Retrouvez notre paroisse sur Fréquence Protestante

La journaliste Evelyne Lubert de la  radio Fréquence Protestante a interviewé le Président du Conseil Presbytéral dans son émission « Des Hommes et des Temples ».

Frédéric Martin y présente l’histoire du Temple, de ses paroissiens, les activités de la paroisse et le programme de la célébration des 150 ans, qui commenceront avec les journées du Patrimoine, en Sept 2015.

A réécouter sur le site Fréquence Protestante (durée: 43 minutes).

Culte d’action de grâce pour Pierre-Vladimir Lobadowsky et Mathilde Forissier

Par le Pasteur Béatrice Hollard-Beau,

 

Psaume 6, Psaume 8, Jean 14 v 25-29

 

Amis frères et sœurs, où est le ciel, où ? Il y a des jours et des temps de la vie, où l’on est bien loin de vouloir s’adresser à Dieu, comme le fait le Roi David, proclamant que le Seigneur est ‘magnifique’. Ce sont plutôt des paroles de révolte qui nous traversent: Et toi Eternel, jusques à quand ?

Où est le ciel où ? Le poète juif Paul Celan, après avoir perdu les siens en1946 se posait cette question ; il continuait en disant : je regarde autour de moi, cela ne peut être le ciel, les heures passent et je ne trouve rien… Nul besoin de connaitre ce poète pour deviner la résonnance de ces mots et pour comprendre qu’en évoquant le ciel, c’était de Dieu dont il s’agissait.

Où est le ciel où ? Parfois notre ciel intérieur ne s’élève plus, ne nous parle plus… Comment ne pas penser à nos deux amis Pierre-Vladimir et Mathilde nous ont quittés. Même si je ne les ai pas connus, ma peine est forte. J’ai entendu leurs parents, Odile et Paul Boris, Florence et Nicolas. J’ai des enfants aussi. Je n’oublierai jamais ces rencontres. Elles s’imprègnent à jamais.

Où est le ciel, où ? Deux vies qui s’écroulent, avec un tas de pierres. Plus que révoltant, c’est un abime, une incompréhension, une blessure aigue pour vous tous, ses proches et amis, éprouvant pour vos êtres et vos fois… Aucune foi ne peut rester indemne et ne peut se sentir questionnée devant ce vide et ce mystère, en tout cas sans le secours, oui, sans le secours de la parole de Dieu.

Alors vous voyez, mes amis, dans cette parole de Dieu, dans ces psaumes que nous avons lus, le Roi David souffre aussi. C’est pour cela qu’il compose. Mais il y a quelque chose d’étonnant qu’on peut se demander: comment est-ce possible que ce roi David, dans tous ces psaumes, lui qui est détruit par ses ennemis, qui apprend dans un autre temps que son fils malade est mort, qui est brisé au point écrire, jusques à quand, Eternel, lorsque je traverse le chemin de l’ombre de la mort, (au psaume 23). Comment peut-il passer de ces mots de souffrance à : Eternel que ton nom est magnifique ? Comment peut-on vivre un tel renversement ?

Eh bien mes amis, c’est qu’il ne dit pas que ‘l’Eternel est magnifique’ Non. Il dit : Eternel que ton ‘nom’ est magnifique. Il perçut comme une révélation que Dieu était plus que Dieu, pas un Dieu abstrait. Que son nom, sa personne portait en lui une promesse. Promesse invisible et invincible, une promesse incompréhensible en ce moment de souffrance : un souffle de vie inexplicable, qui dépasse toutes circonstances, contre vents et marées, une promesse établie. Que ton nom est magnifique : un ‘don’ immédiat de Dieu.

Un nom comme une révélation : Eternel : une promesse qui traverse le temps. C’est peut-être, entre autre, pour cette raison que ce nom Eternel est un mot imprononçable pour un juif. L’Eternel est un acte, l’acte de Dieu, l’Etre, avant, présent, après, qui vous approche. D’ailleurs en hébreu L’Eternel, est constitué de la racine du verbe ‘être’, imprononçable pour un juif car selon les voyelles qu’on pose sur ses 3 consonnes, son nom signifie j’ai été, je suis, ou je serai….

Et le roi David comprit que qui dit promesse de Dieu, dit promesse de vie pour l’homme, dans l’ici et maintenant (pas uniquement dans le futur, dans l’aujourd’hui de la vie). Promesse qui fait dire au roi David : qu’est-ce que l’homme pour que tu t’intéresses à lui ?

Comment ne pas penser alors à cette belle vie qu’ont eue Pierre-Vladimir et Mathilde ? Promesse déjà au cœur de leur vie qui était ‘recherche’ de chaque jour.
– Mathilde : si belle, attentionnée aux autres, courageuse. Si forte et fragile. C’est lorsque cohabitent les deux que réside la vraie beauté, beauté intérieure….
– Pierre Vladimir : si paisible, comme son nom l’indique, si curieux de la vie et de la nature. Si proche des autres. Leur vie était foi ‘en la vie’, en la promesse de Dieu du lendemain. Ils en avaient tellement conscience, qu’ils étaient partis au Népal, pour réfléchir et envisager peut-être une promesse de vie et d’amour ensemble devant Dieu.

Que le nom de Dieu est magnifique, parce que jamais les vraies promesses ne se perdent, et que dans le nom de Dieu, dans sa personne éternelle, se niche une promesse, un mystère qu’on ne voit pas au présent, qu’on ne comprend pas toujours dans le passé, mais qui se révèle quelquefois dans l’au-delà.

C’est vrai que leur vie sur cette terre n’a pas reçu la promesse d’engagement ; quoique, qui sait dans leur intimité, ce qu’il s’est dit. Mais surtout, qui sait si mourir ensemble dans cet amour, n’est pas déjà une promesse, inscrite dans la promesse de Dieu ? Un sens au-delà. Dieu détient le secret de cette promesse donnée ou pas, qui les accompagne dans l’Eternité.

Alors oui, le nom de Dieu est magnifique pour tout cela, mais je vous avoue que je n’aurais peut-être pas choisi ces psaumes, s’ils ne contenaient pas encore autre chose : Qu’est-ce que l’homme pour que tu t’intéresses à lui, et le Fils de l’homme pour que tu prennes garde à lui : Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu. Tu l’as couronné de gloire. Le Fils de l’homme dont parle le psaume, c’est pour les chrétiens, le Christ. Dieu a tellement pris garde à lui, qu’il a transfiguré sa mort en vie. Le Nom de Dieu est magnifique, car de même qu’il a donné la vie à Christ, il la donne à l’homme : Dieu nous a couronné de gloire. Et la gloire, c’est la vie en éternité dit Jean. Il leur a donné la vie en éternité. C’est ‘La Promesse’.

Alors je comprends mes amis qu’elle est difficile à entendre, en ce moment cette promesse : Dieu qui donne la vie en éternité. Mais j’y crois. Combien vois-je de personnes qui disparaissent et qui nous donnent témoignage de cette vie. Ce qui est incroyable et mystérieux, c’est que ceux qui sont proches reçoivent quelque chose de leur éternité, une énergie vivante de l’Esprit. Cela nous accompagne, comme une promesse de vie qui nous bonifie, qui nous transforme, nous vivants. C’est pour cela que je suis devenue pasteur, j’ai reçu cette grâce ainsi.

Alors je voudrais terminer en vous disant qu’au cœur de cette souffrance qui reste là, oui, ces textes nous invitent dans la mémoire de Pierre-Vladimir et de Mathilde, peut-être pas à croire, la foi n’est pas sur commande, mais en tout cas à faire confiance, et à espérer en Dieu, en sa Parole Christ, vivante en chaque homme. Ils nous invitent à tenir ferme cette promesse de vie grâce au Saint Esprit qui nous escorte.

Ils nous invitent à ne pas se laisser culpabiliser devant cette mort. Souvent le deuil fait culpabiliser ; notre for intérieur nous joue ce tour ainsi. Ils nous invitent à ne pas souffrir d’impuissance, ni à craindre ce qu’on a ‘trop dit’, ou ‘pas assez dit’, à ne pas s’enfermer dans une non issue d’un ciel vide. Ils nous invitent à nous confier en Dieu. Le Ciel n’est pas vide.

Il faut s’attendre à recevoir des témoignages de vie par le Saint Esprit, le Consolateur Il est dans l’invisible, au milieu des autres, à travers nos paroles, nos prières, nos projets, autant de lieux de l’Esprit où nous recevrons la force de l’Esprit et l’amour, dans le mystère de ceux qui nous ont quittés et qui nous accompagnent dans la vie spirituelle.

Et je terminerai en vous disant que Oui, je le crois que la promesse se situe au milieu des hommes et des femmes de notre temps, en la communion des saints, où domine la vie intérieure et éternelle. Elle est paix en Christ qui nous la donne.
‘L’Esprit saint que mon Père enverra, en mon nom dit Jésus, vous enseignera toutes ces choses et vous le fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit’. Christ poursuit : ‘Je vous laisse la paix
, je vous donne ma paix.’ Il est là je pense, le ciel. Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit,

 

Amen