Matthieu 23, 1-12 – « qu’est-ce que la repentance ? »

Dimanche 30 octobre 2011, dimanche de la Réformation, par Simone Bernard

 

Ce dernier dimanche d’octobre est traditionnellement consacré à la Réformation. Qu’entend-on par ce mot ? Il s’agit de l’anniversaire d’un évènement qui a eu lieu le 30 octobre 1517 à Wittenberg, en Allemagne. Un moine, Martin Luther affichait 95 thèses pour inviter au renouvellement de l’Eglise. Etudiant la Bible – il était exégète, professeur d’université – il va se trouver engagé avec un cercle d’autres enseignants, dans une série de débats, de recherches, de déclarations visant à rejeter les pratiques de l’Eglise.

Les textes bibliques seront alors valorisés à la mesure du salut offert gratuitement qu’ils annoncent et retrouveront l’autorité sur le lecteur et sur toute instance – y compris l’Eglise empêtrée dans des dogmes et des traditions. Au nombre de celles-ci, nous trouvons les indulgences. Cette pratique existait depuis le XI siècle. Primitivement, elles se rapportaient aux peines imposées par l’Eglise ici-bas, puis avaient été étendues à celles du Purgatoire, y compris à celles touchant des personnes déjà décédées.

L’attribution des indulgences n’était pas gratuite et constituait un apport pour le clergé, notamment pour la papauté.

L’indulgence contre laquelle s’éleva Luther avait été promulguée en 1506 et renouvelée en 1517. Les sommes recueillies devaient servir à financer la construction de la basilique Saint Pierre à Rome.

Où se situe alors la vraie repentance prêchée par Jésus ? Luther affirme que « n’importe quel chrétien vraiment repentant a pleine rémission de la peine et de la faute ; elle lui est due même sans indulgence ». Et encore : « Le pape ne peut remettre aucune faute, si ce n’est en déclarant et en affirmant qu’elle a été remise par Dieu ».

Nous pourrions croire que la pratique des indulgences fait partie du passé de l’Eglise. Or aujourd’hui, le catéchisme romain ne renie pas cette pratique moyenâgeuse, dont l’assise non seulement biblique, mais aussi théologique, apparaît plus que fragile. En 2007 – c’est tout récent – le pape Benoit XVI a accordé ne indulgence plénière du parcours de la croix des JJMJ en Australie.

Cette compréhension du rôle de l’Eglise, ni les orthodoxes, ni les anglicans, ni les protestants de toutes les confessions ne la considèrent comme valide. Le pardon appartient à Dieu seul en Jésus-Christ, la rémission des péchés est accordée par grâce et l’Eglise et l’humble servante du Christ, son Seigneur. Sa mission est principalement de témoigner par la prédication et les sacrements.

Luther n’imaginait sans doute pas que son action allait rencontrer une diffusion aussi rapide et un retentissement aussi énorme. La Réforme était en marche. Le message est simple, bref, mais puissant : « Le salut vient de Dieu en Jésus-Christ ». Il y a bientôt 500 ans qu’a eu lieu l’évènement que nous évoquons, et l’Eglise a toujours besoin de se remettre en question, l’Eglise dans son ensemble et chacun de ses fidèles en particulier. Redonner à la Parole de Dieu non seulement tous ses droits, mais aussi toute sa saveur, faite de joie et de liberté. Elle veut replacer au cœur de son message l’Evangile de Jésus-Christ, qui donne sens à chacune de nos vies et fait découvrir à quiconque croit en lui le salut et l’attente du royaume.

Le texte de l’Evangile de Matthieu proposé pour ce jour évoque le rappel fait par Jésus de la mission des maîtres de la loi et des pharisiens, qui est celle d’enseigner et d’instruire le mieux possible le peuple d’Israël. Toutefois, Jésus met aussi en garde ses auditeurs : l’enseignement qu’ils ont à dispenser ne doit pas s’accompagner d’obligations trop lourdes à porter, qu’eux-mêmes ne veulent pas assumer. Le Christ n’a-t-il pas lancé cet appel : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » Matthieu 11, 28-30. Souvenons-nous de ces paroles lorsque les difficultés apparaissent et sachons nous placer sous le regard de Dieu, confiants en sa Parole.

Cette Parole nous appelle à l’humilité. Jésus condamne les chefs religieux de son époque qui tiennent à occuper les premières places, à étaler les signes de leur puissance. Un seul est grand, c’est Dieu. Disons avec le psalmiste : « Seigneur, mon cœur est sans prétentions : mes yeux n’ont pas visé trop haut ».

A Dieu seul la gloire !

Amen.