’Eternel ne dit rien de tel. Nous savons bien que des désastres liés à la nature se produisent périodiquement, que viennent souvent compliquer les imprudences humaines.

Mais Dieu annonce un signe par lequel ces « rescapés »et leur descendance après eux sauront que lui, Dieu, les protégera. De cette arme de guerre, Il ne fera plus usage contre les humains. Plus jamais.

Et l’arme devient l’arc-en-ciel, figure de protection et non plus de destruction. Voici ce que qu’écrit Antoine Nouïs à propos de l’arc-en-ciel : « Nous savons que l’arc-en-ciel est un phénomène naturel qui résulte de la réfaction des rayons du soleil sur les nuages. La Bible nous invite à le regarder comme un signe de la grâce, un clin d’œil du Créateur. Il est le symbole de l’alliance entre Dieu et toute l’humanité qui est inconditionnelle : rien n’est demandé à l’homme, ni aux animaux, en échange de l’engagement de Dieu. Depuis ce jour, chaque fois qu’il voit l’arc-en-ciel, le Juif est invité à prononcer une bénédiction sur Dieu qui se souvient de l’alliance, qui est fidèle à son alliance, et qui accomplit sa parole ».

Quand nous admirons un arc-en-ciel, bouquet de lumière après la pluie, pensons à l’alliance qu’il représente. C’est avec l’humanité entière que Dieu a fait alliance. L’alliance est un contrat qui induit des droits et des devoirs pour chacun des partenaires. Sur le plan théologique, le terme évoque la relation qui unit Dieu aux hommes.

Ce contrat initial avec Noé, Dieu le renouvellera avec Abraham à qui il promet une descendance pourtant improbable, et le signe en est la circoncision. L’Alliance avec un grand A, celle de Dieu avec Moïse, celle du Sinaï (Exode 19-20) a pour signe l’arche et las dix commandements. Le peuple emportera l’arche avec lui dans sa longue errance et l’installera au cœur du temple de Jérusalem lorsque celui-ci sera construit.

D’autres engagements jalonnent l’histoire d’Israël : Josué à Sichem – Jos.24 ; David et sa dynastie, 2 Samuel 7 ; la dédicace du Temple – 1 Rois 8 ; la réforme de Josias, 2 Rois 23 ; l’engagement de Néhémie Ne 9-10, ne sont que des rappels et des réactualisations de l’Alliance du Sinaï. Dans le Nouveau Testament, l’alliance nouvelle est évoquée de façon explicite au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples. « Il prit la coupe après le repas et la leur donna en disant : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous » (Luc 22, 20). Le sang de la nouvelle alliance fait référence au sang de la cérémonie accompagnant l’alliance du Sinaï. La croix est le sceau de l’alliance nouvelle entre Dieu et les hommes.

L’Ecriture nous présente donc la relation de Dieu avec les hommes en termes d’alliance ; cela nous dit trois choses :
- Dieu a pris l’initiative de toutes les alliances. Il s’implique dans l’histoire de l’humanité, il ne reste pas spectateur.
- Dieu a choisi l’homme comme partenaire pour construire cette histoire, il ne veut pas la faire seul.
- Par la Croix, Dieu nous invite à vivre une alliance nouvelle marquée par l’amour et la liberté.

Mais qui dit « alliance » implique une réciprocité. Certes nous sommes au bénéfice des évènements que nous venons d’évoquer. Et nous sommes en particulier marqués par le sceau de la Croix. Or Dieu s’engage seul et ne pose aucune condition. Il est toue amour.

Quels que soient les difficultés, les découragements dont l’existence humaine est jalonnée, Dieu reste fidèle et renouvelle son alliance avec chacun d’entre nous. Souvenons-nous en en toute circonstance et pas seulement lorsque nous sommes émerveillés devant un arc-en-ciel. Souvenons-nous en, lorsque réunis autour de la table de communion, nous rappelons l’institution de la Cène : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang versé pour vous ».

Amen