Romains 6, 3-12 – « estimez-vous morts pour le péché et vivants pour Dieu, en Jésus-Christ »

Dimanche 29 juin 2014, par le pasteur Jean-Arnold de Clermont

Nous savons qu’en nous l’homme ancien a été crucifié avec lui, pour que le corps du péché soit réduit à rien et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; 7car celui qui est mort est justifié, il est quitte du péché. 8Or si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, 9sachant que le Christ réveillé d’entre les morts ne meurt plus ; la mort n’exerce plus sur lui sa maîtrise. 10S’il est mort, en effet, c’est pour le péché qu’il est mort, une fois pour toutes ; et s’il vit, il vit pour Dieu. 11Ainsi vous-mêmes, estimez-vous morts pour le péché et vivants pour Dieu, en Jésus-Christ. 12Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel : n’obéissez pas à ses désirs.
Je ressens comme un privilège de pouvoir encore partager avec vous ce texte de l’apôtre Paul que je considère comme étant peut-être le texte central du Nouveau Testament. Certes, ce texte serait sans signification s’il n’y avait les récits des évangiles, les commentaires du reste de l’Epître aux Romains ou l’Epître aux Galates… mais ici, par une sublime inspiration, Paul concentre en quelques mots tout ce qui fait le mystère de notre salut, et la richesse de notre vie chrétienne.

Laissons de côté la question du baptême, ou plutôt acceptons le principe que Paul appelle « baptême » ce qui relève de l’initiative de Dieu par laquelle nous sommes appelés au salut, et dans un même mouvement la réponse de foi que l’Esprit nous inspire. Notre pratique d’Eglise qui baptise les petits enfants distingue ces deux dimensions du baptême, les séparant dans le temps. Pour Paul, cela ne fait qu’un. Mais cela étant recevons ce cadeau magnifique que nous fait l’apôtre en nous dévoilant ce que signifie « être en Christ ».
Le baptisé, nous dit Paul, est en Christ. Ce n’est pas le résultat d’une extase mystique, même si celle-là peut exister. Pour Paul c’est le fruit d’une histoire et d’une parole. Je m’explique :
L’histoire est celle de Jésus Christ lui-même. Il a été, comme tous, soumis au péché. Mais il a refusé le règne du péché. Et sa mort au lieu d’être victoire du péché a été sa propre victoire sur le péché. La mort n’a plus d’empire sur lui. Christ ne meurt plus ! dit Paul, il est ressuscité des morts. Cela c’est l’histoire. Ce sur quoi repose toute la conviction de l’apôtre et la parole qu’il nous adresse. Et cette parole est simple : le baptême est votre union, votre assimilation à cette histoire. Si Christ est mort, vous êtes morts aussi. Avec lui ! Comprenons bien, dit Paul : ce que nous voyons, entendons et comprenons du Christ, nous concerne au premier chef. C’est de nous qu’il s’agit, nous qui avons été faits une même plante avec lui, comme le traduisait Segond.

Mais ce n’est là que le premier temps de la démonstration de Paul. Et voici le second : notre vie en Christ ouvre à la vie du Christ en nous, en chacun et en tous. Ou pour dire les choses autrement, le Christ nous a fait passer de l’ordre ancien à une nouvelle sphère de vie, où sa résurrection donne sens à toutes choses. C’est le présent de notre existence. Etre une même plante avec lui, c’est le laisser croître en nous.

Bien plus, nous sommes entraînés vers la vie avec lui, ce futur de notre existence où toutes choses seront accomplies, dans la présence du Père.

Dans cette description de notre existence de baptisés, j’aimerais souligner deux dimensions qui me semble capitales. La première concerne notre « Immortalité ». J’emploie le mot parce qu’il est choquant, mais il doit nous faire réfléchir. Nous l’entendons souvent employer pour parler de l’âme. Elle serait immortelle et retournerait vers Dieu lors de la mort de notre enveloppe physique. Vous entendez bien, combien Paul est éloigné de cette compréhension des choses. Il n’est pas question chez lui d’un petit morceau de nous-même qui serait agréable à Dieu et pourrait monter vers Dieu. Mais bien du Christ qui à travers la mort, la sienne, et ce qu’elle signifie comme condamnation de notre humanité pécheresse, et malgré elle, nous prend avec lui et nous ouvre à la vie éternelle, la vie en lui afin que nous marchions vers le royaume de son père.
Et c’est cette assurance de vivre en lui et lui en nous qui nous permet de faire de notre vie une vie au service de Dieu.
C’est à dire une vie où nous luttions contre le péché – c’est à dire l’éloignement de Dieu ; une vie où nous luttions contre l’injustice, c’est à dire où nous donnions des signes de sa justice.
C’est la relation étroite que le baptême établit entre le Christ et nous qui fonde tout à la fois notre culte – le service de Dieu- et notre engagement dans la société – le service des hommes.

C’est à la lecture de ces quelques versets que j’entends qu’une vie devant Dieu vaut la peine d’être vécue. Sans crainte. Avec enthousiasme.

Sans crainte. Est-ce le fruit d’une nature optimiste ? Peut-être. Mais je suis convaincu que l’optimisme ne suffit pas. Car vient à nous cette parole véritablement libératrice qui nous fait entrer dans une autre compréhension de notre vie. Elle n’est plus soumise au jugement. Ou plutôt le jugement est déjà passé sur notre vie. Le Christ a déjà fait la part de ce qui doit être purifié, pardonné. Et cette part a déjà été éliminée par la mort du Christ pour nous. Que craindrais-je encore ? Peut-être de ne pas savoir accueillir ce pardon. De rester les yeux tournés en arrière et de devenir statue de sel comme la femme de Lot. Mais si j’entends cette parole, si je la reçois comme la parole de Dieu pour moi, alors je peux regarder devant moi et marcher.

Et j’ajoute, avec enthousiasme. Parce que rien ne me retient. Je risque de me tromper, de faire des faux pas, de ne pas entendre ou comprendre ce que Dieu attend de moi. Cela ne portera pas à conséquence, dès lors que je serai engagé dans le combat pour sa justice, dès lors que je chercherai à lui rendre un culte par la vie que je mènerai. Tout sera sous sa grâce.

Est-ce un regard idéalisé sur notre existence ? Je ne le crois pas. C’est un regard sur ce qui dans notre existence appartient à notre relation avec le Christ. Certes, il reste et restera bien des aspects de cette existence qui échapperont à cette grâce. Le vieil homme s’accroche. Mais l’esprit est à l’œuvre pour que l’homme nouveau apparaisse sous cette carapace. Et viendra le jour où il sera pleinement révélé.

La musique est un don de Dieu

« La musique est un don de Dieu », « elle est servante de la théologie », telle est la conviction de tous les Réformateurs, qu’il s’agisse de Luther, Calvin, Farel, Bèze…
Calvin sera convaincu de la nécessité du chant communautaire. Dans la 1èreédtion de L’Institution de la religion chrétienne, publiée à Bâle en 1536, il explique que le chant fait partie des prières publiques. ; « Ce serait une chose bien expédiente à l’édification de chanter aucuns psaume en forme d’oraison publique par lesquels on fasse prière à Dieu »
Nous chantons principalement avec le recueil de chants ALLÉLUIA et occasion-nellement avecle « Psautier français » (livres bleus pour les 150 psaumes).

La Maîtrise de l’Eglise du Saint-Esprit

Sous la direction de M.Pierre Vincent, un groupe vocal, la Maîtrise de l’Église du Saint- Esprit, se réunit les jeudis de 17h30 à 19h pour apporter au chant d’assemblée un appui et une amplitude nouvelle lors des chants des psaumes et des cantiques tirés du recueil de chants « Alléluia ».

Ce groupe vocal se tient le dimanche matin à la tribune de l’orgue lors du culte, en lien avec l’organiste.Il apprend, une fois par mois, un nouveau cantique à l’assemblée.

Les récitals du dimanche

L’organiste titulaire de l’orgue du temple du Saint- Esprit (voir les informations sur le site www.erf-saint-esprit.org), M. Kurt LUEDERS, donne, avec d’autres organistes, un récital tous les premiers dimanches du mois à 10 heures.Vous pouvez signa-ler la tenue de ces récitals à vos amis et à vos proches et venir avec eux. Le culte commence aussitôt après, à 10h30.

Le chœur Per Cantum

Lechoeur »PerCantum » se réunit dans les salles paroissiales tous les lundis de 19h30 à 21h30. Il regroupe 45 choristeset se produit pour 2 concerts par an. Il participe ainsi au rayonnement de l’église.
Per Cantum accompagne le culte lors des grands événements annuels. Ces cultes sont pour certains choristes l’occasion de découvrir le protestantisme, l’expression de sa foi et la richesse de son patrimoine musical.
Le chœur est ouvert à tous sur auditions.Contact :

CONCERT

au temple du Saint-Esprit
Dimanche 8 février 2015 à 18 heures
Lundi 9 février à 20 heures 30

Chef de chœur : Étienne Lestringant

Alessandro Scarlatti : Dixit Dominus
Antonio Lotti : Miserere en ré mineur
Antonio Vivaldi : Gloria RV 589

Cantate contemporaine : « Voici Noël »

Vendredi 5 décembre à 20h30 : cantate contemporaine :« Voici Noël »`de John Featherstone. avec les cuivres de l’Armée du Salut, chorale, section rythmique, textes bibliques .

Matthieu 28 v16-20 – « Des hommes et des femmes, des disciples, accompagnés, envoyés, pardonnés… »

Dimanche 7 juin 2009 – par François Clavairoly

 

Chers amis, frères et sœurs en Christ, Chers catéchumènes,

Je m’adresse aujourd’hui à ceux qui ont demandé la confirmation, c’est-à-dire à ceux qui ont osé faire un pas, à ceux qui sont sortis du rang et qui ont répondu lorsque le Seigneur appelait.

Je m’adresse en outre à ceux qui sont baptisés depuis longtemps déjà et qui ont été confirmés et à vous tous qui écoutez : vous avez entendu ces mots de l’Evangile qui sont pour vous ce matin. Ne les oubliez pas. Ils vous sont offerts par le Christ, Parole de Dieu. Et que disent ces mots ? Trois choses essentielles : Vous êtes accompagnés, vous êtes envoyés, vous êtes pardonnés !

1°)-Vous êtes accompagnés dans votre vie, et vous n’êtes pas seuls. Certes, des parents ne sont pas loin, et vous êtes en relation avec vos proches, vous disposez d’un réseau familial et amical sur lequel vous pouvez compter. Mais en vous-mêmes, au plus profond de vous-mêmes, au moment où vous plongez vos regards au plus intime de votre personne, le Christ vient vous rencontrer et vous donner une identité originale, imprenable et unique : celle de fils et de fille d’un même père. Vous êtes accompagnés, c’est-à-dire que vous avez un compagnon de route qui se tient présent tout au long de votre existence, même et y compris lorsque vous vous trouverez dans l’épreuve, même lorsque vous serez dans le malheur ou lorsque vous serez persuadés d’être abandonnés et seuls avec vous-mêmes. Christ vivant, mystérieux compagnon de vos vies se révèlera à vos yeux et redira ces mots qu’il a prononcé devant ses amis, signifiant ceci : je suis avec toi, je suis avec toi et tu es accompagné au long de ta vie par celui qui te sauve de tous les dangers et de toutes les détresses. Vous êtes accompagnés, mais plus que cela, vous êtes envoyés.

2°)-En d’autres termes, vous recevez la vocation de partager cette extraordinaire nouvelle selon laquelle l’homme n’est pas seul, car le Christ se porte auprès de celui qui, précisément, au sein de sa famille, au coeur de son réseau d’amitiés, au plus profond de sa vie personnelle et sociale, connaît secrètement et douloureusement l’abandon, l’isolement, l’incompréhension, l’exclusion, le rejet. Vous recevez la vocation de transmettre ce message de sorte qu’à travers vous, par les mots que vous saurez prononcer à votre tour et les gestes que vous saurez accomplir, celui qui se trouve seul découvre le visage du Christ vivant et le signe d’une humanité solidaire et responsable. Vous avez entendu, au cours de cette année Calvin (Noyon 1509-Genève1564) et tout au long de votre catéchisme, combien la prise au sérieux de cet appel à prendre ses responsabilités dans la vie, constituait une part décisive du message de la Réforme. Prendre ses responsabilité signifie, en effet, au sens propre du terme « responsabilité », la capacité personnelle à « répondre » et le refus de rester inactif, muet, sans opinion : être capable de répondre et de prendre le risque d’une réponse, une réponse qui ne soit pas forcément celle de la majorité, qui ne soit pas non plus celle tellement suggérée du discours dominant, de la doxa ou du « dernier qui a parlé », capable de répondre et d’agir y compris avec la possibilité de se tromper, de ne pas être parfait, d’ouvrir un champ de possibles qui laisse penser que d’autres options soient possibles et permises, mais en tout cas capable de répondre de tout cela. Capable et non pas coupable.

3°)-Car, et ce sera le troisième élément essentiel de ce message, vous êtes déjà pardonnés. Je veux dire qu’en Christ, vous êtes libres. Libres non pas de faire n’importe quoi -il y a la loi et la justice- mais libérés pour agir et mettre en œuvre selon vos décisions, dans le cadre du droit et pour le bien commun, ce que vous avez décidé de réaliser dans la vie. Après vos études, grâce à la qualité de votre formation, à travers votre profession, vos convictions personnelles, politiques et religieuses, c’est dans la liberté que vous exercerez vos responsabilités, sans crainte d’être jugés ni culpabilisés par quiconque.

Accompagnés, envoyés et pardonnés, tels sont les termes de votre identité chrétienne, désormais.

Dans un monde en pleine mutation -mais au fait, est-il déjà arrivé que ce monde ne connaisse pas une période de changement ?…-, dans une Eglise elle-même traversée par bien des évolutions et des transformations de toutes sortes, et dans vos vies personnelles et intimes, au tournant de l’adolescence et de l’âge adulte, le Christ vous touche par sa parole et il vous institue comme disciples : vous voici donc prêts.

Certes, vous êtes jeunes et, comme chacun de nous dans ce temple, emplis de doute, et d’hésitations. Mais là encore le texte de ce jour vous rejoint et rencontre vos vies dans toute leur complexité et dans leur vérité : voici ce verset, en effet, auquel vous devez être attentif et qui présente la dernière description connue des disciples dans l’Evangile de Matthieu : « Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes. » Ils eurent des doutes… !

C’est que le Christ, hier comme aujourd’hui, sait de quoi nous sommes faits. C’est qu’il n’attend donc pas de notre part la foi invincible du héros mais bien la confiance humble et tenace du disciple, la confiance fragile et pétrie de doute, la foi, certes, mais traversée par le doute, la vraie foi, celle qui affronte l’épreuve du doute et la traverse éperdument et victorieusement.

Et comme chaque jour de nos vies, comme chaque dimanche lors de nos cultes, les uns et les autres chantent les louanges de Dieu et prient leur Seigneur en même temps qu’ils le supplient de venir au secours de leur incrédulité, chacun de nous, ici même, croit et doute en même temps, croit et renie, comme Pierre l’a fait jadis, et chacun reçoit le pardon, pour, sans cesse, recommencer sa vie avec le Christ.

De sorte que les membres de l’Eglise et les catéchumènes de tous les pays et de tous les temps comme chacun de vous ici et en ce moment même, soient assurés d’être à la fois accompagnés chaque jour par le Christ, mystérieux visiteur de nos vies, envoyés dans le monde par la force de l’Esprit Saint, et sans cesse pardonnés par la grâce d’un Père bienveillant et miséricordieux,

Amen